FAITS A L’OBSERVATOIRE ROYAL. 3
éternel oubli. Je me bornerai donc ici h rendre compte de ce [«■que j’avais fait précédemment pour remplir dignement les MÉMOIREfonctions qui m’avaient été conliées, et à faire connaître levéritable état où j’ai laissé cet établissement en l’abandonnantà mes successeurs.
Les détails dans lesquels je vais entrer seront peut-être dequelque intérêt pour ceux qui s’occupent de l’histoire dessciences et des arts. Ils pourront même être utiles à des astro-nomes qui, plus heureux que moi, mieux secondés par lescirconstances, et profitant de quelques-unes de mes idées,exécuteraient plus facilement des plans et des projets que les .orages et les malheurs, survenus au milieu de ma carrière,ont entièrement renversés, en ni ôtant pour jamais le courageet les moyens de les reproduire.
Chargé de la direction de l’Observatoire bien avant la mortde mon père, k qui sa mauvaise santé ne permettait plus des’en occuper, je résolus de réunir tous mes efforts pour obtenir,à quelque prix que ce fût, la restauration d’un édifice prêt ks’écrouler, et que je rougissais d’habiter, s’il ne devait pluslui rester de son antique splendeur qu’un vain nom et desruines. L’insouciance et la pénurie qui avaient caractériséles dernières années du règne de Louis XV , avaient laissé lesmonumens publics dans un délabrement qui faisait l’objet dela honte de la nation française et de l’indignation des étran-gers. Lorsqu’il en venait quelques-uns visiter l’Observatoire,il fallait les conduire avec précaution sous des voûtes dont lespierres, minées par les eaux, se détachaient fréquemment etfaisaient courir aux curieux le risque de la vie. Aussi avais-jeété obligé d’interdire l’entrée de la grande salle méridiennependant l’hiver, sur-tout dans les teins de dégel.
Mais il ne suffisait pas de rétablir l’édifice; un Observa-toire n’est pas simplement un monument d’architecture; quel