GALVANOPLASTIE.
GALVANOPLASTIE.
Dans tous les cas, voici ce que M. Boquillon a ob-servé. Toutes choses égales d’ailleurs, un électrodepositif plus grand que l'électrode négatif ou moule,tend à produire sur ce dernier un dépôt cristallin, qui vajusqu’à l’état pulvérulent, si la différence de leurs di-îneusions est très considérable. Le contraire a lieu sil’électrode négatif est plus grand que l’électrode positif.L’élévation de la température tend à produire de sem-blables effets.
Si l’on considère trois cas, que dans le premier la dis-solution soit complètement saturée, que dans le secondelle le soit moins, et que dans le troisième le sel ne setrouve qu’en très petite quantité, ainsi que l’a faitM. Boquillon, il pourra arriver que le dépôt obtenu dansle premier cas soit dur, cassant, que celui du secondcas soit plus flexible, et que le dépôt du troisième cas soitformé d’une masse spongieuse de cristaux non agrégés,et finisse par ne présenter qu’une poudre noire très divi-sée, n’ayant aucune adhéreuce. Eli bien, si l’on affaiblitl’intensité du courant, le troisième dépôt deviendra cequ’était le second dans la première expérience. Le seconddépôt sera plus mou, et enfin le premier pourra avoir lespropriétés du second.
Cela donne un exemple des nombreux phénomènesqui se passent dans ces actions, encore^trop peu étu-diées.
On peut augmenter l’intensité du courant galvanique,tout eu conservant la même pile, extérieure à la dissolu-tion, par le procédé suivant, qui est surtout employéquand on agit sur une dissolution difficile à réduire; cesont plusieurs appareils simples (fig. Iü58) réunis enpile :
A, élément de Daniell.
B, auge divisée « u six compartiments au moyen dediaphragmes poreux.
Sur ces diaphragmes sont placés à cheval cinq fils mé-
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talliques pliés, a a a, supportant à une extrémité unmoule m, plongeant dans l’un des compartiments, et àl’autre extrémité un électrode soluble e, plongeant dansle compartiment voisin, de l’autre côté de la cloison po-reuse.
Toutes les auges sont pleines de sulfate de cuivre, parexemple, et l’élément voltaïque A est chargé. Alors onmet le pôle positif C en communication avec un élec-trode e, dans le compartiment extrême B, qui fait com-muniquer le compartiment B et le compartiment D, etalors on fait arriver dans ce dernier sur le moule m le con-ducteur négatif attaché au pôle zinc Z; au bout dedeux minutes ce moule sera recouvert, et on n’aura plusà craindre l’action chimique qu’il aurait pu subir. Celafait, on retire du compartiment D, l’extrémité du fil qui re-liait les deux compartiments extrêmes, on le plonge dansle compartiment voisin de D, et on place le premier filplié, eam ; au bout de quelques instants, le nouveau moulesera encore leeouvert. On agit de même pour le troisième
compartiment, et ainsi de suite. Toutes ces précautionsétant prises, ou comprend bien comment il se fait quel’intensité du courant soit multipliée, puisque deux com-partiments voisins, séparés par une cloison supportantun fil e a m , constituent un appareil simple.
DES MOULES.
Tout corps conducteur du courant électrique peutêtre employé à former un moule propre à la galvanoplastie, pourvu qu’il ne soit pas de nature à être atta-qué par la dissolution, et à réagir sur le métal précipité.Un moule non conducteur, satisfaisant à ces mêmesconditions, peut aussi être employé quand on prend laprécaution de donner à sa surface la faculté conductricepar une couverte très mince d’un corps conducteur enpoudre.
Moules métalliques . Les corps conducteurs susceptiblés de donner des moules sont : les métaux, le charbonbien calciné et la plombagine. Or, la dissolution la pluscommunément employée dans les opérations galvano-plastiques est le sulfate de cuivre, sur lequel, comme onsait, agissent le zinc, l’étain et le fer. Ces trois métauxusuels ne pourront donc pas être employés pour fairedes moules. Le platine et l'or réunissent bien toutes lesconditions voulues, mais leur prix élevé ne permettrapas qu’on les emploie dans des opérations en grand.
Ces exceptions posées, il ne reste parmi les métauxusuels que l’argent, le cuivre et le plomb, ainsi que lesalliages de ce dernier pour la fabrication des moulesmétalliques.
L’argent, ne pouvant être précipité que par l’or et leplatine, doit être employé pour réduire les métaux,quand on veut que le dépôt précipité soit d’une grandepureté.
Les feuilles d’argent pur, dit M. Smee dans ses élé-ments de galvanoplastie traduits par M. de Valicourt,dont l’épaisseur est calculée de manière àpeser 3 grammes 333 milligr. par décimètrecarré de surface sont employées par les fauxmonnoyeurs dans leur coupable industrie;le procédé qu’ils suivent consiste à mettre lapièce de monnaie qu’ils veulent imiter surune planche de bois ; sur cette monnaie, ilsappliquent une feuille d’argent, puis ils frap-pent doucement sur cette dernière jusqu’àce qu’elle présente une copie fidele de l’ori-ginal, résultat qui ne tarde pas à être ob-tenu : cela fait, ils recommencent la mêmeopération pour la face opposée. Les deuxdisques d’argent sont ensuite soudés parleurs bords; et le fabricant commet un crimeet risque sa tête pour la pièce de faussemonnaie qui lui a coûté tant de peine. Sansdoute le lecteur n’aura pas même l’idée derecourir à cette fraude, et il n’est pas nécessaire d’en diredavantage ; mais on comprendra facilement que lemême procédé peut être mis en usage, avec une meilleure intention, par l’électro-métallurgiste, pour obte-nir un moule.
On obtient des moules très avantageux avec le cuivreen opérant un dépôt électro-chimique de.ee métal sur lapièce originale ou sur un plâtre convenablement métal-lisé comme il sera dit plus loin.
Le plomb en feuilles préalablement dépouillé à l’aidedu raclage de l’oxyde qui le ternit, puis aplati en le met-tant sur une plaque de fer qu’on soumet à l’actiond’une presse, peut recevoir l’empreinte de la gravurela plus délicate; il suffit pour cela d’appliquer l’ob-jet à copier sur la feuille de plomb, et cette dernière surla plaque de fer, et de comprimer le tout à l’aide du cy-lindre d’une presse. Cette méthode est parfaite et suffitpour tous les cas. La pression à l’aide d’un rouleau estbeaucoup plus forte qu’une pression directe, quoique