LAINES.
LAINES.
la seconde reçoit quatre rubans composés de quatrechacun, de sorte que le ruban unique qui en sort, setrouve composé de 4 -f- 4 zr: 4 6 et ainsi de suite, jus-qu’à la dernière; on double des quantités considérablesde fois comme pour le coton ; il n’est pas rare d’arriverà produire définitivement un fil d’une ténuité, telle que4 kil. de matière produit une longueur de 100,000 m.,qui est composé lui-même d’un million de rubans pri-mitifs formés, à leur tour, par la réunion d’une quan-tité innombrable de filaments de chaque.
Tortillonnage. —Quand la laine est arrivée à cettepériode de son travail, on lui fait subir une opérationtrès simple et peu importante en apparence, et qui acependant la plus grande influence sur la perfection deson til. Cette opération consiste à faire des espècesd’écheveaux de rubans et à soumettre toute leur masseà un allongement, ou plutôt à un redressement forcé;on y parvient par plusieurs moyens ; voici le plus gé-néralement usité.
On attache à un crochet le ruban en question par unede ses extrémités, l’autre est tenue à la main ou atta-chée à un crochet semblable, fixé sur une pièce de boisqui a la faculté d’être arrêtée ou de glisser dans unerainure.
Le ruban ainsi fixé, on met la machine en mouve-ment au moyen d’une courroie, que l’on fait passersur une poulie qui commande la roue et le pignon por-tant le ctochet.
Ce crochet tourne alors avec une très grande rapi-dité et tord la masse de ruban en la redressant.
On détacne ensuite l’extrémité opposée, après avoirfait avancer le ruban de la moitié de sa course, et onreplie l’écheveau sur lui-même pendant que le crochettourne toujours, et en forme une espèce de bâtonsolide, contourné et extrêmement dur; on exposeensuite, pendant quelques jours, la laine à une va-peur humide; puis on la reprend, on ouvre les tor-tillons et on la lait passer une seconde fois pur la sériedes opérations qu’on lui a fait subir avant qu’ellene soit à cet état. Si on examine la laine avant etaprès cette opération, il ne sera pas difficile de recon-naître une différence notable dans l’allongement des fi-laments, qui est tel après ce redressement énergiqueopéré par la machine, maintenu et augmenté par lapénétration de la vapeur, qu’il serait difficile de recon-naître les mêmes filaments que l’on avait observés avantce traitement.
Cette application a fait faire un très grand pas àl’industrie de la laine peignée dont le fil présente main-tenant tous les caractères des fils lisses, en conservantles propriétés physiques de la laine.
On voit que ce moyen du tortillonnage employé pourdévelopper et étendre complètement les filaments de lalaine est basé sur leur force élastique, qui tend à les re-dresser avec une force proportionnelle à celle employéeà les tordre lorsque cette force cesse d’agir, l’élévationde la température de la masse produite par la vapeurvient aider encore ce redressement.
Ce tortillonnage de la laine peignée a de l’analogieavec la torsion que l’on fait subir au crin qui doit for-mer la garniture des meubles. Dans les deux cas, on netord la matière que momentanément pour lui fournirplus de ressort au redressement, que la force élastiqueopère lorsque la force de la torsion cesse d’agir.
On emploie dans le même but en Angleterre, une ma-chine combinée avec les cylindres étireurs ; la fig. 4 321représente une de ces machines, a, la roue à frottement ;b, le rouleau à tirer de devant, placé dans le cadre à tirerde la manière ordinaire ; a, la plus grande roue formant lerouleau inférieur de la paire des rouleaux à tirer de de-vant ; c et d, sont la paire des rouleaux à tirer de der-rière qui sont mus parun engrenage uni aux rouleaux dedevant, comme dans la construction ordinaire des ma
chines à tirer, les rouleaux de devant étant mus avecune vitesse beaucoup plus grande que les rouleau* dederrière, et par conséquent, tirant ou étendant les fi-
bres de la laine, à mesure qu’elles passent entre ; e , estun rouleau conducteur, portant sur la circonférence dela grande roue ; f, est un rouleau de tension qui presseles fibres sur la roue a.
Maintenant, supposons que les rouleaux de derrièretournent avec une vitesse donnée, et que le rouleau dedevant b tourne beaucoup plus vite, le résultat seraque les fibres passant par la machine seront considé-rablement étendues entre h et d, ce qui arrive précisé-ment dans la machine à tirer ordinaire, mais la roue
a, introduite dans la machine au lieu du rouleau à tirerinférieur et de devant, tournant beaucoup plus vite que
b, la laine étendue sur la partie supérieure de sa cir-conférence, de b au rouleau de tension f, sera soumiseà un frottement considérable, et par suite, les bouclesnaturelles de la laine disparaîtront, en même temps quesa feutrabilité sera détruite, et elle pourra descendre enun ruban uni sur le fuseau ou volant à, où elle esttordue ou filée.
Afin d’augmenter ou de diminuer l’étendue des fibresde laine sur la circonférence de la roue a, un rouleaurégulateur est adapté à la machine, comme on le voitau point g. Au lieu du rouleau de tension f, ce rouleaurégulateur g est monté par des pivots dans des sup-ports, sur un arc circulaire h , indiqué par des points.Cet arc circulaire tourne sur l’arbre de la roue o, etest haussé ou baissé à l’aide d’une manivelle, que lafig. 4324 ne représente pas, parce qu’elle est placée ducôté opposé à celui où la figure est vue.
On voit qu'en élevant les bras circulaires, le rouleaug sera porté en arrière, et les fibres de la laine presséessur la circonférence de la roue dans une plus grandeétendue.
Au contraire, l’abaissement des mêmes bras attireraen avant le rouleau g , et alors la laine occupera uneportion moindre de la circonférence de la roue, et sera,par conséquent, soumise à un frottement moindre.
Quand on veut employer la vapeur pour chauffer lalaine, la roue a est construite eiwforme de tambourcreux, et l’on introduit au moyen de l’axe creux lavapeur d’une chaudière dans ce tambour qui, ainsichauffé, communique la chaleur à la laine et en détruitainsi les boucles et l’élasticité.
Depuis quelque temps, on cherche en France à sup-primer l’opération du tortillonnage, afin d’abréger letravail et de n’avoir pas à laisser la laine aussi longtempsen repos, et d’économiser, par conséquent, la perte detemps; on espère y arriver par le chauffage du rubanlors du défeutrage, en le faisant passer sur des tuyauxchauffés à la vapeur et disposés dans la machine ; lapratique n’a pu encore assez expérimenter pour être