IMPRIMERIE.
IMPRIMERIE.
cède à la miss en casse , c’est-à-dire à déposer chaquesorte de lettre dans les divers compartiments dont lacasse est composée.
Une casse est l’assemblage de deux boîtes, ordinai-rement en bois, dont l’une, appelée haut de casse, con-tient les lettres capitales, ou majuscules, et l’autre, ap-pelé bas de casse , contient les lettres courantes ouminuscules. Chaque partie de la casse a environ 95 cen-timètres de long sur environ 36 centimètres de large.Les petites cloisons qui séparent les compartiments, quel’on nomme cassetins , ont environ 33 millimètresde hauteur; les pourtours, ainsi que la traverse dumilieu, ont 5 millimètres de plus. La fig. 4 289 représente la casse contenant les lettres réparties dans leurscassetins respectifs.
MOllh.e DE T.A CASSE FRANÇAISE.
par une vis, au point où l’on veut déterminer la lon-gueur des ligneà.
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1289.
Il y a certaines localités, Lyon et quelques villesdu Midi, où l’on ne suit pas exactement lu disposi-tion de cette casse. Ne pouvant donner ici ces va-riations, qui d'ailleurs sont en petit nombre et dimi-nuent chaque jour pour se ranger au modèle parisien,nous nous sommes borné à représenter la dispositionla plus généralement suivie, telle qu’elle est usitée dansles imprimeries de Paris .
Au premier moment, on se demande pourquoi lescassetins du bas de casse sont inégaux et ne suivent pasl’ordre alphabétique, comme dans le haut; mais bien-tôt on comprend que ces dimensions doivent varierselon le plus ou moins grand nombre de lettres dont onfait usage dans le discours ; de même que le rappro-chement de certaines lettres vers le centre a pour butde mettre sous la main du compositeur celles de ceslettres dont l’emploi est le plus fréquent, telles que lesvoyelles, etc., afin d’économiser les mouvements et letemps de l’ouvrier.
La casse se pose sur un tréteau fait en forme de pu-pitre.
Un ouvrier compositeur se place devant cette casse,pour er\ lever successivement les lettres qui doiventservir a la composition des mots, ce qui s’appelle com-poser. Cette opération se fait ordinairement avec beau-coup de célérité, d’adresse et de légèreté. A cet effet, lecompositeur est muni d’un petit instrument nommécomposteur (fig. 1290), qu’il tient de la main gauebe. Cecomposteur est une petite lame de fer, dont le bord estrelevé en équerre dans toute sa longueur. D’un bout il estfermé à demeure par un petit pan carré ; de l’autre, onintroduit une clavette à coulisse qui porte un pan par-faitement parallèle au précédout. On fixe cette clavette
1290.
Le compositeur prend donc chaque lettre, l’uneaprès l’autre, en l’attaquant par la tête, et la place, lecran en dessous, dans son composteur. Tandis qu’ilrange ainsi la lettre qu’il tient, il vise celle qu'ilva prendre ensuite; c’est le moyen d’aller vite etde s’y prendre adroitement. Lorsque le composi-teur a ainsi rassemblé toutes les lettres d’un mot,il met une espace pour séparer ce mot de celui quiva suivre. Cette espace est une petite lame de mé-tal, mince, semblable à une lettre dont on auraitcoupé la tête, et qui, se trouvant plus basse queles lettres, ne produit aucune marque à l’impres-sion et laisse paraître ces petits blancs qui sépa-rent les mots.
Lorsque la ligne est achevée, il importe de laconsolider, de la justifier parfaitement. A cet effet,on a des espaces de différentes épaisseurs, qu’onassortit de manière à ce qu’eu renversant la ligne,elle soit tellement serrée que les lettres ne puis-sent tomber. Par dessus cette ligne, on met uneinterligne , ou une forte réglette, sur laquelle oncompose une nouvelle ligne, et ainsi de suite, jus-qu’à ce que le composteur soit plein, alors ou lesurvidc en enlevant adroitement cette compositionet la mettant dans une galêe , où, quand il y en aassez pour former une page, on la lie fortementpar trois tours de ficelle. Alors on manie aisémentcette page ; mais, pour plus de sécurité, on la metsur un porte-page, feuille de papier, et on la tient enréserve jusqu’à ce qu’on en ait réuni un nombre suffi-sant pour compléter une feuille.
L 'interligne est une petite réglette de matière, quel’on met entre les lignes pour les écarter les unes des 9autres et les maintenir dans une rectitude parfaite. Il yen a de différentes épaisseurs, depuis 4 jusqu’à 5 points.
La galée (fig. 4294)est une petite planchetteayant un rebord enéquerre, sur laquelleon dépose les lignes aufur et à mesure qu’onles compose.
Celles qui doiventcontenir de grands for-mats , ont le fond àcoulisse. On tire cettecoulisse et la page avec;puis, par un mouve-ment prompt, on la retire en maintenant lapage, qui, de cette ma-nière, se trouve déposée
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4294.
sur un porte-page, ou à nu sur le marbre , prête à êtreimposée.
La composition ainsi faite en paquets , ne contientque le texte ou la matière de l’ouvrage ; elle passe en-suite aux mains d’un metteur en page. Celui-ci estchargé d’y mettre les folios et les titres, les blancs deschapitres, les notes, etc. ; et lorsque de cette manière ila façonné un certain nombre de pages, ii se dispose àimposer. .