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GRAVURE.

GRAVURE.

bons résultats. Il consiste à rétablir pour l’italiquele procédé le plus exact pour reconnaître la pente duromain, qui consiste à appliquer le jeton sur trois let-tres appliquées à plat sur la justification, comme^3 m ^ , et à voir si le haut de la lettre est en avantoù en arrière de la ligne formée par les trois pointes dubas des trois lettres, ou si les trois jambages ne for-ment qu’une meme ligne droite ; auquel cas la justifi-cation est parfaite.

On ne peut évidemment avoir la même vérificationpour l’italique puisque les lettres sont penchées surleur corps; mais on y parvient en les redressant. Sil’on fait une justification dont la surface ait la formereprésentée fig. 1115, c'est-à-dire dans la face de la-

quelle sont pratiquées trois entailles bien égales bntreelles et bien égales dans toute la largeur de la justifi-cation; il est clair que si on place les lettres dans cesangles, les lettres seront redressées de la valeur de cesangles, et que si l’inclinaison des plans sur la surface decette justification est égale à c- Ûede l’italique sur soncorps, il se retrouvera redressé, et les trois mêmes jam-bages d’une lettre bien justifiée formeront une lignedroite, comme cela arrivait sur une justification plate,pour le caractère romain.

Au moyen de cet instrument, les moyens de vérifierla pente d’une lettre qu’on justifie étant les mêmes quepour le romain, il ne reste donc plus qu’à opérer commenous l’avons expliqué. ch. laboulaye.

GRAVURE SUR BOTS. La gravure sur bois est unart dérivant de la sculpture sur bois, art aussi vieuxque le monde, qui n’a pris d’importance que le jouroù l’on trouva moyen d’en multiplier le résultat parl’impression.

Son emploi pour la gravure des images, et surtoutpour les titres de ccs images, a fait concevoir la possi-bilité de l’imprimerie tabellaire, et a ainsi guidé versdes recherches dont est sortie la typographie.

La gravure sur bois et la gravure du poinçon sontdes gravures de même nature, ce sont des gravures enrelief, qui conservent en saillie les traits du dessin, etdont toutes les parties blanches sont creusées. On pourradonc employer simultanément pour la typographie lesressources de la gravure sur acier, et celles de la gra-vure sur bois. Ajoutez à cela que l’on a pour la gravuresur bois un moyen de reproduction analogue à celui quedonne la fonderie pour reproduire la figure du poinçon(voyez polytypie, stéréotypie). Cet avantage de pou-voir être multipliée, et par suite de fournir un nombreindéfini d’épreuves, est la cause de la popularité et del’extension qu’a pris dans ccs dernières années ce genrede gravures employé pour les éditions dites illustrées.

Le rôle de chacune de ces gravures est bien distinct :la gravure sur acier pluë lente et pei mettant des retou-ches multipliées convient bien pour la gravure des let-tres, quand même la nécessité de frapper des matrices encuivre ne ferait pas une nécessité de la gravure sur acier.En effet, la résistance de la matière sur laquelle ongrave fixe la limite de la finesse des fins ; et il est bienévident qu’qn pourra amener les traits d’une partiesaillante d’acier à un degré de fiûesse, auquel on nepourrait amener un bois sans risquer de l’égrener.

De son côté, la gravure sur bois bien plus hardie, bienplus rapide, a permis de faire entrer dans l’impressiondes ouvrages de luxe des figures, qui, tirées en mêmtitemps que le texte, en facilitent singulièrement l’intel-ligence, sans en augmenter démesurément la valeur.Le présent ouvrage eu est un exemple.

La gravure sur bois fut inventée ou introduite en Eu-rope vers le commencement du quinzième siècle (1300-4430) : il y eut à son apparition un grand cri Je dou-leur et de scandale parmi les amis exclusifs de l’art. Onétait arrivé, à cette époque, au plus haut degré de per-fection dans la miniature et dans l’écriture. Les Biblesétaient ornées de petites peintures fines, où resplen-dissaient les plus riches couleurs; les lettres, les mots,les lignes élégamment dessinés sur la chair délicatedu parchemin semblaient vraiment vivre et parler auxyeux. Les cartes, inventéesprès d’un siècle avant, sousle règne de Charles VI , n’étaient pas moins admirables;mais les livres de dévotion et les cartes étaient rares,hors de prix, et seulement à l’usage des communautésreligieuses, des châteaux et de quelques riches habi-tants des villes. Tout à coup on vit se répandre avecprofusion, dans la bourgeoisie et parmi le peuple, degrossières images de saints rudement esquissées, auxfigures contournées et barbares ; des rois, des reinesde cartes grotesquement croqués et dépouillés de leurséclatantes robes; c’était la gravure sur bois qui fai-sait descendre l’art à la portée du plus grand nombre.Bientôt des légendes imprimées à l’aide de lettrestaillées en relief, comme les figures sur les blocs debois, accompagnèrent les gravures pour les expliquer,et de la le besoin de la lecture se propageant peu apeu, mena insensiblement à l’invention des caractèresmobiles, et, enfin, a l’imprimerie perfectionnée, quicommença pour la popularité de la science la révolutionque la'gravure sur bois avait commencée pour la po-pularité de l’art.

La gravure sur bois, consacrée jusqu’alors à des re-présentations grossières, devint cependant un art entreles mains d’Albert Durer, né en 4 471 à Nuremberg . Cegrand artiste, ami de Raphaël , grava des planches d’uneadmirable beauté; son estampe de la Mélancolie , sesVierges font toujours l’admiration des artistes.

La France a possédé quelques artistes distingués quise sont livrés avec succès à ce geure de gravure, telsfurent Joliet le Suisse , l’Allemand Businck, Boutemont,les Lesueur, et en dernier lieu les deux Papillon. De-puis 4760, époque à laquelle vivait le dernier de ces ar-tistes, la gravure sur bois, pratiquée par des artistes depeu de mérite, fut peu estimée. Elle se faisait sur boisde fil, à l’aide de pointes tranchantes, procédés qui -seprêtaient mal à l’exécution de sujets de gravuretrès fine, comme doivent être ceux à intercaler dansles livres pour les éditions de luxe. Son emploi dimi-nuait chaque jour, lorsque Thompson introduisit enFrance , vers 1815, la nouvelle gravure sur bois quiétait née en Angleterre, et montra tout le parti qu’onpouvait tirer de son emploi pour obtenir les sujets lesplus délicats. Ce procédé consistait à graver sur le boisdebout par des procédés tout à fait analogues à ceux dela gravure en taille-douce sur cuivre, en profitant de larésistance des fibres dans le sens de leur longueurpour obtenir des traits fins, résistants.

Le graveur sur bois doit avoir au moins six burinset trois échoppes ; les burins doivent être repassés surles joues, de façon à ce qu’elles soient bien plates ezbien polies, jusqu’à ce que les coups de lime du fa-bricant soient entièrement disparus (fig. 4116); cesburins doivent être aiguisés et gradués de grosseur,de manière à produire une teinte dégradée en coupantS des tailles l’une près de l’autre.

Alors le graveur, dans la position indiquée par lafig. 1117, commence par tracer avec son burin le plus