GALVANOPLASTIE.
GALVANOPLASTIE.
Elle est d’un service facile et propre, et son prix d’ailleursest peu élevé; MM. Lerebours, Deleuil, et autres, nevendent que 4 francs l’élément fait de la manière sui-
vante (fig. 4054). (Descriptionque nous empruntons au Manuellloret.) AB, bocal en verre remplijusqu’en B’ B’ d’acide nitrique ducommerce; C C’, cylindre creuxde charbon plongeant dans l’aciiiejusqu’en B”B”, et soutenu sur lebord du vase par un rebord quifait corps avec le charbon. Unanneau ou virole en zinc, oumieux en cuivre, P, s’ajuste àfrottement doux sur le cylindr© de charbon, et setermine par un appendice P’ de né à établir la com-munication soit avec le zinc d’un autre élément, soitavec l’électrode soluble de l’auge à précipiter, si l’onn’emploie qu’un 6eul élément. D D, diaphragme enterre poreuse contenant de l’acide sulfurique étenduet le cylindre creux de zinc amalgamé Z Z, qui se ter-mine également par un appendice P”, servant à fairecommuniquer le zinc avec l’élément charbon d’un au-tre couple, ou à rattacher le conducteur du modèle qu’ils’agit de recouvrir.
Ces diverses communications s’établissent au moyend’un étrier à vis représenté à part (fig. 4056), et enplace (fig. 4055) en H. Ce petit appareil si simple,imaginé par M. Lerebours, peut être fort utile dansune foule d’expériences électro-métallurgiques. Onaura soin de bien décaper, à l’aide de gros papier deverre, les appendices des deux pôles de la pile, et lesrubans de cuivre, bien préférables aux fils du mêmemétal pour établir les communications; l’intérieur desétriers devra aussi être décapé, et les vis seront assu-jetties de manière à établir un contact parfait entretoutes les parties réunies. La fig. 4055 représente lapile de Bunsen toute montée.
On charge la pile en remplissant à moitié le bocald’acide nitrique du commerce étendu de son volumed’eau, et le diaphragme, d’eau acidulée très faiblementpar l’acide sulfurique.
La pile de Bunsen est d'un prix peu élevé et elle pré-sente une grande énergie d’action sous un petit volume ;sous ce double rapport, elle pourra être adoptée par ungrand nombre d’expérimentateurs, encore bien qu’ilsne puissent pas toujours la construire eux-mêmes àcause de la difficulté que présente pour quelques-unsla c<ÿifection des cylindres de charbon ;
Sous le rapport de son intensité, M. Bunsen a con-staté qu’elle est à peine inférieure à celle d’une pile deGrove de même dimension ; un seul couple suffit pour
fondre un fil de fer mince, et peut servir aux expé-riences de galvanoplastie, de dorure, etc.
Le cylindre en charbon est sujet à se casser ; il fautdonc savoir le préparer, ce qui est facile. On fait unmélange intime et en poudre impalpable de 4 partie enpoids de houille et 2 p. de coke ; les proportions va-rient suivant la qualité de la houille dont on augmentela quantité, lorsqu’elle n’est pas assez grasse, afin d’a-voir des charbons qui se mouillent bien ; quelques per-sonnes ajoutent an mélange des charbons, 2 parties defarine de seigle.
Le mélauge est introduit dans un moule cylindriquede tôle, au centre duquel ou place un petit cylindre debois ou do carton, afin de ménager dans le charbon unecavité intérieure, et de faciliter le dégagement des gazpendautla calcination.
Ainsi rempli du mélange de charbon et de coke, lemoule est fermé au moyen d’un couvercle mobile bienassujetti etluté exactement. On le chauffe ensuite pro-gressivement jusqu’au rouge. On prolonge cette calci-nation jusqu’à ce que tout dégagement de gaz ait cessé.
Cette opération terminée, le charbon est retiré dumoule ; il peut alors se prêter au travail de la lime etde la scie, sans se briser; il pourrait même recevoir surle tour la forme convenable.
Toutefois, avant de procéder à cette dernière opéra-tion, et pour donner plus de cohésion aux cylindres decharbon, il est indispensable de les tremper à plusieursreprises dans une solution concentrée de mélasse, de lesfaire sécher, et de les soumettre à une nouvelle calci-nation aussi intense que possible.
Pile du prince Bagration. D’après M. Jacobi, qui en arécemment publié la première description, la pile duprince Bagration, d’une construction entièrement nou-velle, l’emporte de beaucoup sur toutes les piles qui ontété imaginées jusqu’à ce jour, et par la constance deses effets, et par son extrême simplicité, et surtout parle peu de soin qu'exige sa manipulation. Ainsi elle peutfonctionner pendant six semaines et plus, avec uneconstante régularité, sans qu’il soit nécessaire d’y ap-porter le moindre changement. D’ailleurs elle est d’uneconstruction tellement simple qu’elle peut être établiedans toutes les localités et par les personnes les plusétrangères aux manipulations chimiques et physiques.Enfin elle ne coûte presque rien. L’invention de cettepile est donc évidemment de nature à opérer une révo-lution véritable dans l’art de réduire les métaux, et àrésoudre plusieurs questions d’industrie encore obscures.
On prend un pot à fleur ou tout autre vase imper-méable à l’eau. On le remplit de terre saturée d’unedissolution assez concentrée d’hydrochlorate d’ammo-niaque ou sel ammoniac. On y place ensuite à quelquedistance l’une de l’autre une plaque de cuivre C et uneplaque de zinc Z (fig. 4057).On obtient ainsi un couplevoltaïque dont l’action peutse maintenir constante pen-dant des mois entiers et mêmedes années, si on a soin d’hu-mecter de temps en temps laterre, et de renouveler laplaque de zinc lorsque, parun long usage, elle sera presque entièrement dissoute.
Avant de mettre la plaque de cuivre dans la terre,il est bon de la plonger pendant quelques minutes dansune solution de sel ammoniac, et de laisser sécher jus-qu’à ce qu’une oxydation prononcée se manifeste à susuperficie.
Il ne faut pas placer les deux plaques trop près l’unede l’autre ; elles ne doivent pas non plus être trop pe-tites, afin de pouvoir vaincre la résistance que la terreoppose au passage du courant.