LAINES.
LAINES.
comprend que la matière grasse qui n’a été introduiteque pour neutraliser l'effet des aspérités, et pour facili-ter le glissement des fibres au filage, et à ses prépara-tions doit disparaître tantôt avant et tantôt après letissage, suivant que la laine est déjà teinte, ou qu'ondoit la teindre en fil ou en pièce; l’opération de la tein-ture ou des apprêts serait impossible sans cela.
On avait cherché pendant longtemps à s'affranchir decette opération très coûteuse du graissage, non seule-ment à cause de la dépense, l’huile étant entièrementperdue, mais aussi à cause des difficultés et de la pertede temps que présentait l’opération du dégraissage ; leshuiles végétales étant insolubles dans les alcalis, nes’enlèvent que par une opération mécanique, lon-gue , coûteuse et pouvant détériorer le tissu. Ceshuiles végétales ont de plus l'inconvénient de fer-menter facilement, surtout en présence de la laine con-densée et humide, comme cela u’a lieu que trop souventdans les usines, d’où ont malheureusement fréquem-ment résulté des incendies dus à une combustion spon-tanée.
C’est pour remédier à tous ces in-convénients, que M. Péligot et nous,avons cherché à propager la substitution de l’acide oléique convenablementépuré, à tous les anciens modes degraissage; son onctuosité le rend trèspropre à cet usage. Son caractère acidemet la laine àl’abri delà fermentation,si dangereuse, et îe rend soluble dansles alcalis ; on obtient alors au dégrais-sage un savon liquide qui peut être uti-lisé ultérieurement au foulage.
Nous ne mentionnons succinctementce procédé, que pour n'oublier aucunprogrès de la spécialité dont nous nousoccupons; ce nouvel emploi étant au-jourd’hui universellement répandu dansl’industrie des laines, quoique le pro-grès ait été lent, comme pour la pro-pagation de toutes les nouvelles appli-cations. Il n’est cependant pas unelocalité industrielle taut en France ,qu’en grande partie à l’étranger, où lesmaisons les plus importantes n’en fas-sent usage.
Lorsque la laine à filer a été grais-sée par couches, et aussi régulièrementque possible, on lui fait ordinairementsubir un second louvetage pour conti-nuer l’effet produit par le premier ; onla porte ensuite aux cardes.
Cardage. — Il a le même but pour lalaine que pour le coton ,• nous renver-rons donc à la définition donnée danscet article. Les machines à carder lalaine diffèrent cependant de celles pourle coton, par la substitution de cy-lindres aux chapeaux décrits dans la carde à coton.
La disposition (fig. 4334) représente la partie modifiéede la carde ; on voit à la place des chapeaux mentionnés,les cylindres a et b, répétés un plus ou moins grandnombre de fois ; ordinairement ces cylindres sont aunombre de cinq, disposés sur la demi-circonférence su-périeure du gros cylindre ou tambour.
Leurs fonctions sont les suivantes :
Le cylindre a, a un mouvement et les dents disposéesen sens inverse du mouvement et des dents du grostambour, de manière à lui enlever la laine qui lui a étéfournie par les cylindres délivreurs c,c, auxquels latoile sans fin l’a amené.
Le cylindre 6, plus petit que a, et marchant plusvite a un mouvement, et la direction de ses dents, par
rapport à celle du cylindre a, et de celle du gros tam-bour, de façon à dépouiller le premier de sa laine pourla restituer au second, et la faire reprendre ensuite dela même manière par les cylindres suivants jusqu’audernier.
Les cylindres a, sont nommés travailleurs, et lescylindres b, nettoyeurs ou débourreurs à cause de leursfonctions ; on voit, en effet, qu ici il n’y a plus de cha-peaux à débourrer.
A la suite du cylindre que nous venons de décrireest disposé, à une distance un peu plus éloignée, uncylindre k, d'un diamètre plus grand, garni de dents decardes presque droites et se mouvant avec une plu$grande vitesse. Ce cylindre, auquel on a donné le nomde volant i à cause de sa vitesse, a pour fonctiond'amener la laine cardée des racines aux pointes desdents, à mesure que le gros tambour, dans sa révolu-tion, en présente, de manière à faciliter son dépouille-ment qui est opéré par le peigneur cylindrique e, d’oùelle passe dans un petit tube ou sifflet conique, qui re-çoit un mouvement de rotation pour donner un léger tors
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à la laine, avant de la faire enrouler sur des cylindres o,o,après son passage entre deux cylindres lamineurs quil’égalisent.
La fig. 4325 représente une légère modificationdans la manière de détacher le fil; un petit cylindre h ,détache la laine du gros peigneur f, et la fait passerdans le sifflet et entre les petits cylindres lamineurs tn,n,d’où elle passe sur le cylindre f, en passant par Je cy-lindre z. La fig. 4326 est un plan de cette disposi-tion ou les mêmes parties sont désignées par les mêmeslettres.
Si on observe un instant ce qui se passe dans le car-dage de la laine, on s’assurera facilement que le travaila été combiné de manière à faire arriver les filamentsdans le plus de directions opposées possible, afin de les