iao EXÉCUTION
y e Nous avons vu que les pays d’États, qui s’étaient imposés
MÉMOIRE, eux-memes, et qui avaient passé avec la compagnie destraités volontaires, ne remplissaient leurs engagemens quebien imparfaitement. Les généralités, qui venaient d’ètreimposées d’autorité, ne firent pas moins de difficultés. Plu-sieurs intendans, au lieu de nous délivrer la somme dont ilsétaient tenus de contribuer, voulurent absolument se chargerde faire exécuter eux-mêmes la carte de leurs généralités,pour l’avoir sur une plus grande échelle, plus détaillée etsoi-disant plus parfaite. Ils s’astreignirent seulement à nousen donner la réduction à notre échelle générale. Les direc-teurs y consentirent, en les prévenant cpi’ils pourraient biense repentir de ce marché, et les avertissant qu’ils couraientrisque de faire pendant long-tems du mauvais ouvrage, et dele payer dix fois plus qu’il ne vaudrait, n’étant pas au fait, de la direction et de la surveillance de pareils travaux, n’en
connaissant ni les règles, ni le prix. Ces avis furent inutiles;plusieurs de MM. les intendans se crurent aussi bons géo-graphes qu’administrateurs ; mais ce qui avait été préditarriva. La généralité de Limoges , au lieu de nous donner10,000 livres, en dépensa 100,000 pour le plaisir de faireelle-même sa carte. La Guyenne, qui en eut été quitte avecnous pour 18,000 livres, n’est venue à bout de terminer sesopérations qu’après plus de 26 années d’essais; certainesparties ont été levées jusqu’à trois fois, il a fallu regraver desplanches entières ; enfin la dépense totale a passé 400,000 liv.C’est un fait dont j’ai les détails entre les mains. Le plusfâcheux pour nous, c’est qu’il nous a fallu long-tems attendreles dernières feuilles de la Guyenne pour les réduire à notreéchelle. Tels étaient les obstacles sans cesse renaissans et quientravaient la marche de notre entreprise. Nous eûmes aussibeaucoup de contestations avec l’inteudant d’Auvergne , dont