GALVANOPLASTIE.
GALVANOPLASTIE.
le tannin se conserve indéfiniment, mais à l’état de dis-solution, il s’altère assez promptement et passe à l’étatd’acide gallique {ail. gallæpfel saure), même hors ducontact de l’air.
L’avide gallique se produit, comme nous venons de ledire, par la décomposition spontanée delà dissolution detannin ; pour le préparer, on fait une infusion à chaudde noix de galle, on concentre par l’ébullition la liqueurqui est d’un brun très foncé, on ajoute du noir animalpour la décolorer, on filtre, on fait cristalliser, et onpurifie les cristaux obtenus par plusieurs cristallisa-tions successives ; on a ainsi de l’acide gallique, inco-lore, lorsqu’il est parfaitement pur, et en aiguillessoyeuses. Il se distingue du tannin en ce qu’il peutcristalliser et en ce qu’il ne précipite point la gélatine;avec les sels de peroxyde de fer, l’acide gallique donneun précipité d’un bleu noir très intense (encre) beau-coup plus soluble dans l’eau que le précipité analogueproduit par le tannin. La composition de l’acide galli-que est représentée par la formule C 7 H 6 O 5 ; par l’ac-tion de la chaleur, il perd successivement un atome d’a-cide carbonique C O* et un atome d’eau H* O, endonnant naissance à deux nouveaux acides, l’acide pyrogallique C 6 H e O 3 et l’acide méta-gallique C 6 H* 0 ! , quin'ont aucun emploi dans les arts.
La ville de Lyon consommant une grande quantitéde noix de galle dans ses ateliers de teinture, M. Mi-chel, chimiste praticien distingué et habile teinturier,conçut l'heureuse pensée de faire cesser le tribut quipesait sur la France , et se livra à des expériences quieurent un plein succès. 11 fit établir quelques fabriquesdans les environs de Lyon , et depuis 1 840, il y ena deux dans la petite ville du Pont-de-Beauvoisin(Isère ).
On y fabrique l’acide gallique avec de vieux châtai-gniers, lorsqu’ils ne donnent plus de fruits, et lorsqu’enmême temps ils ne pourraient plus fournir que de mau-vais charbon.
Une macldne circulaire à couteaux débite le cliâtaignier sous forme de copeaux minces.
Ces copeaux sont introduits dans une chaudière àgrille chauffée à ta vapeur. Les décoctions sont portéesdans de grands cuviers ; on laisse reposer. La liqueurclaire soutirée est évaporée dans des chaudières plates,et, lorsqu’elle marque 20“ à l’aréomètre de Beaumé, onla met dans des futailles.
Cette décoction remplace parfaitement celle que l’onretirerait de la noix de galle.
100 de copeaux de vieux châtaigniers donnent 16 à18 de la décoction dont on vient de parler, et que l’ondésigne dans le commerce sous le nom d'acide galliqueliquide.
On vend de 38 a 42 fr. l’hectolitre de cette décoc-tion.
Ces fabriques sont en activité depuis peu, et elles• prendront, suivant toutes les probabilités, quelque con-sistance. Leurs produits sont recherchés ; mais on nepeut les obtenir que là où il y a des châtaigniers.
acide GALLIQUE. Voyez noix de galle.GALVANOPLASTIE. La galvanoplastie est un artnouveau qui n’a pas encore pris dans l’industrie toutel’extension que son utilité devra lui faire acquérir unjour. La délicatesse de certaines opérations auxquellesies ouvriers ne sont pas encore habitués, l’inhabiletéqu’ils mettent à diriger l’emploi des courants électriquesdont l’action leur paraît extraordinaire, expliquent fa-cilement pourquoi, en France , la galvanoplastie n’estencore qu’un jeu.
On s’est déjà servi de cet art pour reproduire desmonnaies et des médailles ; pour copier les cachets,les sceaux , les empreintes en plâtre ; pour obtenirdes creux copiés sur des surfaces en relief; pour fa-briquer des moules obtenus sur des fruits, des végé-
taux, etc.; pour fabriquer des moules dans l’art dufondeur; pour reproduire des caractères d’imprimerie,des planches en cuivre unies ou gravées, des planchesgravées sur bois, des images daguerriennes ; enfin pourgraver sur une planche de cuivre. Toutes ces applica-tions qui, pour la plupart, n’ont été qu’essayées enFrance , sont plus communément faites en Allemagne eten Angleterre. Leur simple énoncé doit faire compren-dre que dès l’instant où leur réussite sera complète, ily aura une révolution dans la confection des dessins etmodèles de fabrique. Les reproductions se font par lagalvanoplastie avec une telle perfection, identité et fa-cilité que la propriété des dessins recevra une rudeatteinte. Nous n’en dirons pas davantage sur ce sujet,car, si les faussaires savaient , il y aurait pour la plupartdes institutions de la société civilisée un danger dontelle ne semble pas encore comprendre l’importance.Dans tous les cas, il sera nécessaire, afin de sauvegarderdes intérêts précieux etrespectables, que laloi interviennepour organiser ou du moins régulariser l’emploi desforces électriques, de même qu’elle est intervenue pourrégulariser l’emploi des chutes d’eau, celui de la va-peur, etc.
Avant d’entrer dans des explications techniques,nous devons aussi prendre la précaution d’avertir le lec-teur que beaucoup, que la plupart même des procédésque nous allons décrire ont été monopolisés par desbrevets d’invention. Notre opinion est que cette mono-polisation a été faite presque toujours illégitimement.Mais ne voulant pas entrer dans la discussion despropriétés individuelles, discussion qui serait d’ailleursfort difficile, tant les terres du domaine public sont en-chevêtrées dans celles du doçiaine privilégié, nous nouscontentons de prévenir les personnes qui voudraientfaire de la galv an oplastie industrielle, qu’elles doivent,avant tout, consulter les brevets pris sur la matière,afin d’être bien renseignées sur les prétentions des in-venteurs.
La galvanoplastie repose sur des règles générales quidoivent être à peu près invariablement suivies danstoutes les applications de cet art, et que nous allonsdonner avant d’iudiquer les précautions spéciales qu’ondoit prendre dans chacune de ces applications.
Le but que l’on veut obtenir est de précipiter, parl’action d’un courant galvanique, un métal de sa dissolution, sur un objet donné, en couche continue,mais non adhérente, de manière que cette couche repré-sente exactement tous les détails de l’objet avec toutesleurs dimensions et leurs courbures. Quelquefois on n’apas l’intention de retirer la couche métallique déposée dedessus l’objet, et alors cette couche doit être adhérente.Mais dans ce cas on ne fait réellement pas de la galvanoplastie ; on fait une espèce de dorure, de cuivrage, etc.Cette opération nous semble puérile, quand elle n’a pasd’autre but que de recouvrir une statue d’une couchede cuivre par exemple ; nous indiquerons pourtant lamanière dont elle doit être conduite, parce qu il estcertains cas où elle peut être utile.
Ainsi que dans l’opération de dorure, on peut se servir, pour engendrer le courant électrique, soit d’unappareil simple, soit d’un appareil composé. Dans uuappareil simple, le moule, l’objet sur lequel doit se dé-poser le métal précipité, fait partie essentielle du cir-cuit galvanique. Dans l’appareil composé, la pile est endehors du bain à décomposer, et le moule est attachéau pôle zinc; le pôle cuivre, charbon, etc., est misd’ailleurs en communication avec le bain ; l’avantageque l’on trouve à employer un appareil composé con-siste en ce que l’on peut attacher au pôle cuivre ce quel’on appelle un électrode soluble, c’est-à-dire une lamedu métal même, qui est en dissolution dans le bainjBtque l’on veut faire déposer sur le moule placé au pôlezinc. Cette lume a la propriété d’entrer en dissolution