HYDROCARBURES.
HYDROCARBURES.
Si on parvient à établir des distilleries d’hydrocar-bures dans les fabriques de coke, un nouvel incidentviendra surgir dans la question, ce sera le transport deces hydrocarbures.
Si le transport en fûts ne peut avoir lieu à cause despertes de liquides, le transport en touries présenteracertains inconvénients qui doivent être signalés. Lacasse de touries dans les transports doit être évaluée à3 p. 100 eu moyenne, de plus, leur tare, à cause du pa-nier et du torquage nécessaire, doit être évaluée à25 kil. pour un contenu de 50 kil., ce qui augmentede 50 p. 100 les frais de transport de la marchandise,en supposant qu'on n’ait pas d’ailleurs à effectuer le re-tour des emballages au lieu de fabrication, ce qui lesaugmenterait alors de 100 pour 100. Et cette dernièrehypothèse n’a rien que de très admissible, car les tou-ries qui auraient renfermé ces hydrocarbures seraient,nous le pensons, impropres à tout autre emploi.
Avant de terminer ce qui regarde les hydrocarburesextraits de la houille, disous que leur prix ne parait pasdevoir descendre jusqu’à présent au-dessous de 60 à70 fr. les 100 kil., ainsi que nous l’avons déjà dit d’ail-leurs à l'article éclairage.
Il nous reste maintenant à parler des hydrocarburesextraits des schistes bitumineux. L’industrie des pro-duits extraits des schistes est due entièrement à Selli-gue, enlevé prématurément, au milieu de sa carrière sipleine de découvertes et de travaux utiles, aux arts eta l’industrie.
On sait qu’en distillant les schistes bitumineux desenvirons d’Autun , Selligue est parvenu à obtenir, 1 ® deshuiles volatiles ou essentielles; 2® des huiles fixes;3* des huiles paraffinées qu’il emploie dans la confectiondes graisses; 4° delà paraffine propre, suivant Selligue,à la fabrication de bougies; 5° une matière colorante (1 );6° de l’ammoniaque; 7" du goudron : 8“ une matièresèche propre à la décoloration des sirops ou à la désin-fection des fosses d’aisance, pouvant remplacer jusqu’àun certain point les charbons végétaux ou animaux.
Nous n’avons pas à nous occuper de tous ces produits,mais bien des huiles essentielles ou volatiles pouv&utservir à l’éclairage; seulement, comme le mode de traite-ment des schistes a une influence directe et incontesta-ble sur le prix de revient des hydrocarbures, nous de-vons en dire un mot.
Selliguo distillait d’abord les schistes dans des cornuesen fonte, cylindriques et disposées verticalement; cha-que fourneau contenait six cylindres d’une contenancede 1 mèt. cube, et était construitde manière àce que lesschistes amenés, au moyen de tombereaux, à la partiesupérieure des cylindres, étaient enlevés à la fin de l’o-pération pat un chariot en fer, les recevant à leur sor-tie par la partie inférieure des cornues. Le chauffagedes cornues était très bieu entendu, et ses dispositionspermettaient d’utiliser au mieux le combustible con-sommé. Les produits de la distillation se dégageaientpar la partie supérieure des cornues, et se condensaientpar les moyens ordinaires.
Selligue, dans un nouveau brevet pris, il y a quelquesannées, pour le traitement des schistes bitumineux etdes produits dérivés, a indiqué un nouvel appareil pourla distillation des schistes. Au lieu de placer ces schistesdans des cornues, il les place dans l’espace compris entre2 troues de cône renversés ou entonnoirs en tôle, demanière que. l’épaisseur de la couche de schistes est pe-tite, et que la chaleur pénètre également à peu près danstoute la masse, ce qui n’avait pas lieu dans les cornues,la chaleur arrivant difficilement jusqu’au centre à causede la mauvaise conductibilité de la substance. Laflamme du foyer ou plutôt des foyers placés autour de
(O On obtient aussi une substance colorante analoguedans le goudron. °
l’appareil, chauffe d'abord la surface extérieure, puis Usurface intérieure du double entonnoir. Les produits dela distillation se dégagent par la partie supérieure del’espace conique, que nous pourrions jusqu'à un certainpoint appeler la couronne conique, pour être condenséscomme à l’ordinaire.
Comme les produits les plus volatils, les plus conden-sables et aussi les plus précieux, se dégagent dans lespremiers moments de la distillation, on a soin, à uncertain moment de l’opération, de ramener sous les grillesdes foyers, les gaz non condensables, ce qui procure uneéconomie notable de combustible.
Les produits condensés sans aucutie séparation for-ment le bitume brut, et 1000 kil. des schistes n’en four-nissent que 60 à 65 kil.
En distillant ce bitume on obtient pour 4000*,36o fc(c’est-à-dire 2 p. 100 des schistes) d’un bitume liquidetrès léger, d’une densité qui varie entre 0,760 et 0,84 0,et 258 kil. (c’est-à-dire 4 à 2 p. 400 des schistes) d’unehuile minérale pouvant servir à l’éclairage à la lampe.
Selligue employait pour l’épuration de ces huiles desprocédés analogues à ceux de M. Barrai. Il les traitaitd’abord par l’acide sulfurique, puis par une lessive desoude, et c’était après ce double traitement qu’il distil-lait, pour volatiliser les hydrocarbures les plus légers.Pour être sûr d’avoir de ces corps pouvant se volatili-ser entièrement à une certaine température, soit 4 40°, ilajoutait à la partie qui devait être distillée une dissolu-tion saline ne pouvant entrer en ébullition qu’au degrévoulu 4 40 ; et tous les produits condensés de cette distil-lation avaient nécessairement un degré d’ébullition in-férieur à celui-là.
Jusqu’à présent les hydrocarbures extraits des schis-tes n’ont pu être employés, nous l’avons déjà dit, soit àcause de l’odeur insupportable, s’ils ne sont pas épurés,soii a cause de leur haut prix, 400 fr. les 400 k , quandl’épuration a eu lieu.Ilestpossiblequc les modificationslont nous venons de parler, apportées par Selligue dansses procédés, aient amélioré la qualité ou fait baisser lesprix de revient de ces hydrocarbures; malheureusement«a mort de l’inventeur aura apporté ou apportera peut-être des retards à la réalisation des améliorations qu’ilavait obtenues.
11 ne faut pas étudier longuement la question de ludistillation des schistes pour voir que cette industriene pourrait pas lutter, pour les prix de revient, avec cellede la distillation de la houille dans la fabrication ducoke, si une lutte venait à s’établir. En effet, le résidusolide de la distillation des schistes est de 70 à peu prèspour 400; il n’a qu’une valeur nulle ou du moins mi-nime, le chauffage des appareils de distillation des schis-tes coûte du combustible, tandis qu'il est nul dans lacarbonisation du coke (4); enfin les hydrocarbures con-tenus dans les schistes sont en moins grande quantitéque dans la houille. Voilà plus de raisons qu'il n’en fautpour rendre certaine l’infériorité de l’industrie des pro-duits extraits des schistes. A. MALLET.
acide HYDRO-CHLORIQUE. — J eide chlo-rhydrique. — Acide muriatique ( angl . xnuri&ticacid, ail. salzaüre). dauber, chimiste allemand ,qui vivait dans le dix-septième siècle, paraît être l’au-teur de la découverte de cet acide ; du moins, c’estlui qui, le premier, le retira du sel marin. Appelé d’a-bofd esprit-de-sel , acide marin , puis acide muriatique(de murta, nom latin du sel), il fut regardé pendantlongtemps comme un oxyde à radical inconnu. MM GavLussac, Thénard et H. Davy, démontrèrent par denombreuses expériences qu’il était formé de volumes
(I) Quand bien môme il y aurait du combustible ùein-ployer dans certains procédés, ce combustible coûte trèspeu sur le carreau de la mine, tandis qu’il est bien pluscher près du lieu de l’exploitation des schistes.
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