IV»
MÉMOIRE.
90 ENCOURÀGEMENS ACCORDÉS
J’eus l’honneur d’être du nombre, comme auteur et promo-teur de cette nouvelle création.
Le comité pensa qu’on ne devait pas différer de faire unepremière nomination, en faveur des plus habiles artistes dela capitale, qui n’avaient pas besoin d’examen, et dont laréputation était un titre suffisant d’admission. Neuf sujetsfurent donc présentés par le comité, et l’Académie en nommasix dans l’ordre suivant : MM. Le Noir, Charité, Carrochez,Baradelle, Fortin etBilliaud. Ils eurent l’honneur de former lenoyau du nouveau corps et cl’être les premiers admis. Unenouvelle élection fut indiquée au mois d’avril de l’année sui-vante 1788.
A cette époque, vingt-un aspirans se mirent sur les rangs :mais, sur ce nombre, à peine y en avait-il la moitié qui méri-tassent d’être élus. On était fort d’avis de n’en admettre que-trois ou quatre 5 mais je priai le comité d’entrer dans l’espritde la création de ce nouveau corps, par les considérations sui-vantes.
« Des raisons politiques , observai-je , s’opposant à une li-berté illimitée dans les arts, on a cherché au moins à procurer unaffranchissement aux meilleurs artistes, c’est-à-dire à la classede ceux qui étaient le plus dignes d’en jouir, le plus capablesd’en profiter utilement : cette classe, à la vérité, est cheznous peu nombreuse. Cependant on a porté le nombre desprivilégiés à vingt-quatre, afin de diminuer le plus possible lenombre des victimes de l’inquisition qu’exercent les com-munautés. Le comité et l’Académie ne peuvent sans doutequ’applaudir à une pareille intention. Ils doivent se prêtervolontiers à augmenter le nombre des artistes libres. Pre-nons donc garde de faire naître des plaintes et de produirele découragement, si, nous rendant très-difficiles dans l’admis-sion, nous allons trop restreindre la faveur que le Gouver-