DE jvr. LE PRÉSIDENT DE SARON. 3^5
publique, il s’élancait dans la carrière et la remplissait avechonneur. Tels furent ( pour nous renfermer ici dans l’ordrede la magistrature ) les descendans des Mole, des Lamoi-gnon, des d’Aguesseau, des d’Ormesson, des Séguier, desFleury, des Isicolai, et de tant d’autres dont les noms serontchers à la France tant quelle aura des lois et quelle honorerases magistrats.
Elie Bocharl se garda bien de faire donner à son neveuune éducation domestique qui présente sans doute quelquesavantages en théorie, mais qui renferme dans la pratique degraves inconvéniens. Il pensa que celui qui était destiné àjuger les intérêts des hommes devait, plus que tout autre ,être élevé au milieu d’eux. Ce fut aux jésuites qu’il confial’éducation de son pupille, et ces maîtres habiles, si bonsconnaisseurs et si sûrs de leurs moyens d’enseignement,répondirent bientôt des succès du nouveau disciple. Le jeuneSaron reçut donc au college de Louis-le-Grand les premiersélémens des lettres et des sciences, et, ce qui est plus précieuxencore, les principes de cette sublime morale qui forme lesbous citoyens et les hommes d’Etat. Il doit être compté aunombre des élèves qui ont fait le plus d’honneur k cettesociété célèbre, dont la destruction fut un grand évènement àune époque où l’on ne prévoyait pas comme si prochaines desdestructions bien plus importantes et plus étonnantes encore.
Le jeune Saron lit de très-bonnes études. Ene grandefacilité, beaucoup d’amour pour le travail, et la mémoire laplus heureuse assuraient ses succès : mais il se distinguaitprincipalement par la solidité de son esprit, par la bonté deson cœur, et par la douceur de son caractère.
Avec de telles dispositions, on doit bien penser que l’époquede la sortie du collège ne fut point pour Saron, comme pour