DU PRINCE SOLTYKOFF.
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L’Angleterre', à la même époque, eut des horlogers non moins remar-quables que ceux de la France ; les principaux furent Ellicot, Graham,Harisson, Thomas Mudge et Arnold. Tous ces savants artistes concoururentavec les nôtres pour le perfectionnement de l’horlogerie et des sciences quis’y rattachent, notamment l’astronomie et la navigation.
Il n’est pas inutile de donner ici un aperçu des découvertes les plusintéressantes des artistes français et anglais . Je puis me permettre defaire une petite excursion dans le domaine de la science proprement dite;les artistes spéciaux m’en sauront gré. Quant aux gens du monde peuamateurs de 1 horlogerie, ils pourront ne pas lire les détails technolo-giques renfermés dans cet appendice.
DÉCOUVERTES DES HORLOGERS FRANÇAIS ET ANGLAIS DURANT LE XVIII e SIÈCLE.
DES EFFETS DE LA CHALEUR ET DU FROID DANS LE PENDULE.
Le savant F. Berthoud a dit : « C’est une vérité reconnue et prouvée parl’expérience, que la chaleur dilate tous les corps et que le froid les con-dense, et que, par conséquent, les corps sont plus grands en été qu’enhiver, et le jour que la nuit. » (Essai sur l'horlogerie, t. II, chap. xx).
On sait aussi que plus un pendule est long, plus , ses vibrations sontlentes, et que plus il est court, plus elles sont promptes. Or, la chaleurdilatant la verge du pendule en été, il en résulte que l’horloge doit retarderet qu’en hiver elle doit avancer par l’effet contraire. II est donc essentiel,pour la perfection des machines qui mesurent le temps, de connaître les qua-lités de la dilatation et de la condensation des différents métaux par lechaud et par le froid, et de trouver les moyens de corriger ces effets. Pardes expériences exactes, faites sur des verges de différents métaux, de461 lignes de longueur, passant du froid de la glace au 27' degré du ther-momètre de Réaumur, Ferdinand Berthoud a trouvé les rapports suivants :acier recuit, 69; fer recuit, 75; acier trempé, 77; fer battu, 78; or re~‘ cuit, 82; or tiré à la filière, 94; cuivre rouge, 107 ; argent, 119 ; cuivrejaune, 121 ; étain, 160; plomb, 193; le verre, 62; le platine, à peu prèscomme le verre.
Les quantités ci-dessus expriment les trois cent soixantièmes de ligne.Ainsi, l’acier recuit donne pour la quantité absolue de sou allongement, sur
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