HYDROCARBURES.
HYDROCARBURES.
ble ; mais comme l’ancienne graisse noire elle peut trèsbien servir au graissage des voitures, l’odeur ne présen-tant pour cet emploi aucun inconvénient.
Les procédés de M. Barrai nous semblent très ration-nels ; seulement nous pensons que la distillation dans depetites cornues serait une condition gênante pour unefabrication en grand, à cause de la multiplicité des ap-pareils nécessaires à la rectification d’une quantité unpeu considérable d’hydrocarbures ; comme les soubre-sauts sont probablement dus à la présence de la chauxon remédierait, je pense, a cet inconvénient en adop-tant une chaudière distiliatoire munie d’un agitateur;on pourrait peut-être aussi remplacer le chauffage à feunu par le chauffage au bain d’alliage, ou d'huile grasse,ou bieu encore mélanger aux hydrocarbures une disso-lution saturée d’une substance saline choisie de tellemanière que l’ébullition se produisît aune températurene dépassant pas le degré d’ébullition de la liqueur sa-line, taudis que pour la distillation des hydrocarburesseuls, le degré d'ébu.lition varie avec les divers in-stants de l’opération. Ce qui permettrait d’obtenir seule-,ment les hydrocarbures dont le degré d’ébullition estau-dessous du degré d’ébullition de la solution saline.C’est ce moyen qu’a employé Selligue dans sa fabrica-tion d’hydrocarbures, extraits des schistes, fabricationdont il va être question tout à l’heure.
On a proposé de distiller le goudron à la vapeur, cemoyen nous parait plus dispendieux que la distillationa feu nu, et cela sans utilité bien reconnue ; il faudraitd’ailleurs, pour arriver à l’extraction de 25 p. 100d’huile, pousser la température à peu près jusqu’à 300°,et la vapeur n’acquiert pas cette température par leni'xle ordinaire de génération, il faudrait donc de la va-peur surchauffée.
M. Kuhlmann a proposé, si je ne me trompe, de pro-duire dans le vide la rectification des hydrocarbures,sinon la distillation du goudron ; je ne suis pas bien lesrésultats plus avantageux qu’il espère obtenir par ceprocédé.
Je dois mentionner ici des modifications, indiquéespar M. Payen, dans une de ses leçons, au système dedistillation du goudron, sans savoir d’ailleurs si cesperfectionnements proposés sont ou non de l’inventiondu célèbre professeur et s’ils ont été appliqués.
D’abord, il dit que dans la distillation du goudronlui-même, on pourrait immédiatement séparer sansfrais les divers hydrocarbures, en mettant à la place ducoiideriseur ordinaire trois ou quatre vases entourésd’eau. Le premier vase le plus éloigné de l’alambic se-rait en contact avec de l’eau froide renouvelée continuel-lement; le deuxième vase n’aurait pour d’autre réfrigé-rant que l’eau chauffée par le premier condenseur, Feuuchauffée par le deuxième passerait au troisième et ainside suite. D’après M. Payen, on opère de cette manièreune séparation d’hydrocarbures qui nécessite ordinaire-ment uu appareil à part.
Je ne sais si cette disposition serait avantageuse; sonapplication seulo pourrait donner une idée de sa portée.Comme d’après M. Barrai, le traitement par l’acide sul-furique, des hydrocarbures, obtenus de la dissolutiondirecte du goudron, a une influence très grande sur lerendement des huiles à faible densité, ren iement qu’ilfavorise, cette séparation d.recte des hydrocarburesindiquée par M. Payen, semblerait devoir diminuer cerendement.
Les produits obtenus par la distillation du goudronne sont pas cucore bien définis jusqu’à présent, et leurétude bien détaillée appelle l’attention sérieuse deschimistes ; mais ou sait très bien cependant que lesuns se vaporisent à une température qui ne dépasse pas70 u , que d’autres entrent en ébullition de 100 à '120°-,que pour d’autres enfin, la température doit être pousséeà 4b0". Il paraît certain qu’il y a panni ces hydrocar-
bures un assez grand nombre d’espèces distinctes l unede l’autre, non seulement pour le degré de l’ébullition,mais aussi pour les propriétés. On sait déjà que cene sont pas les hydrocarbures les moins denses, ceuxqu’on obtient les premiers dans la rectification, qui con-viennent le mieux à la dissolution du caoutchouc, tan-dis qu’ils sont très avantageux pour l’éclairage. Cetteremarque est applicable non seulement aux produitsde la distillation du goudron, mais aussi à ceux qu’onobtient en distillant l’essence de térébenthine.
Voici, d’après M. Barrai, lesdegrés d’ébullition pourdes huiles à densité différente :
Degrés d’ébullition. Densités à 8 degrés.
130 0,885
150 0,891
140 0,900
L’huile bouillant à 440” est presque inodore, et con-vient très bien à la dissolution du caoutchouc.
C’est en se basant sur ces divers degrés d’ébullitiondes divers hydrocarbures qu’on emploie , d’aprèsM. Payen, pour la rectification de ces produits, uu ap-pareil de séparation présentant pour son principe de l’a-nalogie avec celui que nous avons indiqué tout à l’heure.
A la suite de l’appareil à distiller le goudron (fi-gure 1234), on dispose un générateur A chauffé par lachaleur perdue du foyer Y. Ce générateur se. prolongeen un tube on colonne B, ayant 3 ou 4“ de longueur etterminée par un réservoir D, dans lequel on peut ré-gler la température du liquide, et de la vapeur qu’iltend à produire, au moyen d’une soupape maintenantune pression constante, soit 4 atmosphères pour 140°.La vapeur qui serait produite en excès par une augmen-tation de la pressiou normale, se dégagera par une pe-tite cheminée c, après avoir soulevé ia soupape o.
Du réservoir D part un tube 6, communiquant avecle double fond ou plutôt la chemise d’une chaudière E,ayant le cinquième de la surface de la chaudière princi-pale A. Deux autres chaudières semblables et d’égalecapacité F et G se trouvent a la suite de la première.Leurs chemises et ceile de la chaudière E communiquententre elles par les tubes C et D, de telle sorte que le gé-nérateur A, le tube B, le réservoir D, et les chemisesdes chaudières ne forment qu’un espace continu pleind’eau chaude où la circulation peut s’établir de haut eubas d’après la différence de température. Les produits àrectifier sont placés dans la chaudière E; lu vapeur quis’y produit passe dans la deuxième F, par le tube 6, ets’y condense en partie; la partie qui échappe à celtecondensation renferme les hydrocarbures les plus vola-tils qui se dirigent dai.s la chaudière G, où une autrecondensation se produit encore. Les vapeurs qui s’échap-pent de la chaudière G et qui contiennent lu quintessencedes hydrocarbures, passent dans uu condenseur finalentouré d’eau qui se renouvelle continuellement. Cetteeau est fournie par un réservoir supérieur L. et s’échappapar le tuyau M, lorsqu’elle est devenue chaude. L’hydro-carbure est recueilli dans un récipient I, et les gaz noncondensables, s’il y en a, se dégagent par un conduit K,qui débouche au-dessus du toit. Comme on le voit, aprèschaque opération, les vases E, F, G, I, contiennent deshydrocarbures de plus en plus volatils selon qu’ils sontplus distauts de la colonne B D ; la séparation qu’oùveut obtenir est donc effectuée.
M. Delafont, qui fabrique nn liquide propre à l’éclai-rage, indique la recette suivante de fabrication pourla nature, la quantité des matières qu’il emploie, et Le
procédé d’épuration qu'il suit :
Esprit de fécule ou de vin, à 37'. . 4ü0 litres.
Esprit de bois, à 30". ... . 100
Essence de goudron, à 2G“. . 400
Essence de térébenthine, à 30'. 1Ü0
1,000