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LAINES.

LAINES.

entraînait au-dessus du plan incliné. Pour éviter la né-cessité de cette traction, on applique une corde autourd’une cannelure au milieu du rouleau supérieur, et,après l’avoir passé sur les poulies convenables, commeil est représenté dans la figure ; on suspend un poids àl’un de ses bouts, et uu autre plus petit à l’autre ; leplus petit poids ne sert qu’à tendre la corde, mais leplus gros tend à faire tourner les rouleaux avec leurtablier sans fin, de manière à transporter les cardéessans leur imposer aucune contrainte. Chaque fois que lechariot arrive à son point de départ, le gros poids semonte au moyen d’un morceau de bois qui sort du cha-riot, et qui frappe un noeud de la corde à l’endroit oùelle est horizontale ; ce morceau de bois pousse la cordeà une certaine distance, de manière à faire monter legros poids ; mais le tablier sans fin ne peut revenir enarrière, parce qu’il est retenu par un cliquet, à l’extré-mité de l’un de ses cylindres, et la corde glisse ainsiautour du cylindre. Lorsque le chariot se retire, le plusgros poids fait tourner le cylindre, et avancer le tabliersans fin, de manière à livrer les cardées à mesure quele chariot, en sortant, les étire ; mais lorsqu’une quan-tité suffisante est livrée, le nœud de la corde arrive àun arrêt qui l’empêche d’avancer plus loin ; et au mêmeinstant la roue 5 quitte le levier 6, et laisse tomberla barre supérieure G, qui pince fortement la cardée.La roue E, étant alors mise en mouvement, fuit tour-ner les broches ; et le chariot, étant sorti, étend lesmèches, qui sont en même temps soumises au tordage.En envidant les mèches, l’ouvrier doit avoir soin depousser le chariot en avant, et de tourner la roue demanière que les broches n’envident pas plus vite que lechariot ne roule sur les rainure», autrement les mèchesen souffriraient.

L'enfant qui sert cette machine apporte les rubansde la carde et les dépose sur le tablier incliné entreC et B; il doit avoir soin de joindre les nouveaux ru-bans à la suite des derniers.

Ce mode de travailler est encore usité dans les éta-blissements qui existent d’ancienne date, mais danstoutes les filatures nouvelles qu’on a montées depuis laloi sur le travail des eufants, on a substitué aux cardesdont nous avons parlé plus haut le système des cardes fi-leusea dit américain , qui n’en diffère que par la transfor-mation de la laine en fil en gros qne la dernière cardeopère d’une manière analogue à la formation du rubanaux cardes à coton.

11 existe plusieurs modifications de ce mécanismepour la transformation en fil en gros. Celle que nousvenous d’indiquer à la suite de la carde à laine est unedes plus simples et des plus généralement adoptées. Oncomprendra facilement les autres par la description decelle-ci; à la dernière carde, les fils, an lieu de s’en-rouler autour de cylinire<, s’envideut sur des bobines,afin d’être mieux disposés pour le filage en fin.

La laine, arrivée à cet état, est enfin filée au métierMvll-Jenny, décrit pour le coton, sauf les modificationssuivantes :

L’étirage, au lieu de se faire uniquement par la diffé-rence de vitesse des cylindres délivreurs, ou par cescylindres, et la course du chariot, se fait, dans lalaine cardée, par la course du chariot seulement ; lemétier, au lieu de deux paires de cylindres, n’en pos-sède qu’une paire destinée à guider, à la sortie des bo-bines, le fil en gros qui se trouve attaché aux brocheset étiré par l’avancement du chariot. Les autres tempsdu filage, c’est-à-dire la torsion et le renvidage, se fontexactement d’après les mêmes principes que ceux décritspour le Mull-Jenny ordinaire. Ce métier, d’après nous,pourrait parfaitement être approprié au filage eu fin «lela laine cardée, quoique nous n’ignorions pas les motifsque l’on fait valoir contre son emploi. Ils consistent àdire, avec raison, que, pour la laine cardée,le fil doit Otto

moins laminé, afin de pouvoir s’effilocher plus facile-ment lors du foulage ; mais comme ce laminage qu’onredoute tient plus aux nombreuses préparations qu’onfait subir au coton et à la laine peignée, et qu’onévite pour la laine cardée, l’inconvénient dont on parlene serait certainement pas à craindre, et on serait bien-tôt convaincu que si ou emploie le métier que nousnous permettons de critiquer , c’est uniquement parceque l’on a l’habitude de l’employer depuis l’origine del’introduction des machines dans cette spécialité.

Après le filage, la laine est dévidée pour être trans-formée, soit en écheveaus destinés à la chaîne, soit enbobines ou canettes propres à être disposées dans la na-vette pourlatrame. Le dévidoir employé est le même quecelui pour la laine peignée, mais le numérotage outitrage du fil cardé n’est pas le même ; il va paraîtrebien barbare, si on le compare au système décimalqu’il serait si convenable d’établir enfin.

L’unité de longueur adoptée est de 3,000 aunesou 3,600 mètres; l’unité de poids la livre ou 1/2 ki-logramme.

Les 3,600 mètTes portent le nom d’une livre de lon-gueur ; cette livre se partage en quatre parties ou quatrequarts, qui se divisent chacun en dix sons.

Ainsi une laine cardée, filée à quatre quarts, a 3.600 mde longueur par 1/2 kilogramme; celle de six quartsaura 900 X 6 — 5,400"* par 1/2 kilogramme; cellede 6 quarts 5 sons aura 5,850 m ; celle de 21 quarts18,900™.

La laine pour trame, au lieu d’être disposée en éche-veaux, est dévidée en canettes sur des petits cylindresou fûts de dimensions convenables pour entrer dans lachasse ou creux de la navette.

On remet au tisserand la quantité de laine pourchaîne et trame, convenablement assortie suivant l’es-pèce de drap que l’on veut produire ; c’est lui quiest chargé d’ourdir et d’encoller la chaîne selon lesindications qu’il a reçues.

Nous renvoyons, pour la description de l’ourdissageet de l’encollage, au tissage, dont ils sont les prépa-rations.

Foulage. Le but du foulage est d'augmenter la soli-dité, de diminuer la conductibilité en ménageant l’é-lasticité des tissus dans tous les sens, et de donner, pnrconséquent, au drap les caractères particuliers qui lodistinguent.

Ces propriétés précieuses s’obtiennent par une com-pression des fibres, par une liaison plus intime des filset des filaments de leurs surfaces, par un plus grandrapprochement entre ces fils que celui que le tissage apu opérer de mauière à rendre le tissu à peu près imper-méable à l’air. Cette condensation des fils composantle tissu ne peut nécessairement s’opérer que par unediminution de sa surface, diminution qui sera plus oumoins sensible suivant le degré de foulage, et, parconséquent, de force que l’on voudra donner au drap.

Le fabricant a le soin de disposer la longueur et lalargeur de la chaîne en conséquence.

Pour les draps d’une finesse moyenne, les chaînessont ordinairement ourdies de manière à ce que l’étoffe,avant le foulage, ait uue longueur de 1/3 et une largeurde moiiié environ plus grande que celle que le drap doitavoir après sa confection.

11 devra donc rentrer de 1/3 sur la longueur et demoitié sur la largeur.

Il est évident que, pour les tissus légers, ces quan-tités seront moindres, et qu’elles augmenteront encorepour les draps corsés, comme les castors , les cuir-lainescroisés .

Le moment d'opérer le foulage varie avec les loca-lités et les genres d’étoffes fabriquées. Tantôt, comme »Sédan où l’on fabrique plus spécialement de beauxdraps noirs, l’on foule immédiatement après le tissage