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Etudes sur la bière, ses maladies, causes qui les provoquent, procédé pour la rendre inaltérable : avec une théorie nouvelle de la fermentation / par ... L. Pasteur
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ÉTUDES SUR LA BIÈRE.

faut-il cesser de voir, dans ces fermentations, des réactionsinexplicables par les lois ordinaires de la Chimie ?

Il est facile de se convaincre que les fermentations méritenttoujours une place à part dans lensemble des phénomèneschimiques et biologiques. Ce qui donne aux fermentations descaractères exceptionnels dont nous commençons à peine à soup-çonner les causes, cest le mode de vie des petites plantes dé-signées sous le nom générique de levures, mode de vie quidiffère essentiellement de celui des autres végétaux, et drésultent des phénomènes également extraordinaires parmi tousceux que nous offre la chimie des êtres vivants.

La moindre réflexion nous porte à penser que les levuresalcooliques doivent posséder la faculté de végéter et dagir horsdu contact de lair. Considérons, par exemple, les pratiques dela vendange dans le Jura . Le raisin est déposé au bord de lavigne, dans une cuve il est égrappé. Lorsque les grains enpartie restés intacts, en partie brisés, mouillés par le jus sortide ces derniers, remplissent la cuve ils forment ce quonappelle, par altération de langage, la ' vendange , on transportecelle-ci, à laide de tonneaux, dans de grands foudres placés àdemeure dans des caves assez profondes. Les foudres ne sontremplis quaux trois quarts de leur capacité. La fermentation sydéclare promptement, et lacide carbonique sort par le trou debonde qui, pour les plus grands foudres, na pas plus de 10 e ou12 e de diamètre. Le vin nest soutiré quau bout de deux outrois mois. Nest-il pas vraisemblable que la lcvûre qui fait levin dans de telles conditions a du se former, en grande partie du moins, en dehors de laction de loxygène? Sans doute loxygènenest pas tout dabord complètement absent, et cest même unenécessité de la manifestation des phénomènes qui vont suivre.Les grains sont détachés de la grappe au contact de lair, et lemoût qui suinte des grains ouverts dissout un peu de ce gaz.Cette petite quantité dair entraîné dans le moût, à lorigine desopérations, joue un rôle indispensable. Cest à sa présence queles spores des levûres répandues à la surface des grains et du boisdes grappes doivent le pouvoir de commencer leur première