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HYDROCARBURES.

HYDROCARBURES.

à gaz ont à se débarrasser que de traiter directementde la houille.

Enfin, dans la fabrication de ces hydrocarbures,même sans passer par la fabrication du gaz, on obtientdes produits quil faut écouler, savoir : 4° du brai-grasquon emploie dans la fabrication des bitumes et as-phaltes artificiels, mais qui jusquà présent ont été,à tort ou à raison, regardés comme inférieurs auxasphaltes et bitumes naturels dans la confection destrottoirs et des travaux hydrauliques. Or, quand ondistille des goudrons de gaz, on obtient 70 à 75 p. 0/0de brai-gras, dont le prix aujourdhui est de 8 fr. envi-ron les 100 kil., mais qui tomberait bientôt à 4 ou 5 fr.si on en produisait en grande quantité. Cotte quantitéde brai-gras serait probablement un peu moindre pourle goudron quon pourrait recueillir, en condensant lesproduits volatils qui séchappent des fours à coke ; maisla diminution de brai ne serait pas assez importantepour modifier les conséquences de notre observation2 Des hydrocarbures à densité se rapprochant de cellede leau (on les appelle assez souvent les huiles lour-des), et quon iia pu encore, jusquà présent du moins,faire servir à léclairage, et dont les emplois aujour-dhui sont assez restreints.

Ainsi on le voit, ici comme partout, à côté de laquestion technique, il y a la question commerciale quipèse de tout son poids ; et spécialement ici, il y a,à côté de la substance que lon veut produire, dautresmatières résultant nécessairement de la fabrication, etayant, sous le rapport du prix, beaucoup plus dim-portance que cette substance elle-même. Il est nécessaire dajouter que ces substances, nayant aujourdhuiquun emploi très limité, trouveront peut-être, et mêmetrès probablement plus tard, par suite des recherches deschimistes, un écoulement plus facile pouvant venirchanger les données et, partant, la solution du pro-blème.

Nonobstant ces observations, disons quelques motsdes procédés proposés jusquà présent pour extraire deshydrocarbures de la houille, sans avoir recours auxgoudrons que fournit la fabrication du gaz.

En 1839, MM. Thomas et Laurens prirent un brevetpour la distillation des combustibles au moyen de lavapeur suréchauffée ou de gaz chauds, mais dépourvus0-oxygène libre, en donnant pratiquement la préfé-rence à la vapeur, qui, même pour certains buts, ades avantages spéciaux. La vapeur suréchauffée, aprèssa formation, au-dessous de 400°, pénètre avec une fai-ble pression effective de 1/4 à 1 /2 atmosphère dans uneenceinte fermée, se trouve accumulé le combustible.Il ny a pas de dispositions particulières ; cependantil faut placer les entrées et les sorties de vapeur defaçon à faire circuler partout le fluide. Les hydro-carbures entraînés par le courant sont condensés paries moyens ordinaires de condensation.

Tous les combustibles sont ainsi carbonisés à 300degrés à peine. Rien nest plus facile à couduire. quecette opération; on règle la pression à laide de robinets.La vapeur est chauffée dans un serpentin en fer qni nesuse que très peu et dure longtemps, si on prend quel-ques dispositions capables dannihiler leffet des dilata-tions et contractions. Ce moyen de chauffage opère àuue température bien inférieure à celle quexigent lesmêmes opérations effectuées par un chauffage exté-rieur (I).

Ce procédé na jamais été appliqué en grand dunemanière suivie; Que fois le problème résolu, MM. Tho-mas et Laurens ne sen sont plus occupés, distraits

(O En <833, MM. Thomas et Laurens avaient déjà pro-pose lemploi de la vapeur suréchauffée dans les machines àvapeur, hn 1 858 eut lieu la première application de la va-peur suréchauffée pour la revivification du noir animal.

quils étaient par le succès de leurs applications desgaz des hauts-fourneaux dans les forges. Au point devue technique ce procédé nous semble devoir donner detrès bons résultats ; mais il y a encore ici la questionde la qualité du coke. MM. Thomas et Laurens avan-cent que le coke obtenu est de bonne qualité pour lafonderie et le haut-fourneau, si on conduit lopérationmodérément. Sil en est ainsi, si le coke obtenu estaussi bon à lemploi que celui des fours ordinaires,lexploitation de ce procédé nous semble devoir offrirbeaucoup de chances de succès. Lapplication peut seulerésoudre la question d'une manière définitive.

Ce chauffage parla vapeur suréchauffée pourraîtêtre,ce nous semble, appliqué avec avautage à la distillationdugondron ainsi quà la rectification des hydrocarbures,dautant plus que ce mode de chauffage permettraitdéloigner les ateliers de distillation des foyers, et parconséquent, ferait disparaître toute chance dincendie.

Plus récemment, M. Rouen , qui comprenait la néces-sité, pour pouvoir donner de lextension à son systèmedéclairage, de fournir au commerce des hydrocarburesà bas prix, asongé à fabriquer ces hydrocarbures surle carreau des mines en même temps que le coke. Da-bord il a voulu condenser purement et simplement lesproduits qui séchappent des fours à coke; puis, si noussommes bien informé, il a voulu opérer la distillation dansdes cornues; enfin, nous avons entendu dire quil étaitrevenu aux fours et quil avait obtenu des bons résultatsà Saint-Etienne . Ne connaissant pas les procédés parti-culiers quil peut employer, il nous est impossible den-trer, à propos de sa fabrication, dans quelques détails quiprobablement devraient rentrer dans ceux qui ont été in-diqués dans le cours de larticle. Jai seulement appris deM. Rouen quil avait reconnu dans ses nombreux essaisde distillation que plus la houille est fraîchement ex-traite et plus le rendement en hydrocarbures est grand,et quil y a une grande différence pour ce rendemententre la houille fraîche et la houille ancienne. Cette re-marque est bonne, sans aucun doute, mais je crois quela différence de rendement nest pas aussi grande quecelle indiquée par M. Rouen .

Il y a longtemps dailleurs que cette remarque a étéfaite, non pas pour les hydrocarbures, mais pour le ren-dement du gaz, et tout le monde sait que la houille perdde sa qualité par lexposition à lair, surtout sous lin-fluence successive de la chaleur et de lhumidité.M. Rouen annonce quil obtient par ses procédés, pour1 hect. de houille, 10 litres dhydrocarbures bruts qui seréduisent à 5 au maximum, par suite de lépuration etdes rectifications nécessaires quil opère à la vapeur.Voici des résultats que ma communiqués M. Barraidaprès ses expériences.

Pour une distillation assez vive qui a duré 8 heurespour 261 kil., il a obtenu pour 100 kil. de houille de

üouchy :

Coke.70

Eau et gaz.7

Goudron.33

I00

Ce goudron étant analogue à celui des usines à gaz,mais contenant moins deau.

Pour une distillation lente qui a duré 3 jours, pour300 kil. il a obtenu pour 100 kil. : *

Eau et gaz.3

Essence.10

U)0

Cette essence était à la densité de 1,050 et a donné5 dhuile à 0,900 et 5 de brai ou huile lourdo.

Dans une distillation de charbon dAnzin M Barraina obtenu que 3,76 p. 400 dessence à 0,900.