GRAVURE.
GRAVURE.
par la trempo la dureté nécessaire pour pouvoir lesenfoncer dans le cuivre sans que les arêtes vivess’émoussent.
Pour cela, on fait un feu très actif de charbon debois, dans lequel on met une boîte en fer renfermantles poinçons recouverts de poussier de charbon ; onactive le feu, jusqu’à ce que le fer ait pris une couleurrouge-cerise tournant au rouge-blanc. On saisit alors lepoinçon avec des pinces, et on le plonge dans l'eaufroide, en n’y entrant d’abord que l’extrémité portantla gravure. On ne pourrait employer le poinçon danscet état; il se briserait trop aisément, surtout dansles traits Ans des lettres, quand on voudrait frapper lepoinçon ; il faut le faire revenir.
On commence par nettoyer les scories qui ont pus’attacher aux poinçons, eu les frottant avec de lapierre-ponce pulvérisée ; puis on les chauffe par le grosbout, soit en le mettant au feu, soit en le plongeantdans une cuillère de fondeur, ce qui est plus commode.Quand on voit l’extrémité prendre une teinte pelure d'o-gnon, on le fixe à ce point, en le plongeant dansl’eau. Cette opération du recuit rend du corps à l’acier ;il reste dur bien que beaucoup moins cassant.
Frappe des matrices. Comme nous l’avons dit, lesmatrices sont le premier produit de la reproduction dutravail du graveur ; il peut avec son poinçon frapper unnombre considérable de matrices, dont chacune pouiTafondre des millions de lettres. La production de ma-trices est le but et le résultat du travail du graveur.Ce sont de petits morceaux de cuivre de 2 à 3 centi-mètres de longueur sur 1/2 centimètre d’épaisseur,et d’une largeur de 7 à 8 millimètres plus grande que lalettre.
Ou découpe ces petits morceaux dans des plancheslaminées de cuivre rouge de Suède bien doux, et danslequel on ne peut rencontrer que bien rarement desgrains cristallins qui forment des pailles sur l’œil deslettres. On les chauffe, et on les trempe dans l’eau,ce qui adoucit sensiblement le cuivre.
11 faut après cela le parer, c’est-à-dire polir à lalime douce la surface qui doit recevoir l’empreinte. Onla lime en long, en ayant soin qu’elle soit un peuconvexe vers le milieu. On passe après la lime un bru-nissoir qui efface les derniers traits de la lime.
On marque alors avec une pointe à tracer, sur chaquematrice, une ligne à l’endroit où la lettre doit être frap-pée, à environ 5 à 6 millimètres au-dessus d’uue desextrémités.
La frappe des poinçons demande une main sûre etexercée ; ce qui a fait dire qu'une matrice bien frappéeest à moitié justifiée.
On a devant soi un tas, une masse en fer, sur lequelon place la matrice. On tient dans la main gauche lepoinçon dont on a bien nettoyé la surface, et on leprésente au milieu du cuivre ; là, au moyen d’unmarteau qu’on tient dans la main droite, on forme uneempreinte peu profonde du poinçon. Si la lettre inclinetrop à droite ou à gauche, on tourne un peu le poinçon,et on fait une seconde empreinte au-dessus de la pre-mière; après celle-là, uue autre, toujours en corrigeantla position du poinçon. On arrive ainsi au point oùdoit être frappée la matrice, et alors on enfonce lepoinçon à coups de masse jusqu’à la profondeur né-cessaire. On conçoit que si on porte un coup à faux, sion tient le poinçon obliquement, on fait éclater desuite les traits fins des lettres ; accident auquel il n’y ad’autre remède que de refaire le poinçon.
La profondeur obtenue par la frappe doit être un peuplus grande que celle qui doit rester après la justificationde la matrice ; opération qui oblige à en limer la sur-face et à er.lever les bourrelets produits par le refoule-ment du métal. On s’en assure au moyen de la pointedu justifieur dont nous parlons plus loin.
Les lettres qui portent des accents, comme lesvoyelles, le ç, etc., après avoir été frappées seules, losont ensuite avec ces différents signes que l’on adapteau poinçon. Pour cela, on fait à celui-ci une petiteencoche de 6 à 8 lignes du côté où l’accent doitexister; puis on grave chaque accent sur des pe-petits mo.ceaux d’acier qui se placent dans cette en-taille. On trempe ces accents, qui servent ainsi à tontesles lettres ; on les pose successivement sur chaque poin-çon, auquel on les réunit au moyen d’un bon fil, donton a préparé la place par de petites entailles transversalesqui l’empêchent de glisser, et on serre fortement.
Frappe des gros caractères. La frappe des gros carac-tères est plus pénible, parce que la masse de cuivreà refouler, étant cousidérable, oppose une granderésistance. On frappe alors le cuivre à chaud ; maisil ne faut pas le chauffer jusqu’au rouge, parce qu’alorsle poinçon le chasserait trop de côté. On trouve avan-tage à frapper la matrice placée dans une boîte defer, qui, en empêchant le cuivre de s’écarter, le forceà remonter et à remplir le contre-poinçon. Ce procédésuffit pour les lettres de deux points et les gros carac-tères, jusqu’aux moyennes de fonte à peu près, enremplaçant toutefois le marteau par un balancier d’uneforce suffisante.
Fournier recommande d’enlever à l’outil la majeurepartie du cuivre qui doit faire place à l’acier. Ce pro-cédé n’est plus usité, et pour les très grosses lettres,les grosses de fonte, par exemple, gravées sur acier,on fait fondre la matrice en cuivre jaune, en donnantpour modèle au fondeur une matrice frappée en plomb.On enlève avec uu acide étendu d’eau les scories dufond ; puis on frappe à chaud le poinçon, qui unitle fond de la matrice.
On a été plus loin, dans ces derniers temps, pourla gravure des grosses lettres d’affiches de dimensionsassez grandes pour qu’on les puisse travailler directe-I ment. Voici comment on opère.
On moule en argile la lettre dont on a le dessindevant les yeux ; on en polit bien la surface; on faitalors cuire ce modèle, que l’on fond en cuivre. Cecuivre seva donc la matrice non pas parfaite, maiesuffisamment ébauchée, et un peu plus faible que lemodèle par le retrait de l’argile. On achève alors lamatrice avec les outils ordinaires du graveur, et on lacorrige, après avoir tiré des essais que l’on compareau modèle. Ce procédé a donné quelques résultatspassables; mais depuis que la galvanoplastie est in-ventée, il est évident que c’est celle-ci qui doit fournirles matrices en cuivre, pour tous les cas où la gravuresur métal à caractères peut suffire pour tracer unmodèle convenable. A l'article matrice nous parleronsd’un procédé de fonte des matrices, usité surtout pourla bijouterie.
Justification des matrices (1). La matrice frappée, ilfaut la justifier, c’est-à-dire dresser la face et les côtéspour qu’elle puisse s’adapter convenablement sur lemoule. La première condition essentielle consiste en ceque toutes les matrices d’un même caractère doiventtoutes être enfoncées de la même profondeur, de ma-nière qu’en les faisant se succéder sur le même mouletoutes les lettres se trouvent toutes parfaitement demême hauteur.
On justifie la lettre m au degré de profondeur corres-pondant à la hauteur qu’on veut donner à l’œil de lalettre, profondeur qu’on prend ordinairement dans unefonderie égale à celle qu’on a déjà pour les caractères demême nature, afin que les mêmes moules puissent ser-vir indistinctement pour ces différentes frappes. On
(i) Nous avons réuni ici la justification et la giavurc pourne pas trop morceler L’exposition des procédés sur lesquelsrepose la typographie.