HORLOGERIE.
HORLOGERIE.
variables du grand ressort dans les différents degrés detension, et le meilleur moyen d’y parvenir a été deconvertir le cylindre placé sur l’arbre de la granderoue en une figure de forme parabolique, c’est-à-direen un solide engendré par la révolution d’une parabole;de cette façon, la force du ressort augmentant avec satension, son action sur la grande roue diminue dans lamême proportion, en raison de la diminution progres-sive du rayon de la fusée autour de laquelle se roule lachaîne , pour communiquer la force ainsi modifiée.Chaque ressort séparé a donc non seulement sa forceisolée proportionnée à l’effet qu’il est destiné à pro-duire; mais il faut que son échelle de variation de forcesoit exactement contrebalancée dans tous les degrés detension par la forme de la fusée; ce que l’on fait àl’aide d’un outil qu’on appelle outil à ajuster la fusée,et qui n’est autre qu’un levier avec un poids attachéau bout carré de la fusée. En effet, lorsque le poids surle levier fait parfaitement équilibre à la force du grandressort dans tous les points des révolutions successivesde la fusée, puisqu’au iieu de clef c’est un levier quimonte le ressort, la forme de la fusée est convenable ;c’est pour cela que, toutes les fois qu’on met un grandressort neuf à une montre, on doit ajuster la fuséedans la machine à fusée, lorsque l’outil à ajuster lepermet.
Les forces comparatives du ressort aux extrémités dela fusée peuvent être ajustées ou réglées par le petitrochet c, placé derrière la grande platine ; mais quandle ressort a le degré de tension nécessaire pour agirégalement aux deux extrémités de la fusée, il ne fautpas qu’elle soit altérée par le cliquet des rochets ; il fautalors égaliser les forces intermédiaires en donnant à lafusée une forme convenable. Nous ne nous sommesarrêtés si longtemps sur cette partie du mécanisme queparce qu’étant le premier moteur, elle est la base detous les autres mouvemeuts. Le nombre de tours quedoit avoir la spirale de la fusée parabolique dépend dela longueur du mécanisme, ou, ce qui est la mêmechose, de l’épaisseur de la montre.
Dans une montre de 36 heures, avec une fusée de6 tours, la grande roue doit avoir cinq fois autant dedents que le pignon du centre ; de sorte que si cepignon en a 6, la roue doit en avoir 5 X 6 = 30 * s’ilen a 8, elle doit avoir 5X8 = 40 dents ; si la spiralea 7 tours, la grande roue 48 et le pignon 42, alors letemps pendant lequel elle ira sera 4 X 7 := 28 heures ;comme aussi, s’il y a 5 tours sur la fusée, 50 dents àla roue et. 10 au pignon, la montre ira 27 heures; maissi on voulait ne la faire aller que pendant 24 heures,avec 6 tours et un pignon de 12 dents, il faudrait quela grande roue en eût 48.
Ainsi, quand on fait un changement, soit dans lepignon, soit dans la roue, ou bien dans les tours dela fusée, on doit faire dans les autres pièces une modi-fication correspondante pour faire aller la montre pen-dant le même temps; mais toujours faut-il que la rouedu centre tourne une fois par heure. Dans les montrescommunes, ces pignons n’ont que 6 dents chacun, etne vont pas aussi bien que les pignons qui ont un plusgrand nombre de dents. Dans les bonnes montres etdans tous les chronomètres, les'dents des roues etdes pignons sont plus nombreuses. Dans les montressoignées, les pivots, surtout ceux de la verge et del’arbre d'échappement, tournent sur des diamants, ru-bis, ou autres pierres dures, afin de diminuer le frot-tement.
Les potences mets, qui tiennent les pivots de laroue de rencontre, sont vissées à la platine de dessus;mais on ne voit point les ressorts, les boutons et lescharnières de la boîte, parce qu’ils ne font pas partiedu mouvement.
Enfin, une roue à clef engrenant avec un râteau a
rochet portant uu appendice qui embrasse l’extrémitéextérieure du ressort du balancier, permet, selon quel’on fait tourner la clef en avant ou en arrière, vers leslettres initiales R et A, des mots retard ou avance ttracées sur un petit cadran sur lequel se meut uneaiguille montée sur l’axe de la clef, de diminuer oud’augmenter la longueur effective du ressort-spiral,et, par suite, de modifier la vitesse de la montre jus-qu’à ce que l’on arrive par tâtonnement à donner auressort la longueur exacte qui convient à la tempéra-ture. Ce mécanisme, généralement employé dans lesmontres communes, est tout à fait inutile pour les mon-tres marines et les chronomètres, où l’on fait usage debalanciers compensateurs.
La partie de la montre qui fera l’objet de notre der-nière explication est le cadran servant à indiquer lesheures et les minutes ; ceci sera facile à comprendre enjetant les yeux sur la fig. 1135. Lorsque le pignon ditchaussée , qui est près de l’aiguillo des minutes, est fixéà l’arbre de la roue du centre, il tourne avec elle dansune heure, et reçoit l’aiguille des minutes sur le boutcarré sortant ; ce pignon fait tourner 1a roue x y et aveceHe un pignon te fixé à son centre, lequel pignon faitaussi tourner en 12 heures une seconde roue c montéesur un axe creux extérieur à celui qui porte l’aiguilledes minutes ; c’est sur cet axe que tient l’aiguille desheures. Cette diminution de douze révolutions, depuisla chaussée jusqu’à la roue des heures, pourrait s’ef-fectuer par un pignon qui mettrait en mouvementune seule roue qui aurait douze fois son nombre dedents; mais, comme le mouvement doit être ramenéau centre du cadran, il faut y intercaler deux roues deplus, ou une roue et un pignon : c’est donc, entre laroue et le pignon, le rapport de douze à un qu’on peutobtenir aisément sans se servir d’une grande roue etd’un petit pignon. Ainsi, supposons que le pignon ditchaussée ait 15 dents, la roue îc peut en avoir 4 X 45= 60, et si la roue c est de même dimension, son pi-gnon en aura les 4/42* ou 20 ; de sorte que lorsque lespignons sont fixés pour le cadran, on a bientôt déter-miné les roues, et tube versâ.
Montres à cylindres. Comme ohacun le sait, lesmontres ne se construisent plus aujourd’hui sur le mo-dèle de celle que nous venons de décrire. L’échappe-ment à cylindre qui demande peu de hauteur a rem-placé l’échappement à palettes, et en donnant uneprécision plus grande a permis, en augmentant la lon-gueur du ressort moteur, de supprimer la fusée, qui,dans la pratique, était aussi souvent cause d’irrégula-rité que de régularité- C’est le célèbre Bréguet qui aattaché son nom à ce grand progrès accompli dansl’horlogerie civile, et a donné les formes de constructionsimples et élégantes qui constituent les montres plates,auprès desquelles les anciennes paraissent lourdes etdisgracieuses.
La fig. 1134 bis représente le mouvement d’une mon-tre moderne vue pardessus. On voit que la platine supé-rieure n’existe plus et que les axes des roues sontmaintenus par la platine inférieure d’une part, et del’autre par des ponts montés sur cette platine.
B est le barillet renfermant le ressort moteur et por-tant 80 dents, son axe est guidé par le pont C. Le ro-cliet b, maintenu par un doigt pressé par le ressort d,est assemblé avec l’arbre du barillet et l’empêche deretourner en arrière lorsqu’on remonte le grand ressortà l’aide du carré placé au centre.
La grande roue moyenne D est la plus élevée de tou -tes. Son axe est porté par le pont E, qui traverse complè-tement la montre et forme un assemblage solide. Le pontL reçoit le pivot supérieur du balancier et porte la ra-quettemn, qui tourne à frottementdoux autour de ce pi-vot. Le spiral fixé en r est en outre passé entre deuxchevilles placées en o à l’extrémité de la raquette; le cou-