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GALVANOPLASTIE.

GALVANOPLASTIE.

Plusieurs éléments de cette pile peuvent être réunisen séries au moyen de conducteurs convenables. Elledevient alors susceptible d’un grand nombre d’applica-tions, surtout dans les cas où l’on recherche moins deseffets énergiques qu’une action constante, régulière etprolongée, par exemple, lorsqu’il s’agit de réduire lesmétaux à l’état très malléable.

La batterie dont s’est servi M. Jacobi pour faire sesexpériences d’essai, se composait de vingt-quatre élé-ments ; il recommande d’isoler avec soin les yases quicontiennent chaque couple.

Voici maintenant la théorie que ce savant a essayéde donner de cette nouvelle pile, sans toutefois en ga-rantir l’exactitude et la précision. Suivant lui, « laconstance d’action provient de ce que l’hydrogène quidevrait se développer à la surface du cuivre est employéà réduire la couche du sel double de ce métal, qui seforme par l’action chimique du sel ammoniac sur lecuivre, de telle sorte que la constance d’action pourraitêtre considérée comme l’expression d’une espèce d’é-quilibre entre cette action chimique et la réaction gal-vanique. La terre ferait ici l’office d’un diaphragmeporeux qui empêcherait le sel de zinc d’aller so réduiresurle cuivre par l’aciion du courant, et qui s’opposerait'en même temps à ce que le zinc ne puisse réagir chimi-quement sur le sel de cuivre. Il n’est pas impossible nonplus que la terre, comme tout corps poreux, absorbe lesbulles d’hydrogène qui, dans les piles ordinaires, re-couvrent l’élément négatif, et diminuent ainsi la forceélectrique. »

Sans doute cette théorie est encore obscure, mais ellene l’est peut-être pas davantage que celle des deuxfluides, admise pour expliquer tous les phénomènes élec-triques. Nous engageons vivement tous les industrielsqui s’occupent de dépôts métalliques, soit dans la do-rure, argenture, ou autres procédés analogues, soit dansla galvanoplastie, à faire des essais avec cette nouvellepile. Elle présente sur tous les autres appareils un avan-tage énorme dont nous n'avons pas encore parlé ; elle nerépand aucune émanation acide. Cet avantage sera vi-vement apprécié par tous ceux qui tiennent à rendre lesateliers moins insalubres.

DES BAIES.

Les appareils à l’aide desquels on doit décomposer lesdiverses combinaisons métalliques employées dans la gal-vanoplastie, étant maintenant décrits, nous allonsdonner quelques détails sur les combinaisons elles-mêmes.

Bains d'or . On n’emploie dans la galvanoplastie queles bains que nous avons décrits à l’article dorure,soit pour la dorure galvanique, soit même pour la do-rure par immersion ; d’ailleurs, on ne dépose l’or qu’ex-ceptionnellement, afin de dorer les précipités de cuivrequ’on cherche à obtenir plus généralement.

Bains d’argent. Les bains dont on se sert dans l’ar-genture peuvent tous être employés en galvanoplastie.De tous les sels dont on peut se servir, le nitrate d’ar-gent est le moins convenable. Le sulfate d’argentconvient bien pour les métaux qui ont plus d’affinitépour l’oxygène que l’argent. Le choix du sel que l’ondoit employer dépend donc de la nature du moule, quipeutêtred’or, de platine, d’argent, decuivre, de charbon,ou d’une matière plastique recouverte d’une de cessubstances.

Bains de platine. Les dissolutions du platine sontcelles du platinage (voir dorure). Nous ajouterons seu-lement que M. Boettger annonce qu’il est parvenu à ob-tenir un dépôt de platine d’une grande adhérence, d’unéclat’spéculaire, et résistant à l’action des acides, mêmebouillants, au moyen d’une solution de chlorure doubled’ammoniaque et de platine dans l'eau bouillante, à la-quelle on ajoute quelques gouttes d’ammoniaque liquide

quand elle est arrivée à une température modérée, et quel’on soumet à l’action de la pile quand elle est encorechaude ; cela mérite confirmation.

Bains de nickel. Le nitrate de nickel ou le sulfateammoniacal de protoxyde de ce métal peuvent être employés.

Bains de cuivre . Voici ce qu’en dit M. Becquerel .

« Le sulfate, le chlorure, le nitrate et l’acétate, sont lescombinaisons employées, mais surtout le premier sel,en raison de son prix peu élevé. Ce sel offre une résis-tance considérable au passage du couraut galvanique ,aussi augmente-t-on le pouvoir conducteur de la disso-lution en y ajoutant une petite quantité d’acide sulfuri-que ou nitrique. Suivant M. Smee, une dissolution quirenferme 500 grammes de ce sel, 2 kilogr. d’eau, etun tiers à moitié de son volume d’acide sulfuriqueétendude huit parties d’eau, est d’un bon usage, surtout quandon opère sur des substances non conductrices, recou-vertes d’une couche de plombagine.

« L’addition d’acide nitrique a cela d’avantageux, quel’acide attaque l’électrode soluble, ce qui facilite le pas-sage du courant en rendant la dissolution plus forte. Ilfaut bien se garder d’ajouter un acide quand la matièredu moule est plus oxydable que le cuivre. MM. Jacobiet Spencer ont émis l’opinion qu’il y a toujours inconvé-nient à se servir d’une dissolution acide; cependantbeaucoup de personnes en font usage.

« Le nitrate de cuiyre exige un courant initial moinsfort pour être décomposé ; mais son prix élevé ne permetpas de l’employer dans les opérations en grand. M. SmeeemploieSOü grammes de ce sel et un litre d’eau acidulée,avec 4 6 grammes d’acide nitrique concentré. Avec cettedissolution, on peut obtenir très promptement une pla-que de cuivre. L’électrode soluble en cuivre doit être dela même dimension que le moule, et ils doivent être pla-cés à ùn centimètre de distance.

« Le chlorure ne présente aucun avantage, ainsi qneles autres sels solubles de cuivre.

« L’électrode soluble est toujours en cuivre ; quantau moule, il peut être fait de plombagine, de charbon,d’or, d’argent, de platine,. de palladium, de nickel,et même de cuivre. »

Bains de zinc. Le sulfate de zinc est le bain qu’ou em-ploie ordinairement.

Bains de plomb. L’acétate très étendu, acidulé*avec del’acide acétique, ou une petite quantité d’acide nitrique,est le sel que M. Becquerel conseille d’employer.

Bains d'étain. L’étain, ainsi que le plomb, présentebeaucoup de difficultés à la réduction par la pile. Onpeut se servir de la dissolution d’étain dans l'eau régale,acidulée par l’acide nitrique.

Dans ces courts détails sur les dissolutions à em-ployer en galvanoplastie, nous n’avons pas attiré expres-sément l’attention du lecteur sur quatre conditionsessentielles, d’où dépend complètement le suceès de l’o-pération, et qui malheureusement n’ont pas encore étéclairement formulées en lois nettes et précises Ce sont :

l’mtensité de la pile ; 2 1 ’ le degré de concentration etde conductibilité de la dissolution ; 3° sa température ;4° la disposition et la grandeur relatives des deux élec-trodes. Ainsi que l’a remarqué M. Boquillon, qui est, detous ceux qui se sont occupés de galvanoplastie, celuiqui a fait les observations les plus circonstanciées surl’état moléculaire des dépôts métalliques, ces dépôtspeuvent être durs et cassants comme de l’acier, mous etflexibles comme du plomb, posséder des qualités intermé-diaires, ou bien être formés d’une poudre noire ou decristaux plusoumoiusconsidérables, selonquelesquatreconditions sont entre elles dans certaines relations. Cesrelations sont encore mal définies, et nous nous fionsbien mie:ix à l’habitude acquise au bout de quelquesjours d’essai, qu’à toutes les règles vagues fournies jus-qu’à présent.