IMPRESSION SUR ETOFFES.
IMPRESSION SUR ETOFFES.
parthncnt le plus bas ; ensuite elles sont engagées en-tre les deux rouleaux adaptés au-dessus de la pre-mière cloison; eufin elles passent sousles rouleaux placésail fond du deuxieme compartiment, et ainsi de suitejusqu’au dernier compartiment, d’où elles sont attiréespar le système de rouleaux compresseurs R.
L’eau claire arrive continuellement dans le compar-timent supérieur, d’où elle s’écoule dans les comparti-ments successifs au travers d’une grille en tissu mé-tallique placée verticalement sur la partie supérieurede chaque cloison.
On conçoit que les toiles très chargées de couleurssont mouillées et détrempées d’abord en passant dansle compartiment le plus bas ; puis et à mesure qu’ellestraversent les compartiments supérieurs, elles se net-toient davantage et se débarrassent peu à peu de tousles corps étrangers et salissants qui les recouvrent ; lescorps étrangers sont détachés tout à la fois par le cou-rant d’eau, par le mouvement donné à la pièce et parla pression des rouleaux eux-mêmes.
A l’aide de cet appareil, les étoffes sont lavées suc-cessivement dans une eau qui est déplus en plus propre,c’est là le véritable lavage méthodique, qui peut êtremodifié à volonté, soit en augmentant ou en diminuantla quantité ordinaire de l’eau de lavage, soit en diminuant ou en augmentant la vitesse avec laquelle lestoiles sont entraînées au travers des divers comparti-ments, soit enfin en augmentant ou en diminuant lapression que les rouleaux du haut exercent sur l’étoffemouillée.
Les parties blanches des toiles sont toujours plusou moins colorées par le passage dans les bains deteinture ; il faut donc les blanchir. Pour cela, on faitbouillir les tissus dans un bain de son ou de savon;quelquefois, lorsque la coloration est trop persistante,on les soumet au blanchiment avec des dissolutionslégères de chlorure de potasse, de soude, de chaux oude magnésie.
Nous reviendrons plus loin sur la question du blan-chiment et indiquerons les principaux systèmes suivis.Nous traiterons en même temps de l’avivage, auquelplusieurs couleurs doivent être soumises.
GRAVURE DES DESSINS.
Il y a plusieurs sortes de planches gravées pour im-primer :
1° Le bloc ou la planche de bois de poirier, parfaite-ment plate, sur laquelle on transporte et grave le dessinen relief ;
2° Le bloc ou la planche de bois de poirier , sur la-quelle on implante et fixe à la même hauteur de petiteslames de cuivre laminé et recuit, qui forment tous lescontours et les traits Uns du dessin. On fait les pleinsou mats , en remplissant les intervalles, formés par leslames de cuivre, avec du bois de tilleul qu’on enfoncesolidement en frappan< dessus avec un petit marteau;puis on coupe avec un instrument tranchant tout lebois qui dépasse les petites lames de cuivre ;
3° La planche métallique en relief, laquelle est for-mée par la réunion de clichés métalliques fondus surune planche dite matrice;
4° La planche plate en cuivre, gravée au moyend’un poinçon, ou à l’aide d’un burin, ou à la manièreusitée pour l’impression en taille douce ;
5 W Le cylindre , ou rouleau cylindrique, que l’on graveà la machine, ou à l’eau forte, etc.;
6° Enfin, le cylindre dit à surface , sur lequel sontappliqués et fixés des clichés métalliques offrant la re-production en relief d’un dessin.
Planches . On fait les blocs ou planches, de quatrecouches de bois, bien dressées au rabot, sur les deuxfaces. La couche du dessous est en bois de chêne de
12 à 13 millimètres d'épaisseur; les deux couches in-termédiaires sont en bois blanc de même épaisseur,et la quatrième de ( J miilim. d’épaisseur est en boisde poirier ou de pommier, qui sont des bois compactset dont le grain est fin. Ces conches de bois sout su-perposées de manière que les fibres se croisent ; ellessont jointes ensemble avec une colle dite au fromage,insoluble et iualtérable par l’humidité.
Voici la manière de prépartr cette colle dont lacomposition est encore tenue secrète dans la plupartdes ateliers.
Choisissez du fromage blanc, appelé fromage à lapie ; mettez-le dans une bassine en cuivre, et brouillez-le avec un peu d’eau. Faites cuire ce mélange sur unfeu doux pendant une demi-heure pour enlever tout lepetit-lait qu’il contient. Comprimez ensuite la compo-sition dans un linge un peu serré pour en exprimertoute l’eau. Faites recuire de nouveau en remuant tou-jours avec une spatule en bois pour éviter qu’elle nes’attache et ne se carbonise au fond du vase.
Lorsque la composition est bien liée, ce que l’onreconnaît lorsqu’elle forme une pâte résiniforme etquasi-élastique, vous la retirez du feu, et vous en for-mez des boules que vous pétrissez dans les mains ; vousles faites ensuite sécher lentement à l’air ou dans unappartement un peu chaud.
Enfin, vous râpez ces boules lorsqu’elles sont sèches,et vous conservez la poudre pour vous en servir suivantle besoiu.
Voici la manière d employer cette poudre de fro-mage :
Vous prenez un vase quelconque dans lequel vousmettez de la poudre en quantité suffisante pour le col-lage que vous voulez fuire ; vous jetez dessus et peuà peu de l’eau de chaux, en ayant soiu de bien re-muer avec une spatule en bois pour dissoudre et lierla pâte avec l’eau, et en former une colle de la con-sistance du miel, C'est dans cet état onctueux que vousemployez cette colle, que vous étalez, égalisez sur laplanche de bois avec la spatule elle-même ; mais vousdevez employer cette colle aussitôt qu effe est faite,sans quoi vous ne feriez rien de bon. Les deux pluuchesde bois blanc et celle de chêue étant barbouillées seu-lement d’un coté, vous les superpo-*ez l’une sur l’autredans l’ordre que nous avons indiqué plus haut, enfinissant toujours par la planche de poirier.
Vous comprimez enfin les planches collées par desserre-joints entre des madriers de bois, afin de faireadhérer la colle d’une manière invariable.
La gravure du dessin tracé sur la planche de poirierest faite à l’aide d’une pointe, espèce de couteau quitenu droit coupe profondément le bois et avec lequelon obtient des gravures sans talus. On fait sauter avecla pointe les intervalles du dessin et on dresse les fondsavec des gouges et des but-avants, ciseaux en forme debaïonnette avec lesquels on atteint facilement les fonds.
La nécessité d’avoir une gravure sans talus et trèssaillante, se comprend facilement si l'on réfléchit à lanature des couleurs à l’eau, épaissies seulement à lagomme, qu’on emploie dans l’impression. Cette condition est tellement nécessaire qu’elle a conduit à l’adop-tion, très fréquente dans la pratique, d’un autre modede gravure à l’aide de petites lames de laiton, dont nousallons parler.
Pour faire un dessin au moyen de lames de laiton,on calque le dessin comme nous l’avons indiqué pré-cédemment; puis on entaille tous les traits décalquésà l’aide d’une espèce de ciseau plat très petit, qu’onenfonce toujours à la même profondeur à l’aide d unmarteau. A cet effet, le petit ciseau porte sur l’une deses faces un petit butoir ou arrêt. C’est dansles entaillesainsi formées qu'on enfonce les lames de laiton laminéet découpé d’une hauteur uniforme; on les contourne