IV e
MÉMOIRE
QUATRIEME MÉMOIRE.
Des encourasemens et de la liberté accordés en 1787 aux
O JJ
ingénieurs en instrumens de mathématiques } d’optique et
de physique.
Dans le tems où l’on s’occupait d’exciter l’émulation desartistes français , de leur procurer les moyens et l’occasion derivaliser avec les Anglais ; au moment où l’on venait de fairele choix de ceux à qui les instrumens de l’Observatoire royaldevaient être confiés , la communauté des maîtres fondeurss’imagina de faire une descente chez l’un d’eux (1), et d’yexécuter une saisie. Averti de cet évènement, j’en écrivissur-le-champ à M. le baron de Breteuil. Le ministre eutbientôt arrêté les effets de ce genre d’inquisition, qui, dansces tems-là, pesait infiniment sur les arts. Je conçus dès-lorsl’idée de les en affranchir, du moins pour la partie qui meconcernait et qui m’intéressait le plus.
Né au siècle des nouveaux systèmes, j’avais pendantlongues années entendu disserter les philosophes et les éco-nomistes autour de moi, sur la liberté du commerce, laliberté de la presse, la liberté des arts, enfin sur tous lesgenres de liberté qui ont insensiblement amené celle d’agircontre tout ordre ancien, de détruire le bien comme le mal,et de nous ensevelir dans un chaos et sous des ruines dontnous avons eu tant de peine à nous tirer. J’avais d’abord cruces autorités sur parole, mais depuis, en observant et exa-minant les choses de plus près et plus froidement, j’avais
(1) M. Le Noir,