IMPRIMERIE.
IMPRIMERIE.
est conduit à une série de trois écluses nouvelles,toutes trois à sas mobiles, mais chacune suivant unmode particulier : le sas de la première écluse (l’éclusetout entière), tourne sur lui-même suivant un axelougitudinal ; celui de la seconde suivant un axe verti-cal; le troisième pivote sur un axe transversal. Parune féconde et constante application du principe durapport des aiguilles aux encoches, c’est le vice lui-mème du caractère qui détermine le choix du sas d’é-cluse dans lequel il sera détruit. Le caractère verséd’un flanc sur l’autre, tourné ou culbuté bout pourbout, sort du sas rectiflcateur pour continuer sa des-cente, et aller rejoindre dans son réceptacle propre lescaractères de son espèee. 11 est difficile de rien trouverde plus ingénieux que ces moyens de faire prendre auxcaractères une position déterminée. Néanmoins nousavouerons franchement qu’ils ne nous semblent passuffisants. Quel est l’obstacle qui s’oppose à ce que descaractères glissent sur leur force de corps? Quelle estla cause qui fera glisser un—ou une lettre large plutôtsur un sensque sur l’autre? Comment les lettres colléesensemble se sépareront-elles ? Mais de plus est-il ’ bienprudent de soumettre le caractère à un mouvement desassement, qui fasse frotter l’œil de la lettre contredes parties dures, et l’usure du caractère n’en devien-dra-t-elle pas bien rapide?
Il nous semble qu’on est parti d’un principe tropgénéral en voulant distribuer le caractère mis en pâte.Ce n’est pas ainsi qu’il se trouve dans l’imprimerie,mais bien à l’état de composition devenue inutile parle tirage, et par conséquent tous les crans tournés dumême côté. Ne serait-il pas possible, en rangeant leslignes de la distribution dans la rainure d’une longuerègle dans laquelle une pression les ferait avancer, defaire successivement tomber chaque lettre qui vientse présenter à l’extrémité de ce composteur par unepression exercée sur le côté. De cette manière les ca-ractères se trouveraient de suite bien disposés, et tou-jours séparés; ce qu’on n’obtiendra jamais sans uncertain effort pour vaincre l’adhérence qui réunit tou-jours plusieurs lettres après le lavage de la forme.
Prix de revient du travail fait avec cette machine.Cherchons à évaluer approximativement les résultatsprobables de la réunion de cette machine avec la pré-cédente.
Evaluant à 70,000 lettres le travail de la machineen dix heures de travail, il faut pour le travail :
Un compositeur au clavier, d’une ha-bileté spéciale, par jour.7 fr.
Un justificateur fort habile pouvantrelever l’ouvrier qui est au clavier. . . 6 fr.
Un apprenti qui place la distributionsur le plan incliné, ôte les cadrats, lesinterlignes.3 fr.
Une personne intelligente qui surveillela descente des lettres, fait arrêter dèsqu’un dérangement a lieu, ce que ne pour-rait faire le compositeur sans perdre
beaucoup de temps.. . 4 fr.
Correction nécessaire pour les erreurscommises, soit par le compositeur, soitpar la machine, 1/2 journée. . . . . 3 fr.
Force motrice nécessaire à un hommepour deux machines. . . . » . . 1 fr. 50 c.
Augmentation du prix des fontes résul-tant de la nécessité de faire les crans,évaluée (autant qu’il est possible) au plusbas, à.1 fr. 50 c.
Total.26 fr.
C’est donc une économie de 1 /4 environ, qui seraitassez notable, en admettant, bien entendu, que sontravail sera régulier, et exempt d’accidents et de dé-
rangements fréquents, car ce n’est que de ce jour-làque la machine existera, commercialement parlant, etccttc machine, comme nous l’avons dit, n’a pu encoreêtre amenée à cet état; la multiplicité des élémentssur lesquels il faut agir doit bien faire douter qu’il soitpossible d’y parvenir.
IMPRIMERIE en taille-douce. Ce genre d’impri-merie a pour but de tirer des épreuves des planchesgravées en creux, au moyen des procédés que nousavons indiqués à l’article gravure en taille-douce.Ce résultat est obtenu par deux opérations qui consis-tent, 1° à remplir de noir les tailles de la planche,à encrer ; 2“ à exercer une pression sur la feuille depapier placée sur la planche, à la faire passer sous unepresse.
1° Encrage de la planche. Nous n’avons plus à reve-nir ici sur la composition de l’encre propre à la taille-douce, que nous avons décrite à l’article encre.
On distingue deux procédés pour encrer, au chiffonet à la main.
2° Encrage au chiffon. Pour déposer l’eucre sur laplanche et la faire pénétrer daus les tailles, on se sertd’un tampon fait avec des linges enroulés les uns autourdes autres. On le promene sur la planche, après l’avoirgarni d’encre, en appuyant assez fortement sur lestailles, et balançant constamment la main de gauche àdroite et de droite à gauche.
Pour les parties où les travaux sont larges et pro-fonds, il convient de faire pénétrer pour les premièresépreuves l’encre avec le doigt pour qu’elle arrive bienau fond.
L’encre étant d’autant plus ferme que le tirage doitêtre plus parfait, on facilite le bourrage de la planche,en la posant sur un gril posé au-dessus d’un fourneaucontenant du poussier de charbon, qui donne un feudoux qui chauffe la planche.
La planche étant ainsi couverte d’encre, il fautessuyer toutes les parties qui doivent rester blanchessur l’épreuve, pour qu’il ne reste d’encre que dans lestailles. Pour cela, avec un premier chiffon à moitiésale, que l’on passe légèrement sur la planche, on enlève la majeure partie du noir; puis avec un chiffondemi-gras, on essuie les bords, en appuyant et promenant franchement le chiffon d’une extrémité à l’au-tre de la planche. On ôte celle-ci de dessus le gril, et onla place sur la hotte d’essuie. On jette alors sur laplanche quelques gouttes d’eau, dans laquelle on adissous un peu de potasse et de chaux, et prenant deuxchiffons légèrement humides, le premier déjà un peusale, le second propre, on essuie successivement avecces deux chiffons la surface de la planche. Il faut bienremarquer que l’imprimeur ne doit jamais essuyer dansle sens des tailles, mais bien transversalement, pour nepas dépouiller celles-ci, ne pas enlever le noir.
3® Encrage à la main. L’encrage à la main estemployé surtout pour les gravures très soignées, etpour lesquelles par suite on emploie de l’encre forte ;on applique celle-ci avec le doigt sur les principauxtravaux. On l’étale ensuite avec le tampon. Cela fait,on essuie les bords et on dégrossit avec un chiffon sec,puis, avec une poignée de mousseline sale on éclaircitles blancs. Cela fait, on passe la paume de la main parun mouvement brusque et on enlève ainsi l’encre quireste sur les plats, avec une grande perfection, en cou-pant franchement l’encre qui se trouve dans les tailles.On a soin d’avoir toujours la main sèche en l’essuyantavec un chiffon et la dégraissant en la passant sur unpain de blanc d’Espagne .
Du tirage. La figure 4307 représente la presseen taille-douce. On voit qu’elle se compose essentielle-ment de deux rouleaux en bois, entre lesquels passeune table également en bois. Ces deux rouleaux étantplus ou moins rapprochés au moyen de cales placées