JUSTIFICATIVES. I?9
étant toujours immédiatement au-dessus du centre sur lequel l’axevertical tourne.
J’ai déjà quarante ou cinquante ouvriers employés dans mon atelier,qui me suffisent certainement pour mes entreprises. Néanmoins, jeserais charmé d’employer les hommes que vous jugeriez à propos deme recommander , si je ne craignais d’exciter la jalousie de mesouvriers , lesquels m’embarrasseraient fort s’ils venaient à se joindreaux oppositions que j’ai éprouvées de la part de mes confrères depuisplusieurs années, ce qui dérangerait fort et retarderait le progrès demes opérations. Si quelque heureuse circonstance me permettait de lesrendre plus traitables sur ce sujet , j’embrasserais avec bien du plaisirla proposition de M. le baron de Breteuil qui me fait autant d’honneurqu’elle me sex’ait avantageuse.
Je crains, fort Monsieur, qu’il me soit impossible, pour le pré-sent, de former un jugement de ce que pourront coûter les instrumensen question, d’autant plus que la construction n’en est pas encorebien exactement assurée : mais je ne prévois aucune difficulté à cetégard. Le courant de mon atelier me fournit suffisamment l’argentnécessaire. Mon principal objet en vue , c’est la perfection des ins-trumens. Cette partie de notre profession est encore dans son en-fance (i). Quand les instrumens seront avancés pour me permettre deformer à peu près un jugement sur leur prix, j’aurai l’honneur devous en faire part, et si alors on les trouvait trop chers, il n’y auraitaucun inconvénient pour moi de me les laisser (2).
J’ai l’honneur d’être, etc.
Signé , Ramsdek.
(1) C’est ainsi que pense toujours le génie modeste qui seul peut apprécierle chemin qu’il a fait , et celui qui lui reste à parcourir, dont il n’aperçoit leterme que dans un lointain infini. Pour voir le but prochain , il faut avoir la vuebien courte.
(2) Sans doute M. Ramsden n’avait pas û craindre qu’un instrument sorti deses mains, ne trouvât point d acquéreur j mais, dans le cas où il en eût manqué,il lui eût suffi de l’annoncer, pour que le premier riche particulier anglais se fût