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c’est sur-tout l’application préeieusè de cette science à laperfection de tous les arts, aux besoins et à l’agrément dela société , dont le géomètre peut devenir en même tems lalumière et le bienfaiteur. En effet, les vérités les plus abs-traites, les méthodes les plus savantes, les formules les plusingénieuses, découvertes et imaginées par les inventeurs dela géométrie transcendante et du calcul infinitésimal, ont dusans doute exciter dans l’origine une vive admiration pourla sagacité de leurs auteurs; mais depuis que les Euler , lesLagrange, les Laplace en ont eu fait l’application h la méca-nique céleste, à l’astronomie, à la navigation, ces brillantesdécouvertes, devenues plus généralement utiles, ont acquisà nos illustres savans de nouveaux droits à la reconnaissancede tous les âges.
Voulant donc appliquer ses connaissances mathématiquesà un art utile autant qu’agréable, Saron devint opticien. Pen-dant le cours d’une pctitc-vérole qui était venu interrompreses nouvelles occupations, il conçut le projet et prépara lesmodèles d’un télescope d’une construction particulière. L’im-patience de mettre la main à l’œuvre , abrégea peut-être plusque l’art du médecin, le tems de la convalescence. 11 fonditlui-même et polit ses miroirs. L’instrument réussit beaucoupmieux que l’auteur ne s’en était flatté, car Saron se flattaitpeu : mais l’instrument n’ayant qu’un pied de longueur, lesuccès de ce premier essai enhardit notre opticien à de plusgrandes entreprises 5 il se mit à exécuter un télescope de3o pouces de foyer sur G de diamètre. Il travailla les miroirsavec un soin extrême et une telle perfection qu’ils devinrentsusceptibles de supporter un grossissement extraordinairerelativement à la longueur du foyer. Ce télescope se trouvasupérieur à tous ceux qui avaient été exécutés à Paris dans lesmêmes dimensions.