GALVANOPLASTIE.
GALVANOPLASTIE.
en quantité à peu près égale à celle qui se dépose surle moule.
Les inventeurs de la galvanoplastie , Spencer etJacobi, qui, le premier en Angleterre, le second enRussie , firent la découverte de cet art nouveau en4838, a peu près simultanément, et sans aucun douteen travaillant chacun de leur côté dans la plus com-plète ignorance des travaux de l’autre, exécutèrentleurs opérations galvanoplastiques avec des appareilssimples. Les appareils qu’ils employèrent dans l’ori-gine étaient sans doute fort imparfaits, et depuis l’é-poque de leur invention, quoiqu’elle soit si rappro-chée de nous, ils ont été grandement perfectionnés.Cependant, afin de faire voir comment avec les pre-miers vases venus, sans avoir recours à des appareilscoûteux, on peut arriver aux plus beaux et plus utilesrésultats, nous décrirons, d’après M. Becquerel (Élé-ments d'électro-çhimie), l’observation fondamentale quia engendré toute la galvanoplastie, exactement commel’a faite Spencer pour la première fois. Une plaquecarrée de cuivre fut mise en communication avec uneplaque de zinc de même forme et de même grandeur,au moyen d’un fil de cuivre. La plaque de cuivre fut re-couverte à chaud d’une couche de vernis, composé decire jaune, de résine et d’ocre rouge; avec une pointemétallique on traça des lettres dans ce vernis, en met-tant à nu le cuivre, comme dans la gravure à l’eauforte. Cette préparation faite, on prit un* vase rempli àmoitié d’une solution saturée de sulfate de cuivre, danslaquelle on plongea la plaque de cuivre, ainsi que leverre d’un bec à gaz, fermé à l’une de ses extrémitéspar un tampon de plâtre de 0 n *,02 d’épaisseur, et rem-pli aux deux tiers d’une solution étendue de sulfatede soude. L’élément zinc du couple fut plongé danscette dernière dissolution, la face inférieure du disqueplacée parallèlement à la face supérieure de la cloisonperméable ; et le fil conjonctif fut recourbé de ma-nière que la plaque de cuivre fut opposée par la sur-face gravée à la face inférieure de la même cloison.Dès l’instant que le circuit fut fermé, le cuivre prove-nant de la décomposition du sulfate de cuivre vint rem-plir les sillons tracés par la pointe dans le vernis, demanière à produire les caractères en relief. M. Spencereut aussitôt l’idée de faire servir ces caractères à l’im-pression typographique, et il prépara une plaque encuivre avec laquelle il obtînt des épreuves qui furentdistribuées dans le public. C’est de là que partit ce sa-vant pour mouler des médailles en opéraut exactement,comme nous venons de le dire. Voici comment il décritlui-même son expérience :
« Je formai, avec la médaille et une rondelle dezinc, un couple voltaïque, comme auparavant ; j’y fisdéposer une couche de cuivre d’un millimètre d’épais-seur environ ; puis je détachai avec soin, mais non sansquelque peine, le dépôt formé. J'examinai le résultatà la loupe, et je vis tous les détails de ma médaille re-produits avec une merveilleuse fidélité sur la contre-épreuve voltaïque. Je renouvelai de nouveau la mêmeexpérience avec la même médaille, car je voulais obte-nir un moule plus épais et plus résistant. Je laissaidonc le dépôt procéder lentement et atteindre uneépaisseur considérable ; mais lorsque je voulus le déta-cher de la médaille, je trouvai les deux surfaces intime-ment soudées entre elles. »
Il n’y a pas très loin de là aux dépôts faits sur desempreintes ou des moules seulement, au lieu des piècesmêmes, pour éviter cet inconvénient. M. Jacobi n’allapas tout de suite aussi vite que M. Spencer dans la gé-néralisation du procédé ; il se contentait, dans ses pre-mières publications, a d’obtenir, à l’aide d’un courantvoltaïque, des épreuves en relief de planches de cuivregravées, et une contre-épreuve de ces mêmes épreuves,de telle sorte qu’il pouvait multiplier ainsi à l’infini les
exemplaires d’une planche de cuivre gravée. » Mais ondoit en outre à M. Jacobi l’emploi de l’électrode positifde même nature que le métai qui est en dissolution,afin d’avoir une dissolution toujours au même degré deconcentration.
Après ces premières et fondamentales notions histo-riques, nous nous contenterons de dire que MM. Bec-querel, Boquillon, Elsner, Grove, Mason, Smee, Elking-tou, Solly, Sorel, Ch. Chevalier, et beaucoup d’autresencore, se sont occupés de faire avancer l’art de la gal-vanoplastie, sans qu'il soit toujours facile de rapporterchaque perfectionnement à son auteur propre; c’estnotre excuse pour ne pas entrer dans une discussion oùdes noms propres, mais non la science, se trouvent in-téressés.
Nous allons commencer parla description des appa-reils galvaniques qu’il convient d’employer quel quesoit d’ailleurs le métal qu’il s’agisse de déposer.
APPABE1LS GALVANIQUES.
Appareils simples. Parmi ces appareils, celui quel’on emploie le plus ordinairement est' représentéfig. 4 046» Dans un vase en verre, en porcelaine ou enfaïence, on met la dissolutionconvenable du métal qu’onveut déposer, par exemple,du sulfate de cuivre s t pourrecouvrir de cuivre les mou-les m. Au centre de ce premier vase, on en place un autreP, d’un diamètre beaucoupmoindre, poreux, fait, parexemple, en porcelaine dé-gourdie. Dans ce vase P, onmet de l’acide sulfuriqueétendu, de douze ou quinzefois de son poids d’eau, et ony plonge une lame ou un cy-lindre Z de zinc, amalgaméou non. Les moules m sontmis en communication avecle zinc Z, par un fil de laiton. La dissolution du sulfatede cuivre devant s’épuiser à mesure que le dépôt métal-lique s’effectue sur les moules, il faut l’entretenir à undegré de saturation constante en y ajoutant de temps àautre des cristaux de sulfate de cuivre, ou mieux enplaçant à la partie supérieure de la dissolution un petitpanier ou un sac en toile K rempli de cristaux.
Au lieu d’employer 1 appareil précédent, on peut seservir du suivant, que M. Becquerel décrit à peu prèsainsi que nous allons le faire.
On prend une caisse rectangulaire en bois lutée inté-rieurement avec une substance peu susceptible d'êtreattaquée par les dissolutions, par exemple avec de lagutta percha (voyez ce mot). On partage cette caisseen deux compartiments par une cloison perméable auliquide et appelée diaphragme. Ce diaphragme peutêtre en baudruche ou en parchemin, mais il est plus con-venable de le faire en gros plâtre de mouleur; il nefaut lui donner que peu d’épaisseur, afin de diminuerle moin%possible l’intensité du courant.
Le premier compartiment contient une dissolutionfaite à froid de sulfate de cuivre ou de tout autre selqu’il s’agit de décomposer ; dans cette dissolution onfait plonger les moules à quelques centimètres de dis-tance du diaphragme. Dans le deuxième compartimentse trouve de l’eau légèrement scidulée en contact avecune lame de zinc d’une surface à peu près égale à celledes moules, lame qui est placée à un centimètre environ du diaphragme. Quand tout est ainsi arrangé,on établit la conductibilité métallique entre les mouleset le zinc.
On entretient le sel constamment au même degré
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