GRAVURE.
GRAVURE.
égale. Ainsi les rondeurs du b et du p devront êtretenues un peu moins larges que celles du d et du q.
4° La larme de I’r, le crochet du t, la tête de l’f,.devront être tenus aussi rapprochés que possible dujambage droit pour diminuer l’excès d’écart que ceslettres forcent toujours à laisser à la fonte.
5° Les lettres a, S, ont été beaucoup élargies dans lescaractères modernes, à limitation des Anglais . Onleur donne presque la largeur des lettres à deux jam-bages.
Graisse des caractères . Il est évident que l’épaisseurune fois adoptée pour une lettre d'un caractèro, tantpour les jambages que pour les traits, doit être suivieconstamment la même pour toutes les lettres com-posant le même caractère. La seule observation à luireà ce sujet est que les lettres i, 1, etc., composées d’unseul jambage, doivent être gravées un peu plus grassesque les jambages de l’n. Sans cette précaution, leurisolement les ferait paraître mesquines et plus maigresque les autres lettres.
De la forme des caractères et des variations que legoût y a introduites. On sait que ce fut Nicolas Jenson ,élève de Schœffer, qui, au moyen des deux élémentsque lui fournirent les inscriptions romaines, auxquellesil emprunta les capitales, et les manuscrits de l’époque,composa le caractère dit Romain. Ce travail, fait avecun grand talent, fut un pas immense. Nicolas Jenson débarrassa les lettres des parties inutiles, et avec ungoût sûr réduisit le caractère à la combinaison la plussimple possible de parties droites et de parties circu-laires. Ou conçoit les immenses services qu’a rendus unsemblable travail à l’origine de rimprimerie, en réflé-chissant aux inconvénients qu’entraînerait aujourd’huile changement de lettres qui seraient défectueuses, enrendant presqu’illisibles tous les ouvrages parus jusqu’àce jour. Le point capital de ce travail fut de remplacerles parties anguleuses des lettres gothiques par des partiescirculaires, et les extrémités pointues par des partiescarrées; enfin de faire la plupart des changements né-cessaires pour ramener à nos lettres la plupart de cellesde l’alphabet allemand, qui est le dérivé de l’alphabetgothique.
Les seules modifications dans les formes des carac-tères qui aient persisté des divers essais tentés depuis unsiècle, se réduisent :
4° A la suppression de l’f longue, toujours remplacéepar l’s courte ;
2° A avoir redressé les traits des lettres m, i, autre-fois obliques, ce qui détermine la ligne horizontale duhaut des caractères et en a rendu l’aspect plus agréable.
Le travail des graveurs modernes, qui avec raison nes’est pas porté vers la modification des formes généralesdu type romain, a cependant été considérable ; jamaisle goût n’avait modifié aussi complètement le dessin descaractères.
Le travail le plus important, celui auquel les Didotont attaché leur nom, a consisté à forcer l’oppositionentre les pleins et les déliés, opposition précieuse, quiréunissant dans la même lettre des déliés extrê-mement fins et des pleins assez gras, sans transitionbrusque, produisent à l’œil cet effet que, par un pro-grès analogue, l’on a tant apprécié dans l’écrituredite Anglaise , et qui a fait rejeter tous ces genresd’écritures dont on se servait autrefois, la bâtarde, laronde, etc.
Depuis quelques années, au contraire, la tendanceest <le tout sacrifier à l’effet général de l’impression ;ainsi on a maigri les pleins et engraissé les traits, pourdonner un effet d’ensemble plus régulier et de plusobtenir des caractères bien alignés du haut et du basqui produisent un effet très agréable, précisément celuiqui plaît dans les Elzevirs, à l’imitation desquels ona renforce les emoâteinents horizontaux des lettres.
Lés personnes étrangères à la typographie peuvententrevoir, d’après ces observations, la tendance duprogrès actuel ; car dans la typographie, comme dan$tout ce qui est soumis au goût, qui est essentiel-lement changeant dans tout ce qui est œuvre d’art, iln’est jamais donné à personne d’atteindre la perfectionabsolue.
Du reste, les besoins tout nouveaux de l’imprimerie,le développement des journaux, des éditions compac-tes, qui exigent des caractères pouvant faire tenirbeaucoup de matières en peu de pages, pour écono-miser sur les frais de papier et de tirage, a indiquédes voies toutes nouvelles à la gravure, ce qui, en rem-plissant de nouveaux besoins, a indiqué de nouvellesressources.
Essayons d’indiquer quelques divisions sous les-quelles on peut grouper les principaux caractères, divi-sions qui ne sont que des limites entre lesquelles lagravure peut faire naître un nombre infini de va-riétés.
De semblables divisions ne peuvent s'établir que parrapport à la seule base fixe, qui est la force de corpus,la seule chose qui ne change pas, la dimension con-stante de la tige qui doit supporter des caractères degravure différente.
4“ Les classiques anciens ; c’est ainsi que nous nom-merons les caractères qui ont $ervi à faire les éditions deluxe, que l’on a pu faire depuis le commencement dunouveau mouvement de l’imprimerie jusque dans ccsderniers temps, et que tout le monde connaît. Le corpsest divisé le plus souvent en quatre parties : deux peurles courtes, m, n, etc., et trois pour les longues, b,p, etc.L’o est circulaire à l’intérieur, ou extrêmement voisinde cette forme. Ces caractères composés portant beau-coup de blanc entre les lignes, sont toujours assez gras.
2° Les classiques anciens gros œil. Les courtes sonttenues un peu plus grandes que la moitié du corps, et lecaractère est tenu plus gras, de sorte que le caractèreentier paraît beaucoup plus gros.
Ces divers caractères sont évidemment ceux qui con-viennent aux éditions de luxe, dans lesquelles on re-cherche avant tout la beauté de l’aspect général du livre,dont la lecture ne doit pas être fatigante.
3° Les poétiques l ainsi nommés parce qu'ils ont étéinventés pour faire tenir le vers alexandrin entier dansune ligne d’un format donné, ce qu’on a obtenu en res-serrant toutes les lettres ; l’o se trouve donc oblong dansce caractère.
4” Les compactes. Le désir de faire tenir beaucoupde matière dans un espace donné, qui avait fait ima-giner les poétiques, a fait songer à un autre moyen, quiest de raccourcir les queues des lettres longues; sur unmême corps les lettres courtes se trouvent donc grandird’œil, ou pour la même grandeur d’œil on peut compo-ser avec un corps inférieur, et par conséquent faire en-trer bien plus de lignes à la page.
La longueur des minuscules peut alors aller jusqu’à3/4 de la force du corps, ce qui est une limite extrême.Il est bien certain que la longueur qui reste aux longuesest suffisante pour que l’œil n’éprouve aucune incerti-tude à les discerner ; mais le caractère perd toute grâceet la lecture en devient fatigante.
Aujourd’hui néanmoins (et nous croyons que les nou-veaux caractères de la fonderie générale, gravés d’aprèsce principe, l’ont prouvé pratiquement) le véritable ca-ractère classique est le caractère demi-poétique et demi-compacte , intermédiaire entre les caractères classiqueset les compactes. L’œil du lecteur habitué aux éditionscompactes, ne désire plus pour les classiques les caractères anciens qui lui paraissent trop petits ; un caractèredemi-compacte lui suffit.
Trempe des poinçons. Frappe des matrices. Iæs poin-çons étant terminés par le graveur, il faut leur donner
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