Le surlendemain a3, un commissaire du dépôt de la guerre y<=et un du ministère de l'intérieur vinrent signifier le décret de MÉMOIRE,la Convention à M. Capitaine, chef du dépôt de la carte deFrance , lequel dépôt restait toujours auprès de moi; depuisqu’on restaurait l’Observatoire, je l’avais transporté dans unemaison que j’occupais derrière les murs. M. Capitaine enréféra au principal directeur, et l’on vint me présenter ledécret. Après l’avoir lu, je dis à MM. les commissaires que cedécret me semblait renfermer en deux phrases deux partiestrès-difficiles à comprendre et à concilier; car, par la pre-mière phrase, on ordonnait l’enlèvement de la carte, et parla seconde, on semblait inviter à réclamer contre cet enlève-ment. Comment se pouvait-il faire qu’ayant soupçonné quequelqu’un avait des droits à la propriété de cet ouvrage, onn’eùt pas constaté le fait avant d’agir? Au reste, ajoutai-je, jene sais qu’obéir aveuglément aux décrets de la Convention ;et pour lui être obéissant en tout point, je ne signerai le
appartiendra, n Ne serait-on pas tenté de croire que la seconde phrase, que nousmettons en italique, a été ajoutée après coup par les rédacteurs du décret? car,dans la dénonciation à la tribune, on s’était bien gardé de parler de propriétairesde la carte, de réclamations à éprouver ; ce qui aurait pu faire suspendre l’acted’autorité qu’on voulait extorquer de l’Assemblée , et faire exécuter en 24 heures ,pour ne pas'donner le tems delà réflexion. Remarquons aussi que l’on s’étaitbien gardé de donner à la carte de France son véritable et légitime nom , Carte deCassini; mais on la désignait sous le titre de Carte de tAcadémie, afin de fairecroire aux ignorans que cet ouvrage n’avait point d’auteur particulier, mais lecorps entier de l’Académie qu’on venait de supprimer, et dont les dépouillesdevaient appartenir à la nation. A la vérité, nous identifiant avec cette Académiedes Sciences et cet Observatoire royal de Paris , dont nous avions été insépa-rables pendant 122 ans, nous avions vu, non-seulement sans chagrin, maismême avec orgueil, notre carte prendre quelquefois le nom de Carte de l'Aca-démie ., Carte de t Observatoire. Nous ne nous doutions pas qu’un jour les jalouxet les inlrigans sauraient merveilleusement tourner contre nous ces dénominations.Il n’y faut donc pas être si indifférent, dans les tems où l’on s’arrête plus aux motsqu’aux choses.