HYDROCARBURES.
HYDROCARBURES.
nées, alors qu’on était arrivé à distiller de la houille rienqu’eu vue du goudron, et alors que les goudrons des usi-nes à gaz se vendaient à raison de 40 et 12 francs les400 kil., c’est tout au plus si on utilisait en partieminime les huiles essentielle# les plus légères pour lesemployer à la dissolution du caout-ckouc ; tout le resteconstituait un résidu, dont le fabricant de brui était sou-vent embarrassé et qu’il éCait quelquefois heureux devendre à raison de 2 à 5 fr. les 400 kil., pour être em-ployé comme combustible ou dans la fabrication du noirde fumée.
Généralement dans la fabrication du brai-gras on re-tire 47 à 20 p. 400 d’huile essentielle en mélange pres-que aussi dense que Tenu, 2 p. 400 d’eau; 75 p. 400 debrai, la perte étant de 5 à 8 p. 400. Si on veut avoir dubrui sec il faut chasser 30 p. 400 de matières volatiles.
Le brai-gras en sortant de la chaudière Z (fig. 4234)est ordinairement reçu dans une chaudière intérieure,ou il doit être mélangé avec une certaine quantité dechaux ou de craie et soumis alors à l’action de la cha-leur.
Dans ces dernières années, même eu fabricant lebrai gras, quelques fabricants ont pris soin de fraction-ner les produits de la distillation. Ainsi ils recueillenttoutes les premières huiles qui, mélangées, pèsent 46degrés environ à l’aréomètre de Beaumé, en rangeantdans la catégorie des huiles lourdes tout ce qui passeensuite. Les huiles légères sont destinées à être traitéesspécialement pour le service de l’éclairage.
En adoptant la base de ce procédé de distillation» ilserait très possible, à notre avis, d‘y apporter quelquesaméliorations. Le serpentin devrait être entouré, aulieu d’eau, de goudron placé dans un tonneau de tô<e,muni à sa partie supérieure d’un tuyau pour la sortiedes vapeurs. Ce réfrigérant ainsi disposé permettrait lasuppression de la chaudière accessoire de tout à l’heure,et apporterait nécessairement de l’écouomie et de lasimplicité dans le travail. A cause de la faible chaleurspécifique des essences il serait probablement inutile defaire suivre le réfrigérant à goudron d’un réfrigérant àeau. Les vapeurs s'échappant du réfrigérant à goudronseraient de l’eau et les essences les plus légères.
A la iîn de la distillation, du goudron froid arrivantà la partie inférieure du réfrigérant ferait passer dansla chaudière le goudron chaud et presque bouillant, demanière à produire une distillation presque continue.
Les huiles lourdes, distillées les dernières, sont trèsriches eu naphtaline, et il nous a été dit par un fabri-cant de brai-gras, que de la naphtaline se volatilisaitquelquefois à la lin de l’opération eu venant cristalliserdans le serpentin qu’elle obstruait.
Nous avons maintenant pour épuiser l’ancien pro-cédé, le seul, à vrai dire, encore suivi par les rares fa-bricants d’hydrocarbures pour l’éclairage, a parler «lela rectiHcation et de l’épuration, soit de la totalité deshuiles recueillies pendant la distillation, soit des essences légères pesant 4 6 degrés. Car outre que ces produitssoientloin d’être au degré voulu par les appareils d’éclai-rage, ils sont impurs et contiennent d’abord un peu desprincipes ammoniacaux contenus dans les eaux de con-densation, puis une matière colorante qui leur commu-nique une teinte brune qui augmente d’intensité parl’exposition à la lumière, à tel point que des essencesobtenues presque blanches se colorent très sensiblementet très rapidement, abandonnées dans des vases trans-1 arents et souvent même dans des vases opaques.
Des distillations dans lesquelles on fractionne lespro..uits fournissent assez facilement des hydrocar-bures à la densité désirée pour l’éclairage comme pourles autres usages, la dissolution du caoutchoyc parexemple ; mais l’épurution de ces substances a présentélongtemps des difficultés qui paraissent aujourd’huisurmontées.
M. Barrai est, à ce que je pense, le premier qui ait in-diqué un procédé convenable pour cette épuration : la po*sition d’ingénieur qu’il occupait alors, près la compagnieformée pour ^exploitation des brevets de MM. Busson etRouen , relatifs à l’éclairage par les hydrocarbures liqui-des, ayant appelé naturellement son attention et ses étu-des sur ce point. 11 ne suffisait pas à cette compagnie deprésenter des lampes desti nées à brûler les hydrocarbures,il fallait en même temps offrir le liquide éclairant, ouindiquer les moyens les plus simples de fabrication, àceux qui vouluieut bien se charger de préparer ces hy-drocarbures.
Voici les moyens qu’employait M. Barrai : Toutel’huile, marquant 4000° (densité de l’eau) au densi-mètre, et provenant de la distillation du goudron, telleque nous l’avons indiquée pour la fabrication du brai-gras, est traitée par 4/100* d’acide sulfurique à 66*.L’acide étant versé, on agite fortement la masse pen-dant 4 heure, avec un agitateur quelconque, un balai,par exemple. Ce battage peut être sans inconvénientprolongé pendant 2 heures, puis on laisse reposer ; i’a-cide se dépose entraînant avec lui les matières qu’ila cliarbonnées, attaquées. En se laissant guider par leprocédé >uivi dans l’épuration des huiles de graine des-tinées r. l’éclairage, M. Barrai, après l’action de l’acide,ajoutait une certaine quantité d’eau, battait une se-conde fois, laissait reposer, puis décantait l'huile.
A cause de la présence des produits ammoniacauxdans cette eau, il serait peut-être avantageux, à mouavis, de traiter cette huile par une dissolution métalli-que neutre avant l'action de l’acide.
Après le traitement par l’acide, M. Barrai distillaitles hydrocarbures sur de la chaux qu’il employait à rai-son de 4 p. °/o« Cette distillation, il l’opérait sur de pe-tites qmunilés de liquide dans des cornues en fer, d’unecapacité de quelques litres seulement, placées en certainnombre et eu deux rangées parallèles sur un même four-neau de forme allongée. Le feu étant poussé modéré-ment, le premier tiers des fiuilcs qui passent les pre-mières à la distillation a une densité spécifique de 840a bol)** ; celte densité augmente bientôt, car le deuxièmetiers a une densité de 900 à 950“. Le troisième tiersmarque 4 000°, et est mis à part pour être traité de nouveau par l’acide sulfurique, qui par sou action fait bais-ser la densité de 4000 à 970 u . La perte par cette recti-fication est de 20 p. °/ 0 à peu près. Le mélange dedeux premiers tiers marque un peu au-dessous de 900“au densimètre, soit 26 u environ à l’aréomètre de Beaumé.M. Barrai préfère des cornues de petite dimension pourcette rectification, à cause des soubresauts qui s’opèrentdans une masse plus forte, soubresauts pouvant donnerlieu à une projection d’hydrocarbures ; ce qui, vu lagrande inflammabilité de la matière, serait une chanced’incendie.
Les hydrocarbures provenant de cette distillationpassent, au sortir des cornues, dans un serpentin pourêtre refroidies convenablement. Il est bon que ce ser-pentin débouche en dehors de l’atelier ou se trouve lefourneau, car les vapeurs qui seraient, par hasard, in-complètement condensées pourraient aller s’allumer aufoyer.
Une deuxième distillation est considérée comme né-cessaire par M. Barrai, pour obtenir des produits dotrès bonne qualité; elle s'opère sans chaux. La pertedans cette deuxième distillation est peu importante. Lerésidu des distillations sur la chaux est un ï combinaisonde cet alcali avec une matière grasse, combinaison qui a,pour son état et scs propriétés, beaucoup d’analogie avecla graisse noire qu’ou fabrique depuis plusieurs annéesavec les résidus analogues de la distillation des huiles derésine. Cette nouvelle combinaison, cette nouvellegraisse, peut aussi très bien servir au graissage des voi-tures ; elle exhale, il est vrai, une odeur assez désagvéa-