HYDROCARBURES.
HYDROCARBURES.
On ajoute aux 1,000 litres 10 kilogrammes d’acidesulfurique à 66 ; on brasse le mélange qu’on aban-donne pendant 12 heures à lui-même, en remuantseulement de temps en temps. Puis on traite le liquidepar un mélange de chaux, d’hydrochlorate et de car-bonate d’ammoniaque ; on décante, on redistille, et ona la matière propre à l’éclairage.
Ce procédé d’épuration a beaucoup d’analogie aveocelui qu’a employé M. Barrai. Nous ferons seulementremarquer que le mélange de chaux, d’hydrochlorateet de carbonate d’ammoniaque, doit donner lieu à undégagement d’alcali volatil, qui se retrouve nécessai-rement, en partie du moins, dans le liquide qui distille.Nous ne savons pas précisément dans quelle intentionse fait ce mélange; serait-ce pour empêcher toute aci-dité de se développer dans un ou plusieurs des quatreprincipes constituant le liquide d’éclairage de M. De-lafont. Ce liquide est livré par lui au commerce auprix de 1 fr. 20 c. le litre, pouvant éclairer au pluspendant 20 heures.
Comme les carbures d’hydrogène gazeux obtenus parla distillation de la houille, dans la fabrication dugaz, sont, en partie du moins, le résultat de la dé-composition par le feu des hydrocarbures proprementdits que renferme la houille; si la décomposition nepeut s’opérer par le fait d’une température trop basse,les hydrocarbures sont simplement vaporisés, et secondensent par le refroidissement : alors, on n’ob-tient presque pas de gaz, mais beaucoup de goudronléger, riche en huiles très volatiles qu’on peut appli-quer à l’éclairage après une épuration et une recti-fication convenables. Ainsi oh peut, par une distil-lation dépouillé dans certaines conditions, obtenir deshydrocarbures liquides en quantité bien plus grande quecelle qui se trouve dans les goudrons de gaz. Avant deparler des procédés à suivre pour arriver à ce résultat, jedois dire que, dans un pareil traitement de la houille,le produit qui a le plus de valeur est, sans contredit,le coke, et que sa qualité et son rendemeut doiventpréoccuper spécialement au point de vue commercial,auquel il faut, en définitive, toujours sacrifier danstoute exploitation industrielle.
Il est incontestable qu’on peut, dans la fabricationdu coke, disposer tellement les fours, qu’une trèsgrande partie des produits volatils généralementperdus aujourd’hui soit condensée, et devienne parconséquent utilisable ; mais ce à quoi il faut s’atta-cher, et je dois insister sur ce point, c’est à conserverd’abord au coke ses propriétés, et seulement ensuite àobtenir le plus possible de ces produits volatils . etce qu’on obtiendra sera presque tout bénéfice. Maissi, en voulant obtenir le deuxième résultat, on modifieles propriétés ou la qualité du coke, de telle sorte queles consommateurs ne le trouvent pins, à tort ou àraison, propre à leurs besoins, on commettra, à monavis, une imprudence très grave, et l’industrie en ques-tion périclitera comme péchant par sa base.
Ce n'est pas tout. Les usines à gaz, qui augmententtous les jours en nombre et en importance, ont, pouron certain nombre du moins, du goudron à écouler,soit parce qu’elles vendent difficilement leur coke, soitparce qu’elles ne peuvent ou ne veulent pas brûler leurgoudron à cause de la détérioration assez rapide que lacombustion de ce dernier occasionne dans les fours,surtout s’ils ne sont pas convenablement disposés.
Toujours est-il, et c’est un fait incontestable au-jourd'hui, que des usines à gaz assez nombreuses, tantà Paris que dans les départements, pour une causeou pour une autre, vendent leur goudron à raison de6 francs les 100 kilogrammes rendus à Paris . Cesgoudrons, lorsqu’ils sont frais, rendent environ 10 p.100 d’hydrocarbures propres a l’eclairage ( I). Lorsqu’ilssont anciens, les substances les plus volatiles qu’ils con-tiennent ont pu s’échapper en partie au contact del’air; aussi quelquefoiâ'le rendement est-il réduit con-sidérablement. Ainsi il pourrait sc faire qu’il fût plusprofitable dans ce moment-ci, du moins pour extraireles hydrocarbures destinés à l’éclairage et autres em-plois, de distiller les goudrons dont bon nombre d’usines
(O C’est le chiffre indiqué par M. Barrai, la densité deces hydrocarbures étant 0,900. Des fabricants prétendent nepas arriver à plus de 6 ou 7. Nous ne pouvons prononcer ,entre ces deux assertions.