V
ENCOURAGEMENS ACCORDES, etc. 87
cru reconnaître qu’il pourrait bien se trouver autant d’incon- ÎV «éniens que d’avantages dans une liberté générale et illimitée MÉMOIRE,des arts, qui entraînerait la suppression de toutes les jurandes,la destruction des corporations et de ces institutions qu’unelongue expérience avait sans doute engagé nos pères k établir.
Je pensai donc qu’il était plus sage d’éviter ou d’annuler lesabus inévitables dans toute institution ancienne et humaine,et de le faire sans rien détruire.
On ne pouvait disconvenir que les entraves mises an déve-loppement des talens, par plusieurs des réglemens et privi-lèges accordés k certaines corporations, ne fussent très-souvent préjudiciables aux arts : mais , d’un autre coté,n’était-il pas avantageux que le commun des ouvriers fûtastreint k des réglemens nécessaires au bon ordre ; qu’il futsoumis k une dépendance et k une inspection conservatricesdes droits et de la garantie réciproques entre le fabricant etl’acheteur, nécessaires même pour assurer la bonne foi, laconfiance et la siireté dans le commerce ? Tel fut sans doutele but de l’établissement des corps et métiers. Si les lois quiles régissaient, si les réglemens qui leur avaient été donnes,avaient peu k peu pris trop d’extension, si l’on en avait abusépour exercer quelques actes tyranniques, ne pouvaient-ils pasêtre réformés ou restreints dans de justes limites ? Cette opé-ration sans doute était fort k désirer; elle demandait un longet mûr examen ; elle sollicitait les lumières des magistrats etdes grands administrateurs; c’était hors de notre compétence.
Mais voici la senle chose que je crus devoir proposer commele moyen le plus juste, le plus simple et le plus facile kprendre pour remédier aux abus, sans troubler l’ancien ordrede choses.
Dès qu’un artiste montrera le germe d’un talent peu ordi-naire, et des moyens capables de concourir aux progrès et k