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GÉOLOGIE.

GEOLOGIE .

marquables. Dans ce cas, cette roche est évidemmentarrivée fluide à la surface du soi ; dans dautres circon-stances, elle sest soulevée a létat de masse pâteuse,et a tormé des montagnes arrondies, comme le Puy- de-Dôme ; elle est toujours accompagnée dune masseconsidérable de conglomérats et de scories presquetoujours ponceuses.

DISPOSITION GÉNÉRALE DES MASSES QUI FORMENT LESOL DE LA FRANCE .

Nous terminerons cet article en empruntant au sa-vant travail {Carte géologique de la France , ouvrage ac-tuellement en grande partie publié;, exécuté de 1825a 1835 par MM. Dufrénoy et Elie de Beaumont , sousla direction de M. Brochant de Villiers, et sous les aus-pices de ladministration des travaux publics, quelquesdétails sur lensemble de la constitution géologique denotre payB.

« Si lon examine la carte géologique de la France,on remarque que les diverses formations du terrain ju-rassique y forment comme une large écharpe qui tra-verse obliquement la partie centrale de la carte, des en-virons de Poitiers à ceux de Metz et de Longwy .

« Cette écharpe se recourbe dune part, vers le haut,du côté de Mézières et de Hirson , et, de lautre, vers lebas, du côté de Cahors et de Milhuu; mais en mêmetemps il s'en détache deux bfanches, dont lune, se re-pliant au nord-ouest, se dirige sur Alençon et Caen ,tondis que lautre, descendant au midi, suit dabord laSaône et ensuite le Rhône depuis Lyon jusquau-delàde Privas , et tourne autour des Cévennes jusquau-delàde Montpellier , pour aller rejoindre la première branchedans le département de lAveyn-n.

« Ces bandes, recourbées, projettent en outre, dansdifférentes directions, des appendices irréguliers ; maisce quelles présentent de plus remarquable, cest quenfaisant abstraction de ces irrégularités et en les rédui-sant parla pensée à leur plus simple expression, on voitces bandes former deux espèces de boucles, qui dessi-nent sur la surface de la France une figure dont laforme générale est celle dun 8 ouvert par le haut.

« Ces assises du calcaire jurassique, qui nous présen-tent limmense avantage de pouvoir être poursuivies àdécouvert, dune manière sensiblement continue, dunbout de la France à lautre, suivant des contours variésqui en touchent presque toutes les parties, se prolon-gent souterrainement dans des espaces beaucoup plusétendus que ceux elles forment la surface ; mais lamanière dont elles s'enfoncent ainsi pour sétendre par-dessous terre nest pas la même dans toutes les partiesde leur contour apparent.

« Si les deux boucles supérieure et inférieure que pré-sente lu figure analogue à celle dun 8, qu'elles dessi-nent sur la surface, ont entre elles une sorte de corres-pondance, elles présentent en même temps uneoppositioncomplète dans la manière dont les couches jurassiques ysont disposées relativement aux masses qui occupentles deux espaces quelles entourent vers le nord et versle sud ; en effet, la boucle inférieure ou méridionalecirconscrit un massif proéminent, fermé principalementde terrain granitique. Cest le massif montagneux de laFrance centrale, couronné par les roches volcaniquesdu Cantal , du Mont-Dore et du Mézenc . Cette boucleméridionale est ainsi moins élevée que lespace quelleentoure, tandis que la boucle supérieure ou septentrio-nale, qui forme le contour dun bassin dont Paris occupele centre, est, en grande partie, plus élevée que le rem-plissage central de ce bassin. Lintérieur de ce bassinest occupé par une succession dassises à peu près con-centriques, comparables à une série de vases semblablesentre eux, quon fait entrer lun dans lautre pour occu-per moins d'espace.

« La différence la plus essentielle des deux bouclesopposées de notre 8 est que «lune recouvre, et qqelautre supporte les masses minérales qui occupent lespace quelle entoure. La boucle inférieure et méridio-nale est formée par des couches qui sappuient sur lebord du massif granitique qui leur sert de centre, et,en quelque sorte, de noyau ; la boucle supérieure et laplus septentrionale est formée, au contraire, par descouches qui s'enfoncent de toutes parts sous un rem-plissage central auquel elles servent de support, debassin, de récipient, et dont elles excèdent générale-ment la hauteur.

« La disposition des couches jurassiques, dont nousvenons de donner lindication, est liée de la manière laplus intime à la structure, tant intérieure quextérieure,de la plus grande partie du territoire français . Nouspouvons le faire aisément comprendre, en esquissantrapidement les traits extérieurs par lesquel > sa struc-ture extérieure sc décèle.

« Les deux parties principales du sol de la France ,le dôme de lAuvergne et le bassin de Paris, quoiquecirculaires lune et lautre, présentent, comme on vientde le voir, des structures diamétralement contraires.Dans chacune delles, les parties sont coordonnées au-tour dun centre; mais ce centre joue, dans lune etdans lautre, un rôle complètement différent.

« Ces deux pôlea de notre soi, sils ne sont pas situésaux deux extrémités dun même diamètre, exercent enrevanche, autour deux, des influences exactement con-traires : lun est en creux et attractif; lautre, en relief,est répulsif.

« Le pôle en creux vers lequel tout converge, cestParis , centre de population et de civilisation. Le Can­ tal , placé vers le centre de la partie méridionale, repré-sente assez bien le pôle saillant et répulsif. Tout semblefuir en divergeant de ce centre élevé, qui ne reçoitdu ciel qui le surmonte que la neige qui le couvre pen-dant plusieurs mois de lannée. Il domine tout ce quilentoure, et les vallées divergentes versent leurs eauxdans toutes les directions. Les routes sen échappent endivergeant comme les rivières qui y prennent leurssources. Il repousse jusquà ses habitants, qui, pendantune partie de lannée, émigrent vers des climats moinssévères.

« Lun de nos deux pôles est devenu la capitale dela France et du monde civilisé, lautre est resté un payspauvre et presque désert.

« La structure de la plus méridionale des deux par-ties de territoire que nous venons dopposer l'une àlautre se dessine par des traits qui doivent frapperbien plus, au premier abord, que ceux de la partie sep-tentrionale, puisque ces traits sont les montagnes lesplus élevées de lintérieur de la France . Cependant,lorsquon y regarde de plus près, la structure en formede bassin de la partie septentrionale se dessine, de soncôté, avec une netteté tonte particulière, au moinsdans sa partie orientale.

« La partie orientale est, en effet, celle dans laquellele contour jurassique du bassin sélève à la plus grandehauteur. Les différentes assises dont il se compose ontété usées inégalement par les révolutions du globe, et,suivant leurs divers degrés de dureté, elles formentcomme une série de moulures concentriques les unesaux autres. Il est arrivé la même chose aux assises, desolidité diverses , qui se trouvent appliquées successive-ment lune sur lautre dans lintérieur du bussiu. Deune série de crêtes saillantes formées par les extrémitésdes couches les plus solides. Ces crêtes tournent paral-lèlement les unes aux autres autour de Paris , qui estleur centre commun. Les rivières qui, comme lYonne ,la Seine , la Marne , lAisne , lOise , convergent vers lecentre du bassin parisien, traversent les crêtes succes-sives dans des défilés que les révolutions du globe ont