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GARANCE.

GARANCE.

âge sa fermentation continue, elle brunit et perd de plusen plus de sa valeur.

Les marques connues sur nos marchés sont :

Mulle O, "J | Mulle,

Surfine, V ou bien ! Fine grappe,

Non robée ou robée, J | Surfine grappe.

Le mot grappe indique que la poudre est consistanteet agglomérée.

Cette sorte de garance venait jadis de Hollande dansdes fûts de chêne pesant pleins environ 600 kilogr.

2° Garance d'Alsace . Cette garance qui a remplacéchez nous la précédente est loin de la valoir.

Son odeur est plus pénétrante que celle de la garancehollandaise, et sa saveur amère est moins sucrée ; satrituration est assez grosse; sa couleur varie du brunau jaune vif ; elle absorbe très facilement l’humidité eten fermentant elle devient rouge foncé, tandis que lagarance précédente passe au rouge vif dans les mêmescirconstances.

La garance d’Alsace se durcit également dans lesbarriques ; à mesure qu’elle vieillit, sa couleur se fonce.Quoique subissant le robage, cette garance n’est jamaisdésignée sous les noms de robée ou non robée. Les mar-ques connues sont les suivantes :

O, mulle

MF, mi-fine.

FF, fine-fine.

SF, surfine.

SFF, surfine-fine.

On emploie généralement la marque FF.

Les garances alsaciennes viennent en fûts de chênede 600 kilogr, en demi-barriques de 300 kilogr., enquarts de barriques de 450 kilogr.. et quelquefois enbarils de 400 Kilogr. C’est à Strasbourg , Hagucnauet Géïsclbrunnque ces garances se préparent principa-lement.

3° Garances d'Avignon. Les garances du midi de laFrance sont généralement employées de préférence auxautres, car elles permettent au teinturier de varier plusfacilement les couleurs. Les garances précédentes ontpresque toujours la qualité indiquée par la marque,celles d’Avignon au contraire présentent de grandesdifférences pour une même marque, cela tient à ce quechaque fabricant a sa marque.

Les poudres du comtat Vcnaissin ont une odeuragréable, une saveur amère et sucrée, et leur aspectvarie du rose au rouge-clair ou brun ; leur triturationest très fine, on ne voit plus la texture de la racine, cequi facilite les fraudes. La garance d’Avignon attiremoins facilement l’humidité de l’atmosphère, mais ellefermente tout autant que les autres en devenant rougetendre ou rouge foncé, suivant que la poudre est ou roséeou palus .

La meilleure garance est faite avec les racines despalus , nom qu\m donne dans le Midi aux terres en-graissées de détritus organiques provenant d’anciensmarécages : ces terres fournissent des racines rouges ,tandis que les autres terres les donnent rosées.

La garance moitié rosée , moitié palus , donne unematière colorante avantageuse à la vente , et le rougequ'elle produit est brillant et corsé.

Les garances d’Avignon sont dites épurées. Une ga-rance est épurée de 3 à 45 p. 400. Or, réparationd une garance consiste dans l'extration de l’épiderme,il faudrait donc admettre qu’une racine contient plusou moins d’épiderme, et cela dans un rapport tel quele poids de cet épiderme est à celui de la racine:: 4 : 7: 40 : 45.

La garance d’A\ignon pent s’employer en sortantdes moulins, cependant un an de tonneau lui est favo-rable; cette garance fermente peu et ne s'agglutine pas,

cependant elle çe décompose à la longue comme les au-tres. Son peu de fermentation est dû à ce qu’elle ren-ferme peu de matières azotées, matières abondantesdans les garances d’Alsace et de Hollande, où ellesdéterminent une fermentation acide en jouant le rôlede ferment.

La dessiccation qu’on fait subir aux garances d’Avi-gnon est cause des différences de nuances qu’on y re-marque. Si on sèche à une température trop élevée, lapoudre se ternit, sans rien perdre de ses qualités.

Les garances sont : ou palus,

— — ou rosées,

— — ou mi-palus , mi-rosées; on

ajoute un P pour désigner une garance palus.

Les marques actuelles sont les suivantes :

Mulle, 1En sorte, (

sans marques distinctives.

FF,

\ à chacune de ces marques on ajoute la

SF,

1 lettre :

SFF,

f P*pour palus,

SFFF,

\ R pour rosée,

EXTF,

| PP pour palus pur,

EXTST.

1RPP pour rouge palus pur, moitié pa-

EXTSFF,

/ lus, moitié rosée, sans distinction.

On rencontre quelquefois les marques ridicules de :

EXTSFFRPP,

qui signifient : Extra surfine-fine , rouge palus pur.

La garance extra-fine est obtenue par le broyage ducœur ou de la partie ligneuse des racines; la couleurqu’elle fournit est moins riche en principe colorant,mais sa teinte est beaucoup plus vive.

Les garances d'Avignon viennent en fûts de boisblanc du poids de 900 kilogr. ; ces barriques sont dou-blées intérieurement de cartons épais qui empêchentl’entrée de l’air.

La production de la garance en France est des plusprospères, on peut dire qu’elle ira toujours en crois-sant. En 4837 la récolte des alizaris s’est élevée, dansle comtat Venaissin seulement, à 4,200,000 kilogr.,représentant 48,000 à 50,000 barriques; en 4838 larécolte a été un peu moins abondante.

D’après les états des douanes ;

En 4840 on a exporté de France 2,464,458 kilogr.d’alizaris représentant une valeur de 4,620,869 fr., et42,414,054 kilogr. de garance dout la valeur est re-présentée par 42,444.054 fr.

En 4844 l’exportation de ces deux matières a été unpeu moindre.

L’importation des alizaris et des garances de l’étran-ger est presque nulle depuis que leur entrée est frappéed’un droit élevé.

En 1841 , il est entré en France 456.053 kilogr.d’alizaris valant 417,040 fr., et 80,399 kilogr. degarance d une valeur de 80,399 fr.

La garance, comme tous les produits chimiquesd’une grande importance, a fixé l’attention de la plu-part des hommes remarquables voués à l’étude de lachimie, et malgré les savantes investigations qu'elloa subies, sa composition n’est pas encore bien connue ;c’est ce qui atteste la difficulté des recherches faitessur un pareil corps.

La garance renferme plusieurs matières colorante»de nuances diverses, mais le principe rouge le plus im-portant est l'ahzarine découverte par Robiquet. Cettdmatière s’obtient en traitant la poudre de garance parl’acide sulfurique. Aprèfs un contact de plusieurs jours,les matières organiques mêlées à l’alizarine sont carbonisées, et alors on enlève l’acide par de nombreuxlavages à l’eau ; le résidti séché est traité successive-ment par l’alcool froid qui enlève les matières grasses,puis par l’alcool bouillant qui dissout le principe colo*