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IMPRESSION SUR ÉTOFFES.

IMPRESSION SUR ÉTOFFES.

étaient exposés les contrebandiers ou importateurs.Cette contrebande suffit pour susciter Palatine parmila population manufacturière de Spitalfields ; et leshommes détat dalors intimidés, disent les auteurs an-glais , par la population turbulente de la partie Est deLondres , rendirent, en 1720, une loi absurde, et quidéfendait de porter toutes sortes dindiennes quelle quefût leur origine. Cet édit sévère força les manufactu-riers en ce genre de fermer immédiatement leurs éta-blissements ; et des milliers de personnes furent jetéessur le pavé, presque sans asile et sans pain.

En 1730, enfin, cet arrêt du parlement fut aboli pardes législateurs un peu plus sages et qui permirent lafabrication des toiles dites calicots britanniques^ maisles toiles imprimées devaient être formées de ni dechanvre et de coton, et payer une taxe de 60 centimespar mètre carré. 11 est facile de présumer qu'avec unepareille taxe et le régime rigoureux des vérificationsdes commis de laccise pour asseoir cette taxe, la fa-brication des impressions sur calicot, en Angleterre,ne pouvait faire des progrès bien rapides; aussi 50,000pièces à peine de cette étoffe mixte furent-elles impri-mées dans tout le royaume de la Grande-Bretagne pen-dant lannée 1750, principalement dans le voisinage deLondres . En 1840, la seule manufacture de M. Toast,à Manchester , produisait près de vingt fois cette quan-tité, et il y a même plusieurs manufactures qui pro-duisent aujourdhui plusieurs centaines de mille depièces dans le cours d'une année.

Ce nest quen 1766, que cette industrie fut portéedans le Lancashire , elle a pris depuis cette époqueun développement extraordinaire. Après lannée 1774,elle commeuça à sétendre et à gtandir beaucoup parsuite de labolition dune grande partie de larrêt de1730, qui exigeait le mélange du fil avec le coton dansla fabrication des toiles. Depuis cette époque seulement,les imprimeurs de calicot ont fait des affaires immen-ses et productives, quoique forcés dacquitter une taxede 30 centimes par mètre carré, taxe qui était restituée,du reste, à la sortie des marchandises du royaume, sousle nom de druwbach.

Les fabricants commencèrent alors à imprimer sur lecoton seul des couleurs plus riches, plus vives et plussolides, tandis quautrefois ils étaient forcés dimpri-mer sur des tissus de fil et de coton mélangés, et quidifféraient essentiellement dans leurs affinités récipro-ques pour les principes colorants.

Cest aussi par suite de labolition de la prohibitionen France que la manufacture de Jouy, près de Ver- jsailles, fui créée, en 1759, par le célèbre Oberkampf,dorigine suisse , dessinateur, coloriste et imprimeurchez Cabanes; et presquen même temps, Frey, deGenève, et Abraham Pourchet, de Bolbec , fondèrent unefabrique dindienne à Bondeville, près de Rouen . Plustard, Pierre Roger éleva une fabrique à Deville ; Ma-romrae, Bapaume , Darnetal et Bclbec, possédèrent en-suite des manufactures d'indiennes; mais, il faut le dire,presque toutes les entreprises en ce genre ont été diri-gées par des étrangers.

Bonvalet fut le premier qui imprima des étoffes delaine en relief, à Amiens , vers lannée 1755. Il fut leseul pendant longtemps qui exerça cet art avec une rarepcrfectiou (Voir lArt de préparer et dimprimer lesétoffes en laine, par Roland de la Piatrière, et'lArtdu fabricant de velours de coton, par le même). Cetteréputation dhabileté sest conservée jusquà ce jourdans la famille Bonvalet ; larrière petit-fils, qui exploiteaujourdhui lindustrie de son aïeul, est encore celui quia le plus perfectionné la pratique : cest de lui que noustenons la composition des couleurs pour limpressionen relief sur les étoffes de laine et sur le velours de co-ton.

En 1760, Massac et MM. Lemarcis frères établirent

à Bolbec une manufacture détoffes de laine impriméedite gaufrée; on ny employait que des ouvriers alle-mands, hollandais, suisses ou génevois.

Roland de la Platriere prétend que MM. Lemarcisapportèrent d'Angleterre les premiers outils et usten-siles, la composition de quelques couleurs, les secretsenfin dimprimeries étoffe* de laine; mais tout prouve,au contraire, que Bonvalet avait trouvé et exploité i cssecrets plusieurs années auparavant.

Au reste, la fabrication des étoffes unies et gau-frées remonte à une époque déjà ancienne, comme leprouvent les fragments détoffes de ce genre trouvéesdans les fouilles de deux tombeaux de léglise de Saint-Germain-des-Prés (voir Mémoire de Desmarest, insérédans les Mémoires de l* Académie des Sciences , 2 me se-mestre de 1806, page 119).

Nous ne pouvons entrer ici dans l'histoire de toutesles machines et inventions qui se sont accumulées sur-tout depuis le commencement de ce siècle* Cest aussi àpartir de cette époque quon a commencé à introduiredans les fabrications lusage des matières minéralespour colorer les tissus, ainsi que lemploi des machinescylindriques, et de celles dites à planche plate , pourimprimer les tissus ou indiennes. Mais, parmi les fabri-cants dn siècle dernier qni ont laissé la réputation laplus glorieuse, par la hardiesse et la constance dans lesentreprises, nous devons citer au premier tang lelèbre Oberkampf, qui a porté les procédés du garançagesur les toiles de coton au plus haut degré de splendeur,et linfatigable Bonvalet, qui a inventé un grand nom-bre dingénieuses machines à imprimer et apprêter lesétoffes.

Quant aux savants technologues, dont les travauxet les écrits ont contribué puissamment à répandre etaccréditer les meilleurs procédés de fabrications, dansles ouvrages desquels on trouvera la description detous les essais qui ont .amené cette industrie à son étatactuel, nous donnerons la liste de leurs ouvrages, sui-vant la date ils ont paru. Nous engageons nos lec-teurs à les consulter.

Mémoires de Dufay, sur la Teinture, p. 244, t. VIII;

p. 319, t. IX de lHistoire de V Académie. Paris .

1737- 1738

Lettres du R. P. Cœurdoux, sur la Fabricationdes Toiles peintes des Indes; t. XXVI desi Lettres édifiantes, p. 172. Paris . 1742

j Traité des Toiles peintes, par Q. Paris 1760

Dictionnaire raisonné des Arts et Métiers, de

labbé Jatibert, art. Toiles peintes. Paris . 1766

Art de faire les Toiles peintes à linstar dAn-gleterre, par Delormois. Paris . 1770

Encyclopédie pratique, par le chevalier de W.

Liège . 1772

LArt de la Teinture des fils et Etoffes de coton,

par Lepileur d'Apligny. Paris . 1776

Article Toile peinte du Dictionnaire encyclopé- wdique. Paris . 1778

LArt de préparer et dimprimer les Etoffes de

Initie, par Roland de la Piatrière. 1780

LArt du Fabricant de Velours, suivi dunTraité de la Teinture et de lImpression destoiles, par le même. 1780

Instruction sur lusage et lemploi du Quercitrondans la teinture et les imprimeries dindiennes,par Edouard Banchroff, traduite en fran-çais , et insérée dans les Annales des Arts etManufactures, t. XII, p. 18, 131, en 1805. 1785

Essai sur lArt de la Teinture, par Scheffer.

Paris . 1787

Mémoire sur lIndigo, par Hausmann, Journal

de Physique. Paris . 1788

Théorie de la Teinture , par Hausmanu, Annales

de Chimie, t. VII, p. 237. 1790