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GRAVURE.

GRAVURE

fond sur cette matrice, trois m que l’on met sur unpetit instrument appelé justification (voyez fonderie).et entre ces trois m on place successivement toutes leslettres, à mesure qu’on justifie les matrices pour retom-ber exactement sur la même hauteur. La hauteur s’es-time avec une grande précision au moyen d’une petiterègle d’acier, dite jeton , que l’on applique sur la surfacede ces lettres.

Aujourd’hui on ne fait plus cette opération que pourvérifier le résultat définitif du travail. On se guide pourl'aplomb et la profondeur de l’œil, au moyen de lapointe, outil qui consiste dans une petite règle d’aciertraversée par une vis terminée en pointe très fine, etqui est arrêtée en une position fixe par un écrou, quipresse sur la vis et la maintient en place (6g. 1114). Le

mieux est d’avoir deux pointes semblables, l’uue fixéeii là profondeur exacte qu’il s’agit d’obtenir, l’autre plussaillante. On approche au moyeu de la seconde dupoint qu’il s’agit d’obtenir, et on vérifie avec la pre-mière.

Le premier soin que l’on doit prendre avant de dres-ser la surface de la matrice est de s'assurer si le poin-çon a été tenu bien perpendiculaire à sa surface, cequ’on vérifie au moyen de la poiute descendue jusqu'àtoucher un point de l’œil, puis transportée en diversesplaces, ce qui indique de quel côté il faut enlever ducuivre.

Pour ce qui est de l’alignement, on se contente engénéral de mettre le pied bien d’équerre avec la surfaceantérieure. Si on veut que la lettre soit immédiatementde ligne, on vérifie si la lettre, étant bien de hauteur, setrouve en'ligne a\ec les m. Si elle descend, c’est quela partie, depuis l'œil jusqu’au pied de la matrice, esttrop grande ; il faut donc en ôter à la lime. Si, au con-traire, elle monte, ce qui ne doit pas arriver, on y re-médie en refoulant le cuivre sur le bout de la matricepour l’allonger un peu.

Pour ce qui est de l’approche, on doit ôter du cuivresur les bords de la matrice pour ôter l’excès de l’épais-seur, de sorte qu’en remplaçant l’m sur un moule oùcelle-ci soit d'approche, par une autre matrice de lafrappe, celle-ci soit aussi d’approche. C’est ce qu’onappelle justifier à registres arrêtés.

On se dispense souvent de justifier ainsi la matrice,mais il faut toujours avoir bien soin que les côtés dela matrice soient parfaitement parallèles aux jambagesdes lettres, de manière que la lettre soit parfaitementdroite. C’est ce que l’on voit en faisant filer la lettreà 3, de la sorte : æ ; il faut que les jambages

forment une ligne parfaitement droite, autrement ilfaut redresser la matrice ; on y parvient, en ôtaut ducuivre d’un côté vers la tête de la lettre, et de l’autrecôté vers le pied.

Il n’est pas besoin de dire que ces surfaces doiventêtre toutes parfaitement d’équerre entre elles, c’est dureste une chose évidente, à la seule inspection du moule,puisqu’elle doit se placer dans des parties qui sonttoutes à angle droit entre elles.

Pour ce qui est de la partie postérieure de la matrice,

on fait une entaille à peu près vis-à-vis l’œil de lalettre; la plus petite partie s’appelle le talon de la ma-trice. Cette entaille sert à fixer l’archet. du moule ;ressort qui applique fortement la matrice contre lemoule.

On fait encore deux petits crans au haut de la ma-trice, l’un dessus, l’autre dessous, au moyen desquelson attache avec un fil un morceau de peau que l’onnomme attache , et qui sert à empêcher la matrice dotomber chaque fois qu’on ouvre le moule.

On lime le derrière de la matrice qui n’a pas besoind’être dressé avec soin, de manière à ce que toutes lesmatrices d’une même frappe soient à peu près de mêmeépaisseur; puis on passe la lime sur tous les anglesafin de les rendre moins vifs, pour que le moindre coupdonné sur un de ce9 angles n’empêche pas quelquesfaces de la matrice de porter sur quelques parties dumoule.

Nous avons dit à l’article fonderie, de quelle im-portance est la justification à registres arrêtés dontnous parlons plus haut, qui a été malheureusementabandonnée en France . Disons pourtant que quant à lapartie la plus importante de ce système, la fixité de laligne, elle est peu avantageuse avec le moule actuel, àcause de l’usure qui se produit en cette partie, qui dé-range le travail du justifieur. H n’en serait plus de mêmedans un système dans lequel cet inconvénient seraitévité.

Machine à justifier . Un habile justifieur, M. Jehl,ancien chef des travaux de la fonderie de M. Didot etde la Fonderie géuérale, n’a pas eraiut d’attaquer le pro-blème d’effectuer mécaniquement le travail delà justifi-cation. Nous ne pouvons que donner une idée sommairede cette ingénieuse machine, dont le vrai nom est fourà justifier.

Qu’on suppose la matrice placée sur le mandrind'un tour et fixée, au moyen de vis, dans une boîtedont on peut faire varier ^inclinaison. Au moyen d’unepointe portant par ses extrémités sur le mandrin, onpourra faire mouvoir cette boîte de telle sorte que lefond de la matrice devienne perpendiculaire à l’axe dutour, et, alors, en faisant agir l’outil placé sur le cha-riot, on dressera la surface parallèlement au fond.

Pour les côtés, la même opération sera faite en don-nant, par une règle parallèle au mandrin, une positionconvenable à la matrice, puis la retournant à plat sur lecôté dressé, on fera, avec un support à chariot, la se-conde face parfaitement parallèle à la première.

Passant sous silence beaucoup de détails ingénieuxde ce curieux outil, nous avons voulu faire apprécierseulement combien il abrégeait le travail des grossesmatrices. Pour les petites, il faut toujours mettre l'a-plomb et l’équerre d’un côté à la lime; mais cela fait,le tour dresse les autres faces et termine la matriceavec unegrande célérité, permetCant d’opérer graduel-lement et d’enlever beaucoup ou aussi peu de cuivre quel'on désire.

Justification de Vitalique. La justification des carac-tères italiques est aussi aisée que celle des caractèresromains, pour ce qui est de la hauteur et de la ligne,mais elle est plus difficile pour ce qui est de la pente.L’œil juge en effet assez aisément si les jambages d’unelettre sont bien perpendiculaires sur la ligne que for-ment les traits des m, entre lesquelles on la place;mais il ne peut juger que bien imparfaitement si unjambage oblique a précisément la pente qu’il doit avoir.Aussi les italiques laissent-ils toujours à désirer pourla régularité des pentes, quelque soin que l’on prennepour corriger les défauts que l'emploi du caractère faitreconnaître.

Nous pensons donc avoir fait quelque chose d’utileen inventant un procédé qui rend géométrique lajustification de l’Italique, et dont nous avons ti.é de