INCRUSTATIONS.
INCRUSTATIONS.
inférieure; le frottement qui s’exerce par le passagedans l’intérieur du sac, pourvu qu’on écarte un peu lescoudes, suffit pour modérer la descente. On descend demême les objets dont le volume permet de les introduire,dans le sac. Enfin, deux hommes places sur le sol sou-lèvent l’extrémité inférieure du sac pour prévenir lechoc auquel pourraient sans cela être exposés les in- idividus ou les objets qui y parviennent.
INCRUSTATIONS. Une incrustation, c'est un dépôtqui en s'effectuant sur un corps se moule parfaitementsur lui et y adhère fortement. Pour que ce dépôt, cetteincrustatiou se produise, il faut que le corps incrustéait été en contact avec un liquide, et que ce liquide,soumis à certaines influences, ait abandonné ou laisséprécipiter une substance solide qu’il tenait auparavanten dissolution.
Comme on le voit, les cas d’incrustation peuvent êtretrès nombreux ; mais nous n’allons nous arrêter qu’àceux qui présentent le plus d’intérêt, .et qui sont pro-duits par l’eau telle que la nature nous la fournit,et qui alimente, soit les fontaines naturelles, soit lespuits.
Tout le monde sait que les eaux qui alimentent lespuits et les fontaines renferment plus ou moins dematières salines, dont la quantité et la nature dépen-dent évidemment des terrains qu’elles ont rencontressur leur passage, et à travers lesquels elles ont filtré.Ces matières sont, en général, du carbonate (1) et dusulfate de chaux pour la plus grande quantité, les selscorrespondants de magnésie en quantité moindre, deschlorures de sodium (sel marin), de calcium et de ma-gnésium, et du carbonate de fer. On sait aussi que lescarbonates ne sont solubles dans l’eau qu’à la faveurde l’acide carbonique qu’elle renferme en plus ou moinsgrande quantité, suivant les conditions dans lesquellesellese trouve. Si, par une cause quelconque, telle que l’a-gitation, la diminution dépréssion, l’élévation de tempé-rature, ou même le seul contact de l’air par le passagede l’eau sur des feuilles, des plantes, du bois, cet acidecarbonique se dégage, le carbonate de chaux, devenualors insoluble, se dépose. Quant aux autres sels, lessulfates et les chlorures, il faut une évaporation pro-longée pour que le dépôt se produise, car l’eau est loind’en être saturée.
C’est par ces principes que s’expliquent très facile-ment les phénomènes si curieux et si intéressants desfontaines incrustantes, parmi lesquelles nous devons ci-ter celle de Saint-Allyre, près de Clermont-Ferrand ;celle de Saint-Nectaire, en Auvergne ; celle de San-Fclippe, en Toscane ; et celle d’Orcher, près du Havre.
Ou a tiré parti de la propriété incrustante de ceseaux qui sont, pour ainsi dire, saturées de carbonatede chaux, pour mouler toute espèce d’objets et imiterdes pétrifications. Ainsi, près de la fontaine de Saiut-Allyreon incruste des grappes de raisin, des corbeilles defleurs, des nids d’oiseaux ; on fait des matrices de mé-dailles qu’on peut ainsi reproduire en carbonate dechaux légèrement ferrugineux, tout cela pour satisfaireet amuser la curiosité des voyageurs.
La fontaine de Saint-Allyre doit surtout sa réputa-tion à ce que l’ancienne source a formé uu dépôt, qui,en se prolongeant successivement, a jeté sur le petit ruis-seau où ses eaux viennent se rendre un pont natureld’un admirable effet, et qu’on dirait construit par lamain des hommes ; le dépôt qui précède le pont estune muraille énorme de 80 mètres de long sur unehauteur de b à 7 mètres.
Les grands dépôts formés à la surface de la terre,dans toute espèce de position, se nomment tufs cal-caires, ou travertins, du mot italien travertino.
Si nous supposons à la partie supérieure d’une grotte
ou caverne, des fissures par lesquelles s’infiltrent deseaux saturées de carbonaté de chaux, aes gouttes decette dissolution calcaire s’attacheront à la voûte in-terne, l’acide carbonique se dégagera, l’eau mêmepourra s’évaporer, taudis que le sel de chaux resterafixé. Cette filtration se renouvelant à chaque instantfinira par produire des côues renversés, dont la base estfixée au plafond ; et si enfin le poids de l’eau qui s’é-coule est trop considérable, elle tombera sur le sol pourformer un cône en sens inverse du premier ; après quel-ques siècles les extrémités de ces cônes se toucherontpour former des colonnes d’une hauteur vraiment re-marquable ; le milieu des colonnes, le point de jonctiondes deux cônes présente une transparence complète ; onimagine du reste facilement que la forme des dépôtsainsi produits puisse varier avec différentes circon-stances, qu’au lieu de cônes il se produise des cylindreset des tubes. Quelquefois, les colonnes se liant aux sta-lactites (1) plus courtes forment des espèces de porti-ques par lesquels la caverne se trouve partagée en plu-sieurs salles. Ces dépôts donnent aux grottes desterrains calcaires un intérêt particulier qui pique sin-gulièrement la curiosité. Elles offrent toujours unspectacle imposant, relevé souvent par tout ce quel’imagination peut y ajouter, et tout ce que la crédulitésuperstitieuse a suggéré aux gens du pays qui serventde conducteurs. Plusieurs grottes ont, sous ce rapport,une grande célébrité : telles sont celles d’Antiparos oùTournefort crut voir les pierres végéter à la manière desplantes ; celles d’Auxelle en Franche-Comté ; de Pool’s-Hole en Derbyshire; de Caumont près Rouen ; on voitaussi une de ces grottes à Albert (Somme ).
Le carbonate de fer contenu dans les eaux à la faveurde l’acide carbonique se dépose aussi dans les tuyauxde conduite, et il y a, dit-on, engorgement total tousles quinze ans environ, pour des tuyaux de fonte, de4 centimètres de diamètre; outre le départ de l’acidecarbonique, on peut signaler à ce dépôt une .autrecause, c’est une action élecirique qui se développe auxpoints de contact des deux métaux hétérogènes, et cettehétérogénité peut très bien se présenter dans les tuyauxde fonte. Il est nécessaire d’ajouter que cette opinionn’est pas unanimement adoptée. M. Mary, ingénieuren chef du service municipal de Paris , pense que lesoxydations tuberculeuses des tuyaux correspondent auxsoufflures qui se trouvent dans la foute. Il a remarquéaussi, qu’arrivés à un certain point de développement,ces tubercules n’augmentent plus. Ainsi, d’après lui,les conduites d’eau de la ville de Grenoble ne débitentpas aujourd'hui moins qu’il y a dix ans, époque à la-quelle on s’est aperçu, par la diminution du débit, de làformation des tubercules, qu’on craignait de voir ob-struer bientôt entièrement les tuyaux.
D’après cette opinion de M. Mary, que ses fonctionsont mis à même de vérifier souvent le fait, le développe-ment d’électricité serait dû à l’oxydation plus active encertains endroits des tuyaux qu’en d’autres. On sait,en effet, que l’oxyde au contact du métal forme un.couple galvanique. C'est une explication que nous pro-posons sous toutes réserves.
Divers moyens ont été indiqués pour remédier à cetinconvénient, qui peut avoir, et qui a eu, en effet, desconséquences très importantes pour la distribution del’eau dans les villes.
Les uns sont curatifs. M. Mary pense qu’en faisantrouler une boule de fer garnie d’aspérités dans lestuyaux, partie par partie, en donnant alors à l’eau uuevitesse d’écoulement plus grande que celle ordinaire, on
(i) On appelle stalactites (du grec staladro, tombergoutte à goutte) les dépôts qui se forment à la partie supé-rieure des cavités, et stalagmites ceux produits par lesgouttes qui tondent sur le sol.
(4) Nous ne parlons pas des eaux minérales.