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jouir plus promptement des produits quelle a lieu d’attendre sur lavente desdites cartes.
Indépendamment de ce fonds, il en est encore un que l’on croitabsolument nécessaire pour la perfection de l’ouvrage : on ne peutespérer que des personnes intelligentes et capables d’exécuter unouvrage qui exige tant de fatigues et d’assiduité, s’y attachent avecl’ardeur nécessaire, si elles n’en retirent d’autre avantage que celui deleur nourriture et entretien, pendant l’espace de plusieurs années,après lesquelles elles n’auraient plus à attendre que des infirmitésoccasionnées par le travail.
Pour leur donner l’émulation et le courage que demande une entre-prise aussi pénible, il paraît convenable de faire un fonds de 160,0001.,lequel sera distribué aux ingénieurs, par forme de gratification, àraison de leurs services et du travail de chacun, après la vérificationcomplète de ladite carte.
Les ingénieurs qui, par accident ou par infirmité, ne pourraienttravailler jusqu’à la fin de l’ouvrage, recevront des récompenses surce même fonds, à proportion du travail qu’ils auront fait, et on lesaccordera à leurs femmes et enfans, en cas qu’ils viennent à mourirdans le cours de leur travail.
Pour que ces ingénieurs ne puissent ni craindre, ni soupçonneraucune faveur dans la distihution des récompenses, on les avertit queceux dont les ouvrages seront approuvés par les seigneurs et curés àl’inspection de la carte, recevront la gratification la plus considé-rable ; ainsi ils seront jugés par leur propre travail, et sur le rapportdu vérificateur qui aura présenté sa carte au seigneur et curé. JNousespérons que MM. les seigneurs et curés, qui s’intéresseront au biende l’ouvrage, voudront bien nous avertir si les ingénieurs, chargés dela vérification, ont négligé de se transporter chez eux.
On se propose de publier tous les ans dix à douze feuilles, et deles vendre 4 livres la feuille ; nous devons espérer que le produitdes caries , joint aux avances que le lîoi a déjà faites, dédommagerontles associés des fonds qu’ils auront fournis; mais j’insiste peu sur cetobjet vis-à-vis d’une compagnie de citoyens qui n’ont d’autre but quel’avantage et la gloire de l’Etat.