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GARANCE.

GARANCE.

font du même coup les trous par doi$ passer soiequi sert à faire les coutures, au moyen de sortes de pei-gnes placés en arrière des tranchants de loutil, ce quifacilite et abrège beaucoup le travail ultérieur.

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Anciennement le pouce était une pièce rapportée;M. Jouvin est parvenu dans ces derniers temps à leconfectionner comme les autres doigts, faisaut corpsavec le reste du gant. Cest cette absence de couture derapport du pouce qui caractérise les gants Jouvin.

Les gants une fois cousus, on les étire, on les enve-loppe dans un linge légèrement humecté deau, et on lesbat pour leur donner de la souplesse et du moelleux,puis on les met en presse.

GARANCE ( angt . Madder, ail. Færberrothe). Lagarance (rubt'a tinctorum) est la racine préparée duneplante qui a donné son nom à la famille des rubiacés.

Cette plante, qui était connue des Grecs et des Ro-mains, passe pour être originaire de lAsie et du Midi :mais comme elle supporte les climats du Nord, sa cul-ture sest propagée dans presque toute lEurope . Au-jourdhui, on cultive la garance dans lîle. de Chypre,dans le Levant, en France , en Angleterre, en Hollande,en Suisse et en Allemagne .

Cette plante se multiplie par graine; cependant il estavantageux de la replanter avec les jets enracinés quipoussent au printemps.

La culture de la garance se fait généralement dansles terrains meubles et légèrement humides ; cependantcette racine peut prospérer également dans tous les ter-rains, quand ils ont été parfaitement fumés.

Daprès M. de Gasparin, il faut par hectare 57,600kilogr. dengrais normal pour cette culture, et dans lesterrains secs on retire 4700 kilogr. de garance, ce quifait un rendement de 2 k ,93 de garance pour 400 kilogr.de fumier.

Le terrain destiné à la plantation delà garance estpréalablement défoncé à la bêche ou à laide dun la-bour profond, les rejetons sont plongés dans leau avantdêtre mis en terre.

En Alsace on plante ces rejetons en lignes espacéesde 0',3o, et les plants sont eux-mêmes séparés par unintervalle de O m ,45 à 0 in ,18.

Ce nest quau bout de trois ans quon tire la plantede terre, mais dans les pays, comme lAlsace, ouïes

gelées sont à craindre, il est prudent denlever les*coites au bout de deux années, car un hiver rigoureuxpourrait détruire la récolte. Dans le Levant, on n'apas à redouter les gelées, la récolte ne se fait quau boutde 5 à 6 ans, les produits saccroissant avec le tempset cela dune manière sensible. Dans le Midi, par exem -pie, une récolte de quatrième année pèse 4 à 500 kilogr.de plus quune de troisième année ; peut-être cet excèsde produit ne compense-t-il pas la prolongation de laculture.

La récolte de la garance est pénible et longue, car ilfaut à laide de la houe, et une à une, dégager les ra-cines de la terre qui les environne.

La racine de garance est composée de trois partiesdistinctes : dun cœur ligneux jaune, qui en occupe lecentre dans toute la longueur ; dune partie corticalerouge ; et enfin dune pellicule légère et rougeâtre appelée épiderme.

Cest surtout dans la partie corticale que réside leprincipe colorant le plus utile, aussi cherche-t-on à li-soler le plus possible ; pour cela, les racines séchées àlair, sur des blets ou dans des fours, sont remuées souvent, puis battues pour en séparer lépidenne, la terreet les autres matières étrangères. Les débris qui résul-tent de ce traitement sont criblés, et ce qui reste sur lecrible est un mélange décorces et de racines menues auquel on a donné le nom de billon ou de mulle. Ainsiépluchées, les racines sont broyées sous une meule depierre, ou bien encore à laide de pilons armés de couteaux ; un blutage en sépare ce qui reste de terre et dé-piderme : on a alors la garance nommée non-robée ;après une seconde mouture, on en sépare comme précé-demment la garance mi-robée ; enfin la troisième mou-ture donne la garance robée ; cette dernière passe pourl.t meilleure; cependant la garance mi-robée provenantde grosses racines est préférable. Quelquefois on ne faitquune seule qualité, mais alors on enlève la partie laplus pauvre par une première mouture ; une secondemouture donnera la garance appelée garance grappe.Dans le commerce, on a depuis longtemps réservé le nomspécial à'ahzari aux racines entières, et le nom de ga-rance aux racines pulvérisées. En teinture on recherchepeu les alizaris, et en France celui dAvignon est le seulemployé.

Quant aux poudres ou garances, on les distingue, da-près leur provenance, en garance de Hollande, garancedAlsace et garance d'Avignon . Avant lapparition dumémoire de M. Girardin sur la garance, aucun desnombreux ouvrages qui ont parlé de cette matière nafait lhistoire de ces poudres; aussi est-ce à ce savantchimiste que nous emprunterons la description de cestrois sortes de garance du commerce, nous regrettonsseulement de ne pouvoir donner quun résumé de sontravail remarquable.

4° Garance de Hollande. La garan'ce de Hollande dontl'emploi était jadis considérable en France , a disparu denos marchés, par suite du droit élevé dont le gouverne-ment la frappée, pour encourager les cultures de lAl-sace et dAvignon . Cette garance serait encore employéesans cela, car elle jouissait dune vogue méritée.

Lodeur de la garance hollandaise est forte et nau-séabonde, sa saveur est sucrée et amère, sa couleur va-rie du rouge-brun au rouge-orangé; elle est trituréegrossièrement et sa poudre est grasse au toucher. A laircette garance absorbe facilement lhumidité ( cettepropriété de la garance exige que sa mouture se fassedans des étuves chauffées à 40 degrés centigr.), pro-priété quelle doit au sucre quelle renferme ; cette ma-tière colorante offre avec le temps des modifications decouleur très prononcées, surtout si le contact de lairhumide est facile ; elle exige avant son emploi au moinsune année de tonneau, et cest à trois ans quelle pos-sède son maximum de vigueur tinctoriale; passé cct