INCRUSTATIONS.
INCRUSTATIONS.
arriverait à détacher assez facilement les oxydationstuberculeuses qui n’ont qu’une très faible consistanceet sont très friables.
Un autre moyen consisterait à faire passer de l’acidebydro-chlorique dans les tuyaux pour dissoudre le carbo-nate de fer qui se trouve dans les tubercules (4). Il esttrès probable que ce lavage des tuyaux conduirait aubut proposé, mais l’acide attaquerait la fonte.
Les autres sout préservatifs, ils doivent autant quepossible être employés de préférence. Nous allons lesénumérer rapidement.
On a conseillé de verser dans l’eau, avant son intro-duction dans les conduites, une quantité de chaux suffi-sante pour saturer l’acide carbonique, faire déposer lecarbonate de fer et prévenir par là la formation des tu-bercules. Ce moyen simple, en théorie, n’est guère pra-ticable. En effet, il faudrait d'abord, que la quantité dechaux nécessaire pour la précipitation du carbonate defer fût bien calculée à l'avance, car un excédant de cetnloali resterait en dissolution dans l’eau, qui, destinéeà l’alimentation d’une ville, deviendrait alors impropreaux besoins domestiques à cause de sa saveur insuppor-table. Déplus, le précipité prodait dans l’eau, par l’ad-dition de la chaux, devrait aussi être entièrement dé-posé avant l’introduction de l’eau dans les tuyaux, afinque cette eau ne fût pas louche ou laiteuse.
Ce moyeu donc ne présente en somme aucun avan-tage bien marqué, et nous nesachious qu'il ait jamaisété employé; un autre moyen proposé assez récemmentpar M. Mary, et appliqué par lui aux tuyaux de distri-bution des eaux de la ville d’Amiens , nous paraît bienpréférable.
Ce procédé consiste à tremper les tuyaux de fontelorsqu’ils ont été essayés à la presse hydraulique dansun bain d’huile de lin lithargirée et de cire jaune (2),porté à la température de >4 00 a 4 50", et à les y laisserimmergés jusqu’à ce qu’ils aient acquis sa tempéra-ture. L’eau, dont la surface de ces tuyaux pouvait êtreimprégnée ainsi que celle logée dans les pores de lafonte, se vaporise nécessairement à cette température,de sorte que les corps gras pénètrent jusqu'à un certainpoint la substance du tuyau, et les deux surfaces setrouvent recouvertes d’un vernis gras qui ne tarde pasa sécher au contact de l'air. De cette manière la sur-face extérieure du tuyau est préservée de l’oxydationordinaire, et la surface intérieure de l’oxydation tuber-culaire.
Ce moyen, proposé par M. Mary, nous paraît devoirêtre très efficace ; outre cet avantage, il a celui d’êtrepeu coûteux ; en effet, d’après l’adjudication faite àAmiens , pour l’entreprise de la distribution des eaux,le prix moyen (eu égard aux divers diamètres destuyaux^ ne s’est élevé qu’à 23 ou 24 centimes parmétré courant.
Nous a\ons cependant entendu exprimer la crainteque cet enduit gras ne s’oppose à la jonction bien her-métique des tuyaux, jonction qui se fait en matant duplomb. On dit que ce vernis remplissant jusqu’à un cer-tain point les cavités que la fonte présente à sa surface,le plomb ne pourra plus alors faire, pour ainsi dire,corps avec la fonte.
L’emploi des tuyaux de verre a été aussi proposé etadopté, je le pense du moins, dans quelques villes assezrapprochées des verreries alimentaires; la nature deces tuyaux s’oppose évidemment à la formation destubercules ferrugineux; cette remarque peut s’appli-quer aux tuyaux de grès (3), et très probablement
(U Je suppose, à tort ou à raison, que les tubercules necontiennent que du fer carbonate; du reste, s’il n’en étaitpas ainsi, l’acide ne ferait que peu ou pas d’effet.
(2) On pourrait peut-être, ce nous semble, remplacer lacire jaune par de l’acide stéarique.
Les tuyaux de grès vernissés, et par conséquent dé-
aussi aux tuyaux Chameroy, qui, pour les grandes di-mensions, présentent sur les tuyaux de fonte uue écono-mie de 30 à 40 p. 100.
Occupons-ndus maintenant des dépôts et incrusta-tions qui se forment dans les chaudières à vapeur. Nousn’avons pas besoin de rénumérer ici les divers sels cal-caires ou autres existant dans les eaux; disons seulementque par l’ébullition de l’eau, l’acide carbonique se dégageet les carbonates se précipitent presque aussitôt; lesautres sels ne se déposent qu’après une ébullition pro-longée, car l’eau est loin d’être saturée.
Le dépôt de3 sels calcaires (nous disons calcaires, lessels de chaux en constituant la plus grande partie)forme, pour ainsi dire, corps avec la chaudière sur lesparo s de laquelle il se moule et s’incruste. Les incon-vénients qu'il présente sont graves : d’abord, il em-pêche le passage du calorique dont il est très mauvaisconducteur, de là perte notable de combustible ; déplus,les parois de la chaudière n’étant plus sans cesse humec-tées par le contact de l’eau, peuvent rougir assez facile-ment, de sorte que si une fissure s’opère dans la croûtecalcaire incrustante, parle fait même de la haute chaleur,et que l’eau, à une température bien plus basse que lemétal, vienne à le toucher, elle peut le faire éclater ;enfin, en rougissant, le fer des parois brûle assez rapi-dement.
Les morceaux de calcaires incrustés et détachésd’une chaudière se mohtrent formés de couches paral-lèles superposées, bien nettes et bien tranchées, variantd’épaisseur et souvent aussi de couleur. M. Kuhlmann,pense que la couche ne s’incruste qu’aux moments derepos, la nuit par exemple, et que pendant l’ébullitionle dépôt reste en suspension.
Ce n’est pas seulement dans la chaudière même quese forment les incrustations, les tuyaux d’alimentationde la chaudière en sont quelquefois obstrués. Nous enavons vu dont le diamètre, de 3 centimètres, était ré-duit, pour la partie plongeant dans la chaudière, à5 millimètres au plus après une marche de deux àtrois mois. Quinze jours ou un mois de plus de marcheproduisaient une obstruction complète qui aurait pu êtrela source d’accidents plus ou moins graves. Ce fait d’in-crustation dans un tuyau d’alimentation n’a rien quidoive étonner ; voici comment nous l’expliquons : laportion du tuyau d’alimentation plongeant dans lachaudière participe à la température de l’eau qui s’ytrouve; l’eau donc qui y séjourne, quand la pompe ali-mentaire ne marche pas, l’eau qui est bouillante doitlaisser déposer le carbonate de chaux qu’elle i enferme ;de la l’incrustation en question.
Ce n’est pas tout, ces dépôts et incrustations se for-ment aussi dans les condenseurs des machines à vapeur(bien enten lu quand elles sont à condensation), et danstout condenseur où de l’eau froide est en contact avecla vapeur surtout sous l'influence du vide ; et l’expé-rience est encore la même que tout à l’heure, avec cettedifférence qu’ici l’eau n’est plus bouillante, mais que ledépart de l’acide carbonique est déterminé plus encorepar l’aspiration de la pompe à air que par l’élévation dela température due à la condensation de la vapeur.Nous avons vu des condenseurs littéralement obstruéspar ce fait d’incrustation, et nous relaterons en parti-culier ce qui s’est passé dans .a raffinerie de sucre deMM. Jacquemin et compagnie, à Saint-Quentin , il y asept ans, à peu près. Cette raffinerie possède un appa-reil de Pelletan, à cuire dans le vide, appareil munid’un condenseur, mais différent par sa disposition du
pourvus de porosité, pourraient être employés, au point devue de la faible dépense qu’ils occasionnent, avec beaucoupd’avantage, car ils sont quatre fois moins chers que ceux defoute. Les jonctions pour les conduites d’eau pourraientadmettre la présence dans le lut d’un mastic bitumineuxqui empêcherait toute fuite.