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ce nombre exagéré , à en juger par celui qui exprime la duréedes âges déjà passés, semble d’abord n’être que le produitd’une imposture grossière et ridicule; mais, à l’aide d’iinescrupuleuse attention et d’une grande sagacité, M. Le Gentilest parvenu à découvrir (pie ce n’est ici qu’une combinaisonde révolutions de l’équinoxe, et que ces quatre âges de ladurée du monde, dont les Indiens d’aujourd’hui parlent avectant d’empliase, ne sont que des périodes astronomiques dumouvement des étoiles en longitude que l’on peut faire varieret remonter à l’infini. L’auteur explique aussi d’une manièrenon moins ingénieuse et naturelle comment on doit entendrecette longue durée de quatre cent trente-deux mille ans durègne (le ces dix rois que les Chaldéens prétendent avoirprécédé le déluge. Toutes ces fameuses autorités dont s’ap-puyent les partisans de la grande antiquité du monde, et sur-tout ceux qui prennent à tâche de renverser la chronologiedes livres saints, se trouvent de jour en jour annulées, con-fondues, et elles se dissipent devant le flambeau de la critiqueimpartiale et judicieuse des astronomes de bonne foi. C’estainsi qu’il appartient à la plus belle, à la plus ancienne dessciences, de déposer en faveur de la plus auguste et de laplus ancienne des religions, et de lui rendre une justice etun hommage éclatans.
Le zodiaque, qu’a rapporté M. Le Gentil, porte le cachetd’une grande antiquité par sa division en 27 constellations,laquelle, étant réglée sur le mouvement de la lune, est laplus naturelle et sans doute la première qui ait eu lieu.
Nous n’en dirons pas davantage sur les discussions savantes,sur les recherches curieuses et sur les nombreuses observa-tions astronomiques et physiques dont est remplie la collec-tion des Mémoires qui composent la relation imprimée deM. Le Gentil. C’est en s’occupant d’amasser les matériaux de