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GALVANOPLASTIE.

GALVANOPLASTIE

jour- de l'Institut, a cru devoir ajouter : a Je ferai »remarquer à F Académie que nous ne préjugeons riensur remploi du procédé de MM. Dechaud et Gaultierde Claubry dans la métallurgie ; nous parlons seule-ment des expériences de laboratoire faites en notreprésence.»

§ 7. Étamage de* glaces par largent.

Dans l'article étamage des glaces, nous avons ditque sans doute la galvanoplastie donnerait prochaine-ment le moyen de substituer à lamalgame détain, sidangereux pour les ouvriers exposés à absorber le mer-cure partons les pores, un autre métal nullement insa-lubre. Notre prédiction s'est accomplie.

Un Anglais , M. Drayton, a trouvé, il y a déjà quel-que temps, le moyen de déposer sur le verre, par descombinaisons chimiques, une couche dargent quidonne à la glace une pureté de réflexion bien supé-rieure, dit-on, à celle qui provient de létamage parlétaiu et le mercure. Mais ce moyen nétait pas in-dustriel ; il présentait des difficultés commercialeset pratiques que le cessionnaire de son brevet, enFrance , M. Tourasse, amis plus dun an à surmonter.M. Tourasse prétend pouvoir livrer, dès le 4" sep-tembre, des glaces de toutes dimensions et de toutesiormes au même prix que les étameurs au mercure,et il a présenté a lAcadémie des Sciences , le 44 août,des échantillons de sa fabrication qui nous ont sembléue rien laisser à désirer. Nous souhaitons vivementque son procédé ait tout le succès quil en attend, carson application noffre effectivement aucun danger,ainsi que tout le monde peut le remarquer. Ce procédéconsiste en effet à dissoudre, dans leau distillée, dunitrate dargent, à y ajouter de lalcool, du carbonatedammoniaque, de lammoniaque et de lhuile essen-tielle de Cassia, à verser la liqueur ainsi préparée &urla glace en y ajoutant, au moment de lopération, de !lhuile essentielle de girofle. Au bout de deux heures, Ilargent réduit par ces huiles essentielles couvre la 'glace dune couche parfaitement homogène de largentle jîlus pur.

Pour préserver la couche dargent déposée, M. Tou-rasse la recouvre dune couche de vernis. Nous crai-gnons, avec beaucoup de membres de lAcadémie desScience *, que lemploi de ce vernis, dont nous ne con-naissons pas dailleurs la composition, présente desinconvénients graves, car tout le moude sait que lesvernis sont sujets à se fendiller très facilement parlaction de la chaleur et de lhumidité. Au lieu delemploi dun vernis, nous conseillerions celui dunecouche métallique déposée par les procédés galvano-pla&tiques. Le verre étant métallisé, rendu conducteurdu courant électrique par suite du dépôt, aussi mincequ', ce soit dailleurs, de largent réduit par les huilesessentielles, il ny a aucune difficulté à déposer pardessus une couche de tel métal quon jugera conve-nable, et à telle épaisseur quil sera nécessaire.

§ 8. Fabrication des planches unies ou gravées.

Nous entrons dans les applications des procédés dela galvanoplastie à la gravure ; elles nont pas encoreeu tout le succès quon peut désirer. En général, et quoi-quil y ait des exemples du contraire, les planches ob-tenues saltèrent rapidement eu raison du peu de cohé-sion de leurs parties constituantes. Cela tient sansdouto à ce que lon ne sest pas encore rendu biencompte des conditions nécessaires pour que le cuivredéposé ait toutes les qualités exigées par les graveurs,et qne lon na réussi que quand, par hasard, on aréuni ces conditions encore mal définies.

Pour fabriquer une planche de cuivre unie ou gravée,il faut avoir un moule qui ne peut être quen cuivre,en acier ou en bois. Nous allons examiner successi-vement ces trois cas.

Moule de cuivre. La plaque de cuivre unie et parfai-tement polie, que Von veut reproduire, doit être da-bord soudée par sa face postérieure à une lame demétal, étaiu, plomb ou zinc qui sert à établir lacommunication avec le zinc, de la batterie voltaïque.La température quexige cette opération chasse lairqui revêt la surface de la plaque, en sorte que si on laplaçait de suite dans la dissolution de cuivre, lori-ginal et la copie pourraient adhérer fortement. Pouréviter cet accident, la plaque soudée doit être placéedurant vingt-quatre heures dans un lieu frais, ce quilui permet de se revêtir de nouveau dune couche dair.On peut dailleurs, comme M. Spencer, frotter la sur-face à chaud avec de la cire, et lessuyer jusquà cequil nen reste plus quune pellicule infiniment mince,ou bien, comme M. Boquillon, recevoir dessus la fu-mée blanche dun corps résineux, après y avoir déposéune couche dor ou dargent. Les personnes qui nesont pas habiles à souder les métaux peuvent se servirtout simplement, pour établir le courant, dun fil mé-tallique ou dun fragment de métal quon met en contact avec la face postérieure du moule.

La densité de la dissolution de sulfate de cuivre quelon emploie dépend de la force de lappareil voltaïque.St on nemploie quun seul couple, on opère avec unedissolution saturée de sulfate de cuivre, étendue dunpeu plus dun tiers de son volume dacide sulfurique,ou bien dune dissolution de 500 gr. de nitrate de cui-vre dans 4 lit. 4/2 deau. Avec quatre ou cinq couples,on peut parfaitement se servir dune dissolution pres-que saturée de sulfate ou de nitrate de cuivre.

Lappareil voltaïque le plus convenable, dont on sesert pour fabriquer les planches, est celui de M. Smee,qne nous avons déjà décrit.

A (fig. 4064), est le couple voltaïque qui se compose

4064.

dune lame dargent platinisé, placée au milieu dunelame de zinc recourbée, et communiquant par un fil S,avec le pôle positifde lappareil à décomposition, cest-à-dire avec lélectrode soluble en cuivre qui doit avoir unesurface égale à celle du moule. La lame de zinc estunie, par un fil ç, serré par une vis, au moule placé aupôle négatif de lappareil de décomposition.

Cet appareil à décomposition est une auge verti-cale B eu bois revêtu dun enduit isolant, de formepar&llélipipédique, et à la partie supérieure de laquelledeux tiges ou lames servent à fixer les fils métalliquesconducteurs et les électrodes.

Cet appareil peut aussi être horizontal (fig. 4060);alors il faut avoir soin de placer le moule au fond, sansquoi la couche déposée n'aurait pas une dureté uni-forme.

La première auge à décomposition est préférée pourune précipitation lente, mais la seconde parait plusappropriée pour une précipitation rapide du cuivre.