AUX INGÉNIEURS DE MATHÉMATIQUES. 91
nement vient d’accorder. Songeons d’ailleurs qu’il est bon de jy*composer le nouveau corps d’un nombre de membres suffi- MÉMOIRE,sant pour lui donner une certaine consistance. Sur les vingt-quatre places, l’Académie n’a encore nommé qu’à six : danscette seconde élection quelle en remplisse encore huit autres.
Le nombre des nouveaux privilégiés se trouvera alors porté àquatorze; c’est très-suffisant pour la composition du corps,qui comprendra tout ce qu’il y a d’artistes distingués dans lacapitale. Les dix autres brevets à distribuer, resteront entreles mains de l’Académie , qui pourra se rendre à l’avenir plus•difficile, afin d’exciter l’émulation et de faire faire aux aspi-rans de plus grands efforts. Ce serait même l’occasion bienprécieuse d’exiger des artistes deux choses importantes, plusde fini et de propreté dans leurs ouvrages, et plus de connais-sances dans la théorie.
» La première qualité sans doute des instrumens de mathé-matiques et de physique est la justesse et la précision dans lesproportions, dans les divisions, dans les mouvemens; mais ilen est une seconde sur laquelle la plupart de nos artistes senégligent beaucoup ; c’est la propreté dans l’exécution, c’est lefini des pièces. Leurs instrumens ne paraissent quelquefois quedégrossis. Ils y employent souvent sans goût et sans choix unematière défectueuse. Ils justifient par-là cette préférence ac-cordée aux instrumens anglais dont le fini et la propreté d’exé-cution dans les plus petits détails, charment l’œil et séduisentl’acheteur. Le comité et l’Académie, en se montrant à l’avenirtrès-difficiles sur ce point vis-à-vis desaspirans, peuvent rendrele plus grand service à l’art et y opérer une heureuse révo-lution.
» Le second vice, qu’il n’est pas moins important de ré-former petit à petit chez le commun de nos artistes, c’est leurignorance profonde dans la théorie de l’art qu’ils professent.