CINQUIÈME MÉMOIRE.
V e
MÉMOIRE
Trois grandes entreprises, exécutées en France dans lecours du dix-huitième siècle , l’Encyclopédie , la descriptiondes arts et métiers, la carte générale de la France (i), attes-teront à la postérité le goût des Français à cette époque pourles lettres, les arts et les sciences ; le zèle et le courage dessavans et des littérateurs pour élever des monumens durablesnon moins utiles que glorieux à la patrie. Sur quoi donc seradésormais fondé ce reproche de légèreté qu r on fait aux Fran-çais , lorsque l’on considérera qu’aucune autre nation n’a suformer autant de grandes et de belles entreprises, n’a montréautant d’ardeur à commencer de longs ouvrages, n’a misautant d’opiniâtreté à les exécuter et à les amener à leur fin ?Que d’immenses dépenses, que de longs travaux, que devoyages lointains et dans toutes les parties du monde (a)pour vérifier les montres marines, pour observer les passagesde Vénus sur le Soleil, pour déterminer la figure de la terre,pour mesurer les degrés du méridien, et pour établir cette
(1) L’Encyclopédie et la carte de France sont entièrement achevées. La des-cription des arts et métiers a été suspendue par la destruction de L’Académieroyale des Sciences, qui avait entrepris et fort avancé cet ouvrage. L’Institut, quiasuccédé à l’Académie, et qui met toute sa gloire à dédommager la France de laperte de ce corps illustre, se fera sans, doute un devoir d’achever ce qu’il avaitcommencé.
(2) On peut compter en ce moment quatorze voyages de mer entrepris par desFrançais pour la solution clu problème des longitudes et la perfection de lagéographie..