INDIGO.
de l’oxygène, se trouble, et laisse déposer une nouvellequantité d’indigo. On jette l’indigo sur un filtre detoile serrée ; on le lave, et on le fait sécher. On ajoutesouvent un peu d’eau de chaux à la liqueur chargéed’indigo, dans le double but d’accélérer sa précipi-tation et de rendre sa filtration plus facile.
Le pastel (isatis tinctoria), traité de la même ma-nière, fournit également de l’indigo, mais en quantitébeaucoup moindre.
L’indigo se trouve, dans le commerce, sous la formede morceaux de grosseur très variable, quelquefoisirréguliers, d’autres fois cubiques ou plats, dont lanuance varie du bleu-violet au bleu-noirâtre. Ces frag-ments sont légers, faciles à rompre; ils n’ont point desaveur, mais ils happent plus ou moins à la langue, enraison de leur sécheresse et de leur porosité; ils ontur.e légère odeur, qui devient plus sensible lorsqu’onles chauffe; enfin, leur cassure, de terne qu’elle estordinairement, devient brillante et d’un rouge-cuivré,lorsqu’on la frotte avec l’ongle ou avec tout autre corpsdur. Plus l’indigo est léger, et plus la couleur cuivréeou’il prend par le frottement est brillante et prononcée,meilleure est sa qualité.
L’indigo, soumis à une forte chaleur, répand desvapeurs pourpres qui se condensent aisémeDt en petitesaiguilles brillantes, d’un aspect métallique et de cou-leur cuivrée : ce produit est la matière colorante pureou indigotine , dont la proportion est différente dans lesdiverses espèces d’indigo, et qui ne forme que les0,45 de l'indigo flor de Guatimala, regardé comme leplus riche de tous.
L’indigo est insoluble dans l’eau et dans l’éther ; unpeu soluble dans l’alcool bouillant. Le chlore le dé-colore , mais il se dissout sans altération dans 8 à40 parties d’acide sulfurique concentré, ou 2 à 5 partiesd’acide sulfurique fumant. Cette dissolution esc d’unbleu-noir extrêmement intense ; étendue d’eau elle estd’un beau bleu, et constitue le bleu de Sawe employé àla teinture des laines. On y sature ordinairement laplus grande partie de l’acide sulfurique en y ajoutantde la craie.
L’acide nitrique détruit rapidement l’indigp et le con-vertit en une série de produits remarquables, parmi les-quels nous citerons les acides indigotique et carbazoti -que.
Tous les corps doués d’une grande affinité pour l’oxy-gène, qui sont mis en contact à la fois avec de l’indigoot un alcali et de la chaux, s’oxydent aux dépens del’indigo même et le changent en indigo blanc , réduit oudesoxygéné, insoluble dans l’eau, mais soluble dans lesdissolutions alcalines ; c’est à ces dissolutions alcalinesd’indigo qu’on donne lo nom de cuve d’indigo dans lesateliers de teinture (voyez ce mot). Les corps qui sontle plus souvent employés pour produire, sous l’influencede l’eau, la désoxydation de l’indigo, sont le proto-sul-fate de fer et la chaux, l'orpiment et la potasse, la po-tasse etle protoxyde d’étain. La couleur du bleu de cuveest beaucoup plus solide que celle du bleu de Saxe.
L'indigo blanc a une affinité pour l’oxygène, qui esttelle, qu’on n’a pu jusqu’ici l’obtenir pur qu’à l’état so-lide, à cause de la difficulté d’opérer lors du contact del’air, pour peu que la dissolution alcaline qui le ren-ferme rencontre d’air ou d’oxygène, elle bleuit et laisseprécipiter de l’indigo.
Le procédé le plus exact pour reconnaître la valeurd’un indigo du commerce, consiste à en faire dissoudreun poids donné dans 9 parties d’acide sulfurique con-centré, à l’étendre d’eau, et à déterminer par expé-rience la quantité d’une dissolution titrée de chloruredécolorant qu’il faut y ajouter pour obtenir une décolo- !ration complète ; cette quantité sera proportionnelle à Icelle de la matière colorante contenue dans l’indigo es- jsayé.
INDUSTRIE FRANÇAISE.
On se sert aussi quelquefois du colorimitre deM. La-billardière, dont l’emploi est basé sur ce que la quantitéd’eau nécessaire pour amener au même degré deux dis-solutions colorées, est proportionnelle à cellè de la ma-tière colorante qu’elles renferment.
INDUSTRIE FRANÇAISE. Nous empruntons al’intéressant ouvrage de M. Schnitzler (de la Créationde larichesse t etc.), le tableau de la valeur des produitscréés par l’industrie française. Les éléments extraitsdes meilleurs documents et discutés avec tout le soinpossible, permettent de le présenter comme offrant uneapproximation assez voisine de la réalité. '
prise).
Industrie du fer, y compris l'extraction
et la préparation des minerais ainsi fr.
que la valeur des combustibles. . 194,000,000
Elaboration du cuivre, zinc et plomb. 2,000,000
Exploitation des combustibles miné-raux et de la tourbe. 49,000,000
Exploitation des métaux autres que lefer, des bitumes minéraux et des
sels. 43,500,000
Exploitation des carrières. . . . 40,000,000
Verreries, cristalleries, fabriques de
glaces. 47,500,000
Fabrication de la porcelaine, de la
faïence et de la poterie en général. 27,500,000
Tuilerie, briqueterie, fabrication de la
chaux et du plâtre. 66,500,000
Fabrication de produits chimiques. . 22,000,000
Industrie du chanvre et du lin. . . 360,000,000
Industrie du coton. 500,000,000
Industrie de la laine. 500,000,000
Industrie de la soie. 230,000,000
Industrie du cuir et des peaux. . 300,000,000
Industrie du sucre. 45,000,000
Papeterie, impression sur papier. 25,000,000
Librairie, Imprimerie . 25,000,000
Construction de machines. . . 45,000,000
Horlogerie. 30,000,000
Fabrication des bronzes. 25,000,000
Fabrication du plaqué. 6,000,000
Orfèvrerie et bijouterie. 50,000,000
Distilleries, brasseries. 206,000,000
Industries diverses. . . * . . . 435,000,000
Arts et métiers. 250,000,000
Total. 3,464,000,000
INULINE. Fécule que l’on retire des racines de
l’mu/a helenium, du dahlia, du topinambour, et de plu-sieurs autres plantes de la famille des radiées. Onrâpe ces racines, on les lave, on les exprime, on les faitbouillir avec de l’eau, et ou filtre la dissolution bouillante à travers un linge. Si elle est trouble, on la cla-rifie avec du blanc d’œuf ; on l’évapore ensuite jusqu’àpellicule et on la laisse refroidir. L’inuline s r en déposesous forme pulvérulente ; on la recueille sur un filtre,on la lave bien et on la sèche.
L’inuline ainsi obtenue èst amorphe, blanche, pulvé-rulente, très fine, sans saveur, inodore, d’une densité= 4,3, ayant la même composition et à très peu prèsles mêmes propriétés que l’amidon. Elle s’en distinguesurtout en ce que l’iode, au lieu de la colorer en bleu,la jaunit et la rend insoluble dans l’eau froide.INVENTION.
I. De l’importance de Vinvention dans l'industrie.
Un des plus grands défauts de notre système indus-triel, celui auquel il serait le plus utile de trouver un| remède par des institutions convenables, et celui dontI la démonstration serait la plus inutile aux personnes! qui ont quelque peu vécu dans l’industrie, c’est que le; succès et la fortune ne sont pas toujours, à beaucoup