Band 
G-Z.
JPEG-Download
 

INCRUSTATIONS.

INCRUSTATIONS.

Un troisième procédé qui paraît avoir été employéen Angleterre avec quelque succès, est celui d’AntonyScott, qui consiste à placer dans l’eau du générateuruu vase de bois ou d’étain suspendu, plus étroit à l’en-trée qu’au fond. Une bonne partie des dépôts qui seforment dans la chaudière sont renvoyés, par l’ébulli-tion, dans le vase, d’où on les enlève, soit en ouvrautla chaudière pour la nettoyer, soit au moyen du tubeplongeur déjà décrit, que l’on fait descendre dans lefond de ce vase, pour en chasser le dépôt par la pres-sion de la vapeur. Ce procédé ne nous semble qu'uneapplication, pour les chaudières à vapeur, de ce qu’onfait depuis longtemps pour éviter les dépôts boueuxdans les chaudières, où on concentre les eaux delavage des plâtras dans la fabrication du salpêtre.

Four empêcher les incrustations, on frotte quelque-fois aussi l’intérieur des tubes bouilleurs et de la chau-dière avec une mixtion de graisse et de mine de plomb.Ce moyen, qui a pour but d’interposer entre les paroisde la chaudière et le dépôt qui se forme une matièresur laquelle il ne puisse adhérer fortement, et qui est en-core une lubréfaction do surfaces, ne réussit point par-tout, et assez incomplètement d’ailleurs. Les différencesdans les résultats obtenus proviennent, probablement,des doses différentes de plombagine, et des corps grasemployés, et aussi de la manière dont la mixtion estappliquée sur les parois. La friction ne peut s’exécuterqu’avec une grande difficulté dans les tubes bouilleurs,et nécessite un chômage de deux jours, quand on n’apas de chaudière de rechange ; car il faut laisser refroi-dir convenablement, pour qu’un ouvrier puisse alleropérer ce travail.

On dit aussi que les matières gélatineuses prévien-nent assez bien les incrustations, et qu’on obtienten Angleterre des résultats satisfaisants. Ces matièresdoivent nécessairement agir comme les substancesamylacées, toujours en lubréfiant les surfaces de con-tact.

Cette mauière d’agir doit être aussi attribuée, à monavis, à la couche d’huile ou de suif d’un centimètred’épaisseur, qu’on a conseillé, assez récemment, deplacer au-dessus de l’eau dans la chaudière ; seulement,je ne sais pas si ce dernier moyen a produit de bons ré-sultats ; pour admettre son efficacité, il faut admettreaussi que les parties salines précipitées par le fait del’ébullition viennent se baigner et se lubréfier dans lacouche d’huile, ce qui n’est pas d’ailleurs impossible.

En 4$24, M. Pelouze père conseilla de placer dansles chaudières de l’argile bien délayée. Ce moyenavait été peu connu jusqu’en 483b, lorsque M. Chaix,de l’île Maurice, vint le signaler de nouveau avec uneplus grande publicité. Plusieurs expériences de ce pro-cédé ont été faites sous les auspices de la Sociétéd’Encouragement, à laquelle M. Payen a fait un rap-port favorable pour les résultats obtenus. On l'a aussiessayé sur les paquebots à vapeur, pour empêcher l’in-crustation des dépôts de sel marin, et on s’en est bientrouvé. La quantité d’argile employée doit être deI k il. environ, par force de cheval, avec l’eau de lamei. Elle ne conserve pas sa puissance pendant plusde 45 jours de service actif, d après M. Grouvelle; ilfaut donc la renouveler fréquemment. De plus, l’argiledélayée ue doit être jetée dansJa chaudière qu’au mo-ment où l’ébullition va commencer; car, sans cetteprécaution, elle s’attacherait au fond, et formerait unecroûte pouvant quelquefois faire brûler la chaudière.Enfin, une partie de cette argile entraînée par la va-peur l’encrasse, fatigue et use les tiroirs et les pistonsdes machines, en se déposant aussi en quantité notabledans le tuyau conducteur de vapeur. L’argile agitcomme matière préservatrice de la même manière queles matières inertes dont nous allons parler; c’est, àproprement parler, un moyen mécanique.

On a conseillé le verre pilé pour empêcher l’adhé-rence des dépôts, mais cette substance, en atteignantle but désiré, a le grave inconvénient d’être entraînéejusque dans les boites, et les cylindres qu’elle usecomme si on y jetait de l’émeri. •

Depuis assez longtemps, en Angleterre, on placedans les chaudières des rognures angulaires de tôle, dezinc, ou de fer-blanc, et on s’en trouve assez bien. Ona été jusqu’à employer des morceaux île verre, maiscomme ou peut avoir besoin de faire descendre desouvriers dans la chaudière, ou les bouilleurs, cemoyen doit être complètement prohibé ; les rognuresmétulliques présentent un peu aussi cet inconvé-nient. Du reste, à mon avis, les moyens mécaniques,dont il est question, ne doivent être employés que quandles moyens chimiques présentent des inconvénients dontj’aurai occasion de parler tout à l’heure. En effet, lesmoyens mécaniques sont impuissants pour empêcher lesincrustations, qui se forment partout ailleurs que dansla chaudière, par exemple, dans les tuyaux d’alimen-tation, incrustations qui ont aussi leurs dangers.

11 y a huit ans, à peu près, que MM. Néron et Kurtzvinrent annoncer un autre procédé de leur invention’.C’est une simple remarque raisonnée qui les conduisità cette découverte ; et c’est encore une preuve de plusde cette vérité, que, daus les sciences d’application,on doit attacher de l’importance à la plus simple obser-vation.

Ces messieurs avaient alors, je crois, une fabriqued’impressions et de teinture. L'usine était placée surune petite îivière, qui recevait les eaux de déchargeet où on puisait l’eau d'alimentatiou pour les chau-dières à vapeur.

Cette eau était nécessairement colorée par des décoc-tions de bois de teinture, et ces messieurs remarquè-rent, non sans étonnement, que leurs chaudières étaienttotalement exemptes d’incrustations, taudis que cellesdes usines, bordant ce même cours d’eau, et surtout desusines en amont, présentaient des incrustations. Uspensèrent alors que cet effet remarquable était dû à lamatière colorante, et, pour s’eu assurer, ils firent uneexpérience qui vint justifier pleinement leur opinion.C’est alors qu’ils prirent un brevet pour tirer parti doleur découverte, et engagèrent les propriétaires dechaudières à vapeur à souscrire pour l’usage de leurprocédé.

Les moyens que MM. Néron et Kurtz indiquaient,dans le premier mémoire qu’ils adressèrent à leur»souscripteurs, étaient au nombre de deux, l’un chi-mique, l’autre mécanique (Je cite leurs expressions).

« Le moyen chimique consiste à introduire dans lu.chaudière une décoction de bois de Campêche ou uotan, en la plaçant dans un baquet où viendrait puiser lapompe alimentaire. Cette décoction doit avoir de 40 a20 degrés de concentration, et être introduite dans laproportion de 4 litre au moins sur 4000 litres d’eau auplus.

« Le moyen mécanique consiste à garnir le fond dela chaudière de morceaux de verre de bouteille; cesmorceaux, devant produire sur les parois de la chau-dière un écurage continuel, rendent toute adhérenceimpossible. »

Ce dernier moyen, les inventeurs le recommandaient,surtout pour les chaudières alimentées par l’eau demer, en préférant d’ailleurs aux morceaùx de verre desbilles produisant le même effet que le plomb de chaisedans le rinçage des bouteilles.

Depuis, et probablement pour rendre leur procédéencore plus simple et d’une application plus facile,ils conseillèrent le bois de Campêche en nature, et enfirent usage en le plaçant dans la chaudière, soit enpoudre, soit en copeaux et en effilures; 4 kilogrammede bois par force de cheval devant suffire pendant six