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GALVANOPLASTIE.

GALVANOPLASTIE.

autre normale. Pour rester toujours dans les conditionsprimitives, et obtenir le cuivre en feuilles, il fallaitenlever la solution de sulfate de cuivre moins dense,et celle de sulfate de fer plus dense ; cest en cela queconsiste le principal perfectionnement apporté au trai-tement électro-chimique des minerais de cuivre, parMM. Gaultier de Claubry et Dechaud.

« Leur appareil se compose des parties que nousallons indiquer : dune caisse en bois doublée de plombrecouvert ensuite de cire ou de tout autre substanceanalogue, et destinée à recevoir la dissolution de sul-fate de fer. Cette caisse est pourvue de deux ouver-tures : lune supérieure, pour lintroduction de la li-queur normale; lautre inférieure, servant à expulserla liqueur dense au moyen de syphons. Dans sonintérieur, et à distance convenable, plongent des casesen cuivre ou tôle plombée, dont les extrémités et lapartie inférieure sont en métal, tandis que les paroislatérales sont à jour et garnies de feuilles de cartonfixées solidement. Une ouverture inférieure amène éga-lement, au moyen de syphons, la dissolution concen-trée de cuivre, et une autre, placée presque à la par-tie. supérieure, permet lécoulement de la dissolutionfaible.

« Dans ces cases, on place le métal négatif destinéà recevoir le dépôt de cuivre, et entre chacune delles,ainsi quà lextérieur des deux cases extrêmes, se trou-vent à demeure des plaques en fonte destinées à pro-duire laction voltaïque.

« Des conducteurs métalliques servent à établir lacommunication entre toutes les parties du couple; eton règle lappareil de manière quil arrive à chaqueinstant autant de dissolution forte de sulfate de cuivreet de dissolution faible de fer, quil sort de liqueurfaible de cuivre et de liqueur forte de fer : laction secontinue sans aucune main-dœuvre.

o Dun autre côté, pour faciliter le passage du cou-rant entre les deux dissolutions en contact et séparéespar des diaphragmes en carton, ceux-ci sont percés depetites ouvertures au-dessus du niveau supérieur de laplaque négative ; au moyen de cette disposition, ladissolution de sulfate de fer normale occupant la partiesupérieure de la case vient sétendre sur celle de cui-vre, de sorte que lappareil est ramené à ses conditionspremières.

« Uue fois lapp&reil monté, on na besoin que den-lever les feuilles de cuivre, quand elles ont une épais-seur convenable, et de remplacer les plaques de fonte,quand elles ont été dissoutes.

« Le mouvement des liquides sopère au moyen desyphons eu rapport avec des bassins à niveau constant ;peu importe la qualité de la fonte employée ; cellede la plus mauvaise qualité rtussit également bien.Les feuilles de cuivre peuvent être livrées de suite aucommerce; passées au laminoir, elles acquièrent ladensité de celles de cuivre obtenue au laminage. »

Nous interromperons quelques instants le rapport deM. Becquerel pour puiser dans le Mémoire de MM. De-chaud et Gaultier de Claubry quelques chiffres sur lesrendements du procédé de métallurgie électro-chimiqueci-dessus.

a A une température de 20 degrés centigrades, disentles auteurs du Mémoire, \ mètre carré de surfacereçoit jusquà 4 kilogramme de cuivre en 24 heures.

« Le cuivre précipité est pur, à un état physiqueconstant ; les feuilles peuvent être immédiatement tra-vaillées au marteau ou passées au laminoir. Dans cecas, quatre à cinq passes amènent le métal à la den-sité de 0,894, et lon évite par toutes les opérationsnécessaires pour le faire passer de létat de plateauxà celui de feuilles. Le travail noffre aucune difficulté,ne demande point daffinage, ue donne pas de sco-ries. V

Malheureusement tout ne se présente pas avec autantdavantage que la phrase précédente semble le fairecroire. Les auteurs, en effet, sont bientôt conduits àavouer quil faut partager les produits de la manièresuivante :

50 pour \ 00 de feuilles de cuivre pur ;

25 pour 4 00 de cuivre divisé pur, qui ne demandequune fusion pour être amené à létat de plateaux oude lingots ;

25 pour h 00 de cuivre divisé exigeant un affinage.

Ainsi donc on aura encore besoin de laction du feudans ce procédé. Or, voyons quelles quantités, quellesmasses de liquide il faudra remuer pour obtenir1,000 kilogrammes de cuivre en feuilles.

Il sera dabord nécessaire demployer une quantitédouble de enivre dissous, soit 2,000 kilogrammes, qui,à létat de sulfate, représentent 5,000 kilogrammes.

Or, une partie de sulfate exige 4 parties deau ponrêtre dissoute; il faudra donc 20,000 kilogr. deau, cequi fera une masse de 25,000 kilogr. de liquide ,ou environ de 25 mètres cubes pour le sulfate decuivre.

On doit évaluer à une quantité à peu près équi-valente le sulfate de fer nécessaire pour que lactionélectro-chimique se produise.

Cest donc 50 mètres cubes de liquide au moins quilfaut manier pour obtenir une si petite quantité decuivre; savoir -1,000 kilogrammes en feuilles, 500 enpoudre pure, 500 en poudre impure.

Pour que cette quantité fût obtenue en 24 heures,il faudrait, en outre, que les appareils offrissent unasurface de dépôt dun développement de \ ,000 mètrescarrés.

Ainsi, une usine devrait être montée sur un piedénorme pour opérer par le procédé électro-chimiquede MM. Decbaud et Gaultier de Claubry ; cette énor-mité des appareils, des masses deau à remuer, etc.,est un obstacle dont ne nous semble pas sêtre occupéle savant rapporteur de la commission académique,car il continue simplement à dire :

« Tout le cuivre précipité nest pas obtenu en feuilles,il ny a guère que les trois cinquièmes et même lamoitié ; le reste est à létat de poudre ou de fragmentsque lon soumet à la fonte.

« Le procédé électro-chimique pour le traitementdes minerais de cuivre avec le perfectionnement deMM. Gaultier de Claubry et Dechaud paraît présenterdes avantages sur les anciennes méthodes de traite-ment; mais il exige que les minerais puissent êtretransformés entièrement, et à bon marché en sulfate ;toute la question industrielle est. Dun autre côté, ladissolution de cuivre, en partie épuisée, se charge deplus en plus de fer ; de sorte quen la repassant denouveau sur les minerais pour la saturer de sulfate, etla faisant rentrer dans lappareil, il arrive un instant la quantité de fer quelle renferme est telle que lecuivre précipité contient une certaine proportion dece métal qui en altère la qualité : pour parer à cetinconvénient, on se trouvera dans la nécessité de neplus repasser les dissolutions trop ferriferes sur ce mi-nerai et de précipiter le cuivre quelles renferment avecdu fer,

« A en juger par les expériences dont nous avons ététémoins, il nous est permis de croire que lapplicationen grand du procédé électro-chimique, pour le traite-ment des minerais de cuivre, présente des chances desuccès. »

Nous ne pouvons nous empêcher dajouter que si le.succès en petit est à peu près certain, le succès engrand ne nous en semble pas moins très douteux, etnous croyons être en cela de lavis de lun des mem-bres de la commission de lAcadémie , car M. Dumas,après avoir lu le rapport de M. Becquerel, absent ce