FAITS A L’OBSERVATOIRE ROYAL. 27
particulier que j’avais à cette visite, il eut sans doute été p*aussi ridicule à un astronome de passer en Angleterre sans MÉMOIREvoir les télescopes de M. Ilerscliell, qu’à un voyageur enÉgypte de ne point visiter les pyramides. Je me rendis doncà Slougli avec mes collègues. A quelques pas de l’habitationde M. Ilerscliell, au milieu d’un vaste boulingrin, s’élevaiten plein air, vers le ciel, ce grand télescope de vingt pieds,cpii lui avait servi aux intéressantes découvertes dont il entre-tenait depuis plusieurs années le monde savant. Malheureu-sement la nouvelle planète qu’il avait découverte 11’était passur l’horizon. 11 fallut se contenter d’observer des étoilesdoubles, triples, et ces nébuleuses planétaires et ces nébu-leuses trouées inconnues avant M. Herscheli. L’effet de cetélescope nous parut supérieur à tous ceux que nous con-naissions : mais rien n’attira autant notre examen et notreadmiration que l’élégance et la solidité du support de l’ins-trument, le mécanisme, la précision et la facilité de sesmouvemens , et sur-tout l’ingénieuse manière de diriger àvolonté ce long tube vers telle ou telle autre partie du cielque l’on veut parcourir, sur tel astre que l’on veut observeret reconnaître. Placé fort commodément en haut vers l’ou-verture du tuyau (1), M. Herscheli, isolé et dans une obscu-rité propice, observe, fait ses remarques, et les dicte à missHerscheli, sa sœur et sa coopératrice, qui est renfermée dansun petit cabinet au centre de l’échafaudage formant le pied 'de l’instrument; devant elle un mécanisme ingénieux repré-sente et trace sur une carte céleste les degrés d’élévation,d’abaissement, et les divers mouvemens en tout sens qu’a faitsle télescope depuis le point de départ; ce qui la met à portéede juger et de faire connaître, même à l’observateur, vers
(1) Il u’avait pas encore alors supprimé le petit miroir.