DE M. LE PRÉSIDENT DE SARON. 387
France . Il n’avait pas été de la première association dans cettegrande entreprise, mais il avait succédé à un ancien action-naire; car tel était son caractère : il ne voulait jamais semontrer le premier, même quand il s’agissait de faire le bien ;sa modestie ne lui permettait pas un tel orgueil. Devait-ildonc lui en coûter si cher pour avoir une fois consenti àoccuper une première place dans une circonstance où ilobéissait au devoir et aux convenances ? Eh ! voilà l’hommedangereux qui donna de l’ombrage aux partisans de l’égalité ivoilà le prétendu conspirateur qu’on crut devoir immoler pourle salut de la patrie !
Après avoir fait le tableau des vertus douces et des talensmodestes de M. le président de Saron , qu’il va nous encoûter de changer si subitement de couleurs et de peindred’autres objets ! Que nous aurons de peine à parler de prisons,de crimes, d’échafauds, sujets si étrangers, ce semble, au récitd’une si belle vie! Mais, en cédant à la nécessité de retracerla dernière et sanglante catastrophe qui la termina , prenonspour modèle celui même dont nous faisons l’éloge. Calmescomme lui, comprimons notre indignation, et dans le récitde sa mort, apportons la même modération, le même sang-froid qu’il a montrés en recevant son arrêt et en subissant sadestinée.
Nous ne nous arrêterons point ici à rechercher ni à discuterles raisons particulières et trop peu connues qui purent déter-miner à envelopper tous les membres du Parlement de Paris dans la proscription générale. Pouvait-il en être autrement?Eh ! ne suffisait-il pas, pour être compris dans la liste desproscrits et des victimes, d’avoir un rang, un nom, de la for-tune ou des vertus ? Nous nous bornerons donc à rappeler lesfaits et à dire que tous les membres du Parlement, qui se