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Mémoires pour servir à l'histoire des sciences et à celle de l'observatoire de Paris / J. D. Cassini
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AUX INGÉNIEURS DE MATHÉMATIQUES. g3

mise en avant au-dessus de ses forces. C’était retomber dans Iyel’inconvénient qu’on reprochait aux maîtrises, qui exigeaient MÉMOIRE,de grands frais de réception et en écartaient les jeunes artistesqui n’avaient pas le moyen d’en supporter la dépense.

On se décida définitivement à une troisième élection dequatre sujets seulement. Elle eut lieu le i 3 juin 178g.

MM. Hautpoix, Rebours, Goufïé et Chiquet furent admiseet les six dernières places restantes ne durent plus être rem-plies que par des sujets dont les talens distingués feraient,pour ainsi dire, violence au comité et à l’Académie . Mais déjàl’on touchait à la grande révolution, à la fameuse époque dui4 juillet 178g. Bientôt il n’y eut plus lieu d’accorder des pri-vilèges au mérite, car il devint inutile et même dangereuxd’en avoir; bientôt la liberté, l’égalité, proclamées partout,inscrites sur tous les murs, donnèrent à tout le monde lesmêmes droits, les mêmes pouvoirs, les mêmes ressources.

Notre institution n’eut donc plus aucun but. Il n’y eut plusde jurandes, plus de corps de métiers, plus de comité desartistes, plus même d’Académie des Sciences. Fut artiste etsavant qui voulut (1). Heureuse liberté ! Nous sommes encoretrop près de ce mémorable évènement pour juger, avec l’im-partialité et la justice requises, tout l’effet que la révolutiondoit produire un jour sur les sciences et sur les arts (2).

(1) Depuis la destruction des trois Académies , on a vu s’élever de tout côte',des Lycées , des Athénées , des Sociétés littéraires , des Sociétés savantes de toutgenre, de tout degré, de toute dénomination. Celui qui voulut en être , et n’yest point entré , fut sans doute bien dépourvu de moyens.

(2) On peut assurer que l’institution du nouveau corps d’ingénieurs, nommépar l’Académie des Sciences, donna un mouvement aux arts et excita parmi lesartistes une émulation qui aurait eu les suites les plus avantageuses, si elle eûtsubsisté plus long-tems , et si, dès sa naissance , elle n’eût été anéantie par cetterévolution dont il m’est d’autant plus permis de gémir , qu’elle m’a privé desmoyens que j’avais auparavant d’être utile aux sciences et aux arts, et ne m’a