DE M. LE GENTIL. 3 ?I
lièrent INI. Le Gentil à contracter un mariage qui lui procuratout ce qu’il en avait attendu. Une fille, unique fruit de cetteheureuse union, devint l’objet de ses plus tendres affections.Il se plut à former et à instruire lui-mème son enfance. Lajeune personne répondit à ses soins et se réunit à sa vertueusemère pour faire oublier à son père les grandes fatigues, lesdangers et les contre-tems inséparables de la vie errante etagitée qu’il avait menée.
M. Le Gentil, dans son long exil, avait éprouvé des cha-grins de tous les genres ; un de ceux auxquels il avait été leplus sensible fut celui d’apprendre que l’Académie avait doutécomme les autres de son retour, et qu’en conséquence ellelui avait donné la vétérance : mais à peine fut-il arrivé_ qu’on lui fît reprendre son rang; cette justice lui était due.IJ n’en témoigna pas moins toute sa reconnaissance en redou-blant de zèle et en faisant succéder à son grand ouvrage uneinfinité d’excellens Mémoires dont il n’a cessé d’enrichir lesvolumes de l’Académie . Les années qui s’écoulèrent après sonretour furent pour lui, malgré ses travaux prolongés, une viede repos et de bonheur, ainsi qu’il nous l’assure lui-mèmedans un de ses écrits. Il n’est sans doute que des êtres privi-légiés qui puissent en dire autant de la lin de leur carrière.A la vérité, la vieillesse est sur ce point plus facile à satisfaireet à contenter que la jeunesse, qui désire toujours, et n’ajamais assez de plaisirs et de jouissances : mais la tranquillitéet l’absence des maux, voilà ce qui suffit à la félicité desderniers tems de notre vie.
Un tempérament robuste, que les voyages avaient plutôtfortifié qu’affaibli, exemptait M. Le Gentil de toute in-firmité et lui eût procuré de plus longues années, si unemaladie vive ne l’eut enlevé au mois d’octobre 1792. 11 n’étaitâgé que de 67 ans; mais la mort, en abrégeant ainsi ses